<_x0021_Author: GLamon><_x0021_Typist: Georges>

Un feu jovial avec Disney

29 juin 2002

Le spectacle présenté par la firme belge Hendrickx Lefeber Fireworks ne sera certes pas la révélation de ce 18e concours des feux d’artifice de Montréal. Tout au plus un feu léger, jovial qui sait retenir l’admiration des amateurs. Mais sûrement pas un feu qui innove dans une compétition internationale.

Un feu où la cohésion et la synchronisation musique-pièces semblaient difficilement s’amalgamer. Bref, un feu sans aucune surprise, sans aucune recherche ni du côté musical ni du côté purement pyrotechnique. Dommage! Il reste que l’effort était là. Dans pareille compétition ne faut-il pas plus qu’un effort pour se démarquer des grands de cet art?

On aurait souhaité davantage de variations dans le choix des tableaux et des pièces, même si certaines, comme ces bombes chinoises aux anneaux olympiques, ajoutaient un peu de variété dans le ciel de La Ronde.

Intitulé Deux mondes, une famille, le spectacle belge, comme un hymne à la fantaisie, entraîné par un répertoire de films de Walt Disney en neuf tableaux, se voulait aussi un hommage aux regrettés Eugène Hendrickx et Giovanni Pansera. Comment mieux rendre hommage au maître qu’en déployant ses réputées chandelles romaines ?

Le programme musical lancé sur le cri de Tarzan, avait de quoi amuser petits et grands. Des airs de musique connus et aimés du public mais en version exclusivement anglaise. Depuis longtemps le concepteur Marc Lefeber rêvait de faire un spectacle sur des musiques de Disney. A son avis, jusqu’ici les concepteurs optaient pour un répertoire musical classique voire des compositeurs comme Jarre, Vangelis. La tendance actuelle, croit-il, s’oriente davantage vers la musique moderne voire populaire.

Pour leur première participation à ce concours, comme pour chaque nouveau participant, on aurait espéré à tout le moins que les Belges apportent dans leur spectacle une touche de leur pays, ce quelque chose de distinctif qui les fait découvrir. Tout en donnant le ton à leur prestation! Bien sûr, l’art pyromusical ne s’improvise pas, il oblige continuellement ces chorégraphes à se surpasser, à relever de nouveaux défis. Et Dieu sait si la barre devient de plus en plus haute!

Le feu des artificiers de Hendrickx Lefeber Fireworks, tiré de manière classique, s’est trop souvent cantonné dans des répétitions de pièces : bombes multicolores, chandelles romaines de 75 mm spécialement fabriquées pour ce concours, fusées crépitantes, glycines, et girandoles étincelantes. Il y manquait aussi l’enchaînement entre chacune des séquences musicales. On avait l’impression, une fois de plus, de participer à un défilé de diapositives.

Il aura fallu attendre la cinquième séquence du film Blanche-Neige et les sept nains : Un jour mon prince viendra, interprétée par Hadriana Case loti, pour que les amateurs trouvent une période rafraîchissante de calme et de douceur agrémentée d’une pluie de cheveux d’ange argentés.

La nuance s’est opérée vers la fin. On a assisté à une pré-finale avec faisceaux de jets et fusées crépitantes entraînés par des bombes chinoises de 200 et 300 mm. Puis, le vrai final avec un bouquet assez tonitruant où grosses bombes, fusées et sifflets rivalisaient de bruit au grand ravissement des milliers de spectateurs réunis sur La Ronde pour cette première soirée d’été idéale.. Entre ces deux bouquets on a perçu une dernière fois le cri de Tarzan pour conclure cette soirée.

Une fois de plus l’absence de l’annonceur Michel Lacroix s’est bougrement fait sentir au départ du feu. On regrettait la voix chaude et puissante qui accorde, dès le départ, à cette compétition ses lettres de noblesse. Ce soir on avait confié à l’humoriste François Léveillé le rôle d’annoncer le décompte rituel. Malheureusement, malgré tout son enthousiasme, le décompte partait avant le zéro crucial.

Le spectacle terminé, les artificiers se sont perdus dans la lignée d’invités qui attendaient sagement que les pompiers terminent leur tâche de nettoyage habituelle. En effet, l’emplacement du nouveau salon des artificiers, situé dans la zone de sécurité, refroidissait l’ardeur et l’enthousiasme des admirateurs. Finis ou presque les ovations, les bravos et les haies d’honneur pour la firme compétitrice. Une soirée qui tombait drôlement à plat…

Entreprise bicentenaire versée dans la pyrotechnie et l’armement militaire et implantée à Anvers, Hendrickx Lefeber Fireworks ne fabrique plus de pièces depuis plus d’une vingtaine d’années. Pour produire ses spectacles, notamment à Knokke-Heist (Flandre), elle s’approvisionne un peu partout en Chine et en Europe. Surtout en Italie pour les chandelles romaines de la firme Panzera.

Samedi prochain, les Autrichiens de la firme Günter Vogler Feuerwerk, (bronze 1997) feront briller des Eclats de rêves.