Quand
innovation et créativité piétinent
30 juillet 2001
La 17e saison du Mondial SAQ, ne figurera pas dans les fastes en matière d'innovation et de créativité.
On aurait tellement espéré des firmes qu'elles amènent dans leurs bagages de nouvelles tendances, venues notamment de Taïwan(San Taï Fireworks) et des États-Unis (Pyro Spectaculars by Souza). Hélas ! la surprise n'est pas venue.
En dépit d'une année de bouleversements : nouveau commanditaire, nouvelle
administration et vide artistique créé par le départ de Panzera, les
organisateurs ont néanmoins réussi à présenter une saison de calibre. Mais
certainement pas de grands crus, malgré l'arrivée de
Une constatation s'impose : pourquoi les médias continuent-ils à bouder l'événement ? Si rarement on réussit à assurer une couverture, elle est diffusée des jours après l'événement. Peut-être serait-il rentable pour les réseaux de télévision de redécouvrir autre chose que les reprises de programmes d'été? La diffusion des spectacles des feux en direct. ne pourrait-elle pas être une de ces avenues?
Et les médias écrits ? Le vide total. Ainsi
Evénement estival populaire par excellence, les feux d'artifice c'est le
hockey de l'été pour les vacanciers. Il rejoint tous les milieux : de
baconville à la marina. On envahit
Il reste que les feux s'autofinancent et génèrent aussi des retombées économiques comme bien des événements populaires pour Montréal, tout en ouvrant une fenêtre sur d'autres cultures. Des cultures que le concours nous fait chaque fois mieux connaître et nous met en évidence lors de la remise des Jupiters.
Rappelons que l'Espagne, l'Australie et Taïwan ont obtenu les faveurs du
jury de 25 membres. Dommage qu'il n'ait pas retenu
Pourtant ces trois firmes ne se sont pas lancées dans une orgie de pièces pour démontrer leur puissance : quelque 3 000 pièces bien choisies tout au plus auront suffi pour présenter un spectacle de bon goût. Seuls les Américains de Pyro Spectaculars by Souza, pour leur première participation à ce concours, avaient mis le paquet pour impressionner le public. Plus de 7 700 pièces, le plus important arsenal de la saison et parmi les plus puissants (depuis 1985). Et même en présentant un spectacle bien agencé, mais marqué de ratés et d'un début d'incendie, ils n'ont pu prouver, une fois de plus, que la quantité n'influe pas nécessairement sur la qualité d'un spectacle
Quand donc les firmes concurrentes comprendront-elles qu'il ne suffit pas d'inonder bruyamment le ciel de bombes sur une musique avec un thème banal et général qu'elles ne suivent d'ailleurs jamais ou presque ? L'art du pyromélodique ne consiste-t-il pas à savoir marier juste à propos les deux éléments qui le composent : musique et pièces pyrotechniques?
Ce qu'on retient aussi de cette saison, c'est que le système de mise à feu pyrodigital, même s'il commence à gagner des adeptes en Europe, doit toujours compter avec des irréductibles comme les Espagnols, les Portugais, les Italiens et les Allemands.
Et la musique ? On s'oriente de plus en plus vers la musique techno, très rythmée et cadencée mais qui à la longue agace les tympans. Bien sûr, il faut penser à la jeune génération ! Cette année encore deux concurrents : l'Allemagne et les Etats-Unis avaient inscrit à leur répertoire des mêmes morceaux de musique : Le Danube Bleu et le Concerto d'Aranjuez. Même air au feu des États-Unis et à celui de clôture : Musique pour des feux d'artifice royaux,de Haendel.
Les organisateurs du prochain Mondial SAQ ont un défi de taille sur les bras. Il leur reste à rechercher des éléments nouveaux pour apporter plus d'ampleur à cette compétition et éviter qu'elle ne glisse finalement vers la banalité, voire l'usure. Tout un contrat !
Cette année avait tout de même mal commencé avec du temps pluvieux et humide
durant les trois premiers.feux. Un casse-tête pour les artificiers qui
installaient leurs pièces comme pour les organisateurs qui, eux, misaient
évidemment sur la clientèle de
En dépit du temps maussade des trois premiers feux, les organisateurs de
l'événement ont de quoi se réjouir . En effet, ce qu'à