La
saison 2005 de l’International des feux Loto-Québec s’est surtout
démarquée par les ajustements durant cette compétition. D’abord l’arrivée du
nouveau commanditaire, Loto-Québec qui prenait la relève de la SAQ.Une relève
ou continuation qui s’inscrit dans la logique pour Loto-Québec, qui commandite
déjà les feux de Québec et de Hull. Ensuite, côté participation des firmes, on
a assisté également à un nombre plus intéressant de nouvelles firmes : Fusion
Groove Dynamic(Australie), Groupe F (France), Göteborgs
OyverkeriFrabrik(Suède) et Flash BarrandovSFX (République Tchèque).
Ainsi que le retour à Montréal de la firme Grupo Luso Pirotecnia, du
Portugal dont la dernière visite remonte à 2003. Mais aucune présence chinoise
ni japonaise.
Une
année qui nous a révélé des firmes dont nous ignorions la réputation, comme les
Tchèques et les Argentins. Des firmes qui, par leur effort soutenu, ont apporté
à cette saison du renouveau, en particulier pour les Argentins. Une saison
aussi ou la température a connu ses hauts et ses bas : temps très chaud et
humide et même pluvieux (Suède), mais dans l’ensemble un mois et demi de temps agréable pour les spectateurs.
La
directrice générale de l’International des feux Loto-Québec, Mme Martyne
Gagnon a rappelé que le public de Montréal a rarement vu des
prestations pyromusicales d’un aussi
grand calibre dans une même saison. Abordant la synchronisation pointue, la puissance trame musicale et les
nouveaux effets spéciaux et les couleurs. A son avis tous les concurrents se
sont démarqués durant ce concours.
Bien
sûr, tous les compétiteurs étaient de calibre, comme le souhaitent toujours les organisateurs de ce concours,
mais cette année certains comme les Australiens n’étaient vraiment pas de
taille.
L’innovation
n’est pas tellement venue du côté des choix de trames musicales. Ainsi les
concepteurs ont joué bien souvent sur des musiques qui reviennent bien souvent.
Ce fut le cas de Espana, Caprice espagnol, L’homme de la Mancha Tambor des Grenados, River Dance, Guillaume
Tell, 5e Symphonie(Beethoven), Puccini, Mozart ,Chopin et
Tchaïkovski. Comme celle de Astor Piazzolla , choisie par la France et
l’Argentine et Kunya Sobé ( Dupéré) à la fois par les Tchèques et les
Portugais. Il reste que parmi les concurrents, ce sont les Tchèques et les
Argentins qui se sont démarqués le
plus. Les Tchèques avec la musique du Cirque du Soleil, le groupe Dead Can Dance et la violoniste
Vanessa-Mae.. Les Argentins avec une
musique typique qui se mariait parfaitement à leur spectacle mettant aussi en
vedette un couple de danseurs de tango s’exécutant sur une plate-forme. Les
Américains, eux, avaient opté pour une musique américaine à l’exception de l’Ouverture de Guillaume Tell..
A
mon avis, les concepteurs de spectacles
auraient intérêt à s’inspirer de temps
à autre de la profusion de nouveautés
qui se créent dans le monde musical. Certaines nouveautés peuvent s’adapter
aisément. Dommage que certains d’entre eux préfèrent se limiter à leur
répertoire habituel.
Côté
spectacle, les Français du Groupe F ont apporté leur créativité avec des
catamarans dotés de pièces et deux artificiers aux ailes fusantes,
particularité qui surpris les spectateurs Gagnants du Jupiter d’argent en 2002,
les artificiers de la firme Grupo Luso Pirotecnia, n’ont pourtant pu réitérer
cet exploit avec Ritmo. Une démonstration où la pyrotechnie ne
s’ajustait pas à la cadence de bruits et lumières et dont le début (ombres
chinoises) ne cadrait guère dans un
début de feu.
Par ailleurs, on a beaucoup joué sur la narration ; France, Canada, Suède. Explication même louable et trop longue dans le cas des Canadiens, sombrant vraiment dans le cliché historique. Côté américain on s’est contenté d’une sobre présentation en français et en anglais. On remarque que sur ce point, les concepteurs s’ajustent enfin à mieux condenser. D’autre part, on constate avec satisfaction, l’importance de plus en plus grande d’un excellent français dans leur présentation.
Dans l’ensemble on peut affirmer que l’originalité à laquelle on pouvait s’attendre de ces maîtres du pyromusical n’a guère dépassé le stade du correct.. On en est toujours à la recherche d’un nouveau défi.
Une saison qui devrait être le présage d’une ère d’autres changements pour les compétiteurs qui devront une fois de plus s’ouvrir sur la créativité et la modernité. Est-il besoin de le répéter, un défi colossal qui attend les organisateurs pour tenter de découvrir de nouveaux talents, de nouveaux produits(ce qui est loin d’être facile) et des trames musicales mieux assorties, voire mieux travaillées. La compétition exige également que les fabricants de pièces pyrotechniques et les concepteurs trouvent de nouvelles avenues. Quitte à réviser leur programme. Bien sûr, rien n’est facile pour apporter à cet art une nouvelle approche, une nouvelle dimension. Pour entretenir la flamme des amateurs de plus en plus exigeants qui ne demande qu’à être ravivée continuellement.
Hélas ! une
fois de plus Le plus grand quotidien
français d’Amérique n’a pas daigné suivre cet événement même s’il se targue de figurer au nombre des
commanditaires. A tout le moins il
aurait été décent que dans ses pages on puisse lire les noms des gagnants de Jupiter de cette compétition. Car ce
concours international rivalise
aisément avec le Festival du Jazz et
Juste pour rire. A ce titre il fait partie intégrante des festivités estivales
de la ville. Qu’il suffise de voir le nombre de spectateurs et surtout de la
fidélité des Montréalais qui, au fil des années, viennent y participer sur La
Ronde ou sur le pont Jacques-Cartier et ailleurs, pour se rendre compte de sa réputation internationale.
Je ne peux passer
sous silence la collaboration constante et enthousiaste de Anne-Marie Désautels
et Geneviève Ferron (Division des relations publiques de La Ronde) ainsi que
celle du directeur technique des feux, Paul Csukassy, qui durant cette saison
de L’International des feux Loto-Québec m’ont apporté, une fois de
plus, leur aide soutenue et exceptionnelle.
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