Une saison peu innovatrice

 

La compétition 2006 de l'International des feux Loto Québec n’aura sûrement pas été celle de l’évolution pyrotechnique ni celle du renouveau côté musical .Je ne m’attendais d’ailleurs pas à participer à un grand bouleversement. La pyrotechnie évolue certes, mais pas à la vitesse qu’on souhaiterait.

Bien sûr, pour les architectes des couleurs, créer de nouvelles pièces et les produire nécessite des investissements considérables que peu de firmes sont capables d’absorber.  D’autre part, avec  les mesures plus pointilleuses de sécurité, les exigences continuelles et les coûts toujours plus prohibitifs des entreprises de transport comme ceux des produits, les firmes hésitent de plus en plus à s’impliquer. Évidemment remporter un Jupiter à Montréal rehausse le prestige d’un fabricant de produits ou d’un producteur de spectacles pyromusicaux. La grande majorité des participants aux concours pyrotechniques investissent des sommes importantes dans un spectacle à Montréal dont la réputation internationale n’est plus à faire. Il n’est pas rare pour des firmes de dépasser les 200 000$ et plus.

Bien des firmes aimeraient concourir à Montréal. Encore faut-il qu’elles possèdent le potentiel requis pour répondre adéquatement aux exigences imposées. Maintenant que la technologie sophistiquée de mise à feu (pyrodigital ou Fire One)  a été adoptée par les firmes, on est en droit de se demander d’où jaillira l’étincelle nouvelle.  On ne réinvente pas la roue…

Certes, les trois nouvelles firmes inscrites au programme : Macedo’s Pirotecnia (Portugal), Fireworks  for Africa (Afrique du Sud) et Melrose Pyrotechnics (États-Unis) ont révélé une autre façon de produire un spectacle. De ces nouvelles figures, seuls les Américains ont apporté une approche plutôt axée sur le côté théâtral, dans le  plus pur style traditionnel américain.

De toutes les firmes, une fois encore les Français de Brézac Artifices ont été les seuls à offrir un spectacle symétrique sur  un scénario peaufiné qui invitait davantage à l’imagination.

Cette fois on a évité les ennuyeuses narrations ou présentations qui généralement n’apportent pas grand-chose à un spectacle. Seuls les Américains et les Australiens avaient inséré dans leur feu une brève présentation. Ils s’en sont servis pour appuyer leur thème : le théâtre. Coupures qui, à mon avis, n’apportaient cependant  rien de significatif à leur prestation.

Fait à noter cette année, plusieurs firmes ont opté en grande partie pour des pièces espagnoles (Ricardo Caballer) dont l'Afrique du Sud, le Portugal et les États-Unis (Melrose).pour des produits chinois (Sunny et Lidu).

Les Canadiens de Concept Fiatlux, avec leur thème évocateur Voix symphonique sur variations pyrotechniques, ont préféré y aller avec une expérimentation différente sur une trame sonore lyrique. Un spectacle monochrome qui s’est malheureusement révélé plus déconcertant qu’intéressant.

De tous les concurrents, ce sont les Australiens (Foti) qui ont apporté dans leurs bagages  le plus impressionnant arsenal de pièces jamais  employé cette saison, sinon l’un des plus importants  jamais utilisés à Montréal depuis 1985.

Côté temps, la saison 2006 a été l’une des plus intéressantes. En dépit de constantes menaces, la pluie s’est faite discrète les soirs de feu. En revanche, les bourrasques de vents forts ont retardé le feu argentin (Cienfuegos Pirotecnia) de trente minutes. Question de sécurité! Pour les Sud-Africains, le retard de quinze minutes était plutôt attribuable à une panne de courant à La Ronde. Il a donc fallu faire arrêter les manèges et évacuer les passagers avant que la sécurité ne soit rétablie.

Cette année a été marquée également par l’arrivée d’une nouvelle équipe de relations publiques dirigée par Nadia Goyer et du Journal de Montréal en remplacement de La Presse qui depuis  belle lurette ne s’intéressait plus à cet événement estival  montréalais.

On a noté pour une énième fois l’absence du maire de Montréal Gérald Tremblay qui avait préféré se joindre au fastueux spectacle d’ouverture des Outgames  une visibilité politique sans doute plus avantageuse - malgré la densité de la foule des beaux jours de La Ronde.  Feu le maire Jean Drapeau doit se retourner dans sa tombe…

Merci à Martyne Gagnon, directrice de L’International des feux Loto-Québec et à Paul Csukassy, directeur technique des feux pour leur grande disponibilité durant toute la saison.