Les Canadiens du renouveau
GEORGES LAMON


Sans conteste, le meilleur spectacle de la firme Ampleman , présenté mercredi soir à La Ronde depuis la participation de l’entreprise acquise en 1979 par Maurice Cardinal. Il faut dire que depuis trois ans les artificiers d’Ampleman se sont véritablement transformés avec l’arrivée du jeune et talentueux Eric Cardinal, qui a beaucoup appris depuis ces dernières années. Les Canadiens d’Ampleman se sont vraiment renouvelés. Dans l’ensemble c’était un bon feu. Un feu où Eric Cardinal a su employer à bon escient des pièces de qualité : chandelles et bombes nautiques Igual, émerveillant la foule qui ne demandait qu’à faire la fête. Et mercredi soir, avec un temps superbe, c’était vraiment une soirée de fête. Il n’en demeure pas moins que dès le départ le spectacle manquait de consistance et de force. Le feu n’a véritablement pris son envol que vers la mi-spectacle, on a assisté alors à une reprise et à un vrai déploiement. Quant à la surprise sur What a Feeling, avec Cupidon dont la flèche devait atteindre un cœur, pour faire renaître l’amour, elle a raté son effet : la flèche ne s’est jamais rendue au but. Il faut dire que rarement ces effets souhaités par les concepteurs dans de telles pièces montées réussissent. Mais applaudissons cet esai. Sur la troisième séquence de la première partie I Want to Know wat Love Is ,on aurait souhaité davantage de variétés de pièces plutôt que bombes après bombes. Tout comme sur la pièce suivante où chandelles et bombes alternaient. Et que dire du final sur la monumentale cantate Carmina Burana. Tout simplement raté avec un méli-mélo de pièces qui s’en allaient à la va comme je te pousse. Il semblait que le concepteur avait agencé ses pièces à l’envers sur la musique. Par ailleurs, on doit admettre que les enchaînements musicaux , à l’exception des trois derniers morceaux, manquaient un peu de consistance et d’efficacité. Sur la séquence I believe I Can Fly – pas le meilleur choix musical – Cardinal a cependant fait appel à des soucoupes volantes qui ont su ravir un public déjà conquis. Enfin sur « Que je t’aime », de Cossette, le lac des Dauphins s’est littéralement embrasé de bombes nautiques multicolores et des effets stroboscopiques qui transformaient le lac en théâtre en plein air. Une sorte de Son et lumière qui aurait pu être mieux exploité. Il reste qu’il faut applaudir à ce jeune concepteur qui en acquérant davantage d’expérience devrait faire sa marque dans ce domaine où la compétition est forte voire féroce. Bref, on peut dire que jusqu’ici les enchaînements musicaux des concurrents qui se sont succédé n’ont guère dépassé les échelons. On aurait davantage à s’améliorer de ce côté pour donner à ce concours tout le prestige qu’on est en droit de s’attendre. 14 juillet 1999. **********