<_x0021_Author: GLamon><_x0021_Typist: GLamon>

Des Canadiens impressionnants

13 juillet 2002

Le jeune Eric Cardinal, concepteur du feu canadien de la firme Ampleman a prouvé que dorénavant il était de taille à rivaliser avec les grands de l’art pyromusical.

Aux milliers d’amateurs réunis en cette superbe soirée estivale de vacances sur La Ronde, il leur a dédié une prestation impressionnante où la qualité et le choix des pièces prédominaient. Un feu bien rythmé et agencé minutieusement, doté d’un arsenal imposant de produits espagnols, italiens, américains, brésiliens et japonais. Bien sûr, le fait de ne pas fabriquer ses produits oblige Ampleman à fignoler sa conception pour se démarquer.

Il revenait à l’humoriste Mario Jean de donner le coup d’envoi de cette cinquième soirée de compétition du Mondial SAQ. Pourtant, mal synchronisé son décompte s’est arrêté à 2 tandis que le feu décollait déjà, emporté par Naturel Blues sur une volée de chandelles, des bombardos et des bombes.

Spectacle étourdissant certes, mais qui aurait gagné à des crescendo plus accentués entre les passages et surtout un choix mieux équilibré de pièces pour apporter plus de nuances tout au long du programme musical. Reste à Eric Cardinal à trouver la formule idéale lui permettant de peaufiner ses présentations en apportant son style et son identification personnels.

Le programme intitulé Harmonie s’accompagnait d’un répertoire musical de 17 morceaux interprétés par Ginette Reno, Daniel Bélanger, Luce Dufault et Natacha St Pier ainsi que des airs moins connus de Sinatra, Tan Dun, Junon Reactor, Kelly, Nia et Foster.

Avec Quand les hommes vivront d’amour, interprété par Luce Dufault, les chandelles Panzera, bombes et fusées crépitantes ont virevolté pour finir sous une pluie de cheveux d’ange sur cet air connu qui a su conquérir tous les spectateurs.

Puis vint Un peu plus loin, chanté par notre Ginette Reno. Le départ était prometteur avec une série de bombes nautiques (Igual), de fusées crépitantes et de gerbes fusantes. Pourtant au gré de la progression, on remarquait un ralentissement de puissance et surtout de mouvements, comme une sorte de pause en chemin. Au passage C’est beau, au lieu de pièces grandioses s’ouvrant dans le ciel pour personnifier cette beauté, Cardinal avait opté pour une volée de bombes de fort calibre (Panzera et Rozzi). Il aurait été sûrement plus agréable à ce moment d’avantager une certaine accalmie dans le spectacle avec une combinaison de pièces plus lentes et plus attrayantes.

Les chandelles Panzera ont ouvert le passage sur Le Monde est à refaire ( St Pier) où s’est infiltré un trou noir. Une fois ce temps mort comblé, des lucioles ont parsemé le ciel. Belle mais brève incursion de calme.

Enchaînement bien synchronisé avec Love Thème St-Elmo’s Fire sur bombes et bombes, accompagnées de chandelles pour finir abruptement.. Pourquoi pas plus de diversité de pièces?

Durant At Sunrise, les amateurs ont assisté vraiment au clou du programme. La rive du lac s’est illuminée de rouge et de blanc. En arrière plan des geysers blancs fusaient étrangement. Ici encore on aurait aimé plus de nuances dans le choix des pièces.

Rapidement l’enchaînement s’est fait avec un envol de pièces rappelant une volée d’abeilles accompagnée de fusées crépitantes et finalement de soucoupes volantes.

Avant Le bouquet final, un rideau vert a jailli sur la rampe deux, hélas rapidement masqué par une fumée dense, persistante.

L’apothéose finale s’est traduite par un bombardement en règle de gros calibres, accompagnées cette fois d’un tourbillon de puissantes bombes nautiques (200 mm) espagnoles explosant au milieu du lac au grand étonnement de la foule ravie de leurs Canadiens. Une pluie de feu qui a littéralement enveloppé les lieux de haut en bas, comme les affectionnent les amateurs: tonitruante, d’une majesté fulgurante, transformant le parc en un immense embrasement multicolore dans un étonnant élan de victoire.

Une prestation d’envergure qu’on aurait pourtant souhaitée plus originale, sinon plus recherchée de la part de ces Canadiens, gagnants du Jupiter d’argent en 1999.

Le prochain feu mettra en relief Une célébration de la vie animée par la firme américaine Austin Pyrotechnics. Sa dernière présence remonte à 1988 ; elle lui a valu les Jupiters d’argent et spécial pour la bande sonore et en 1987 les grands honneurs du IIIe International Benson & Hedges. On parle déjà d’un feu d’enfer, compte tenu de l’imposant arsenal déployé et le nombre accru de mortiers. Ce sera la guerre, affirme-t-on déjà dans le milieu.. Faudra voir !