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Eclats de rêves autrichiens

6 juillet 2002

La prestation autrichienne a brillé par l’élégance et la grande richesse de couleur qu’elle a su déployer tout au long de ses Eclats de rêves, thème du feu.

Un feu emporté par un programme musical typique à cette firme et appuyé par une grande majorité de produits Günter Vogler, en particulier des bombes sphériques de 250 à 300 mm avec variation de teintes, faites à la main. Vogler a aussi fait appel, comme c’est son habitude, à une profusion de gâteaux chinois (envolée de pièces en saccades), de chandelles romaines Panzera, de fusées crépitantes, de serpentins et d’étonnantes bombes nautiques multicolores.

Pour ce quatrième feu de la saison 2002, les amateurs ont pu apprécier, par cette autre belle soirée, un départ au poil avec des volcans de faisceaux rouges. Malheureusement, La Ronde a sauté le décompte habituel qui a pourtant l’avantage de préparer les amateurs à entrer dans le jeu. Une lacune qui mériterait grandement d’être comblée.

Des Eclats de rêves qui se sont malheureusement dispersés durant les 30 minutes du feu..

On se demandait bien où le concepteur Günter Vogler s’en allait. Il était vraiment difficile à suivre dans l’enchaînement de son programme. Un programme où le répertoire classique servi à la moderne semblait aller dans toutes les directions, avec des transitions boiteuses. Plusieurs trous noirs, des temps morts – entre autres la fin abrupte sur la sixième séquence ( Have you lever ) - et bon nombre de ratés de synchronisation ont sérieusement nui à cette prestation qui s’annonçait pourtant fort prometteuse, compte tenu des deux précédentes de la firme ( 1997 et 1998.)

Un spectacle qui, sans nul doute, aurait gagné à une meilleure variation des pièces et un choix plus approprié sur certains airs comme la musique classique de Strauss, une combinaison de quatre mélodies, arrangée par le compositeur autrichien contemporain Kolonovits.

Fait à noter, le beau passage romantique sur la Symphonie no 5 de Tchaikovski, assorti de fontaines sur la rive du lac des Dauphins, de chandelles et de gâteaux rutilants.

On aurait espéré à tout le moins beaucoup plus de nuances entre certains tableaux et surtout des enchaînements mieux adaptés, accompagnés d’une meilleure variété de pièces, plutôt que toujours les mêmes chandelles, bombes et fusées percutantes. Il n’empêche que leurs étonnantes bombes remplissaient à profusion le ciel. Intéressante incursion aussi de ces bombes nautiques qui survolaient, enveloppait presque le lac des Dauphins vers la toute fin du feu, surprenant les amateurs admiratifs, toujours en quête de sensations nouvelles.

Des bombes qui se déployaient en bouquets finals à chacune des séquences, entrecoupés de temps morts. Si bien que les spectateurs ont eu droit à un imposant bouquet final avant l’apothéose ultime. Une apothéose qui sombrait un peu dans un méli-mélo ressemblant étrangement aux bouquets précédents.

Les Autrichiens de la petite firme revenaient pour une troisième fois à Montréal après avoir décroché le Jupiter de bronze en 1997 pour leur spectacle Charme viennois, co-produit avec le groupe français les Artisans du spectacle.

Cette fois-ci, à 63 ans Günter Vogler avait décidé de relever seul le challenge d’un feu, conçu du début à la fin et tiré uniquement de façon traditionnelle, préférée de loin à l’ordinateur.Une manière, à son avis, qui procure plus de satisfaction qu’avec un ordinateur ne permettant pas de sentir vraiment la musique et le feu. Comme son habitude, Vogler avait privilégié un incontournable programme de musique classique, avec Tchaikovski, Strauss et Kolonovits (en majorité), mais avec des arrangements modernes virant au Rap. Du grand classique qu’affectionne d’ailleurs tellement Günter Vogler.

Tout un spectacle que ce 155e feu depuis 1985, tiré par Günter Vogler Feuerwerk mais qui aurait gagné à une plus grande harmonie, sinon une meilleure unité.

Quant à la compétition elle-même, on ne peut guère prétendre que jusqu’à maintenant elle ait rayonné par son innovation et son originalité. Il faudra voir ce qu’apporteront les quatre prochains concurrents.

Samedi prochain, les Canadiens de la firme Amplement, récipiendaire du Jupiter d’argent en 1999 avec son Feu de la passion, nous invitent à entrer dans l’Harmonie.