Des Canadiens au sommet
Une excellente prestation pyromusicale canadienne qui nous aura permis de découvrir les talents prometteurs du jeune concepteur Yanick Roy de la firme Royal Pyrotechnie. Un concepteur qui a prouvé qu’il pouvait profiter de l’expérience acquise auprès des artificiers accomplis et ainsi s’intégrer dans cette grande famille..
Un feu sans surprises et qui aurait eu avantage à privilégier les innovations tant du point de vue technique que musical. N’est-ce point là le but de ce concours prestigieux!
Si dans l’ensemble le feu canadien peut être qualifié d’impressionnant, notamment par les couleurs étonnantes des pièces de tout calibre, il a tout de même connu ses moments de faiblesse. Faiblesse dans son manque de profondeur, dans l’exploitation appropriée des niveaux et dans la profusion de chandelles et de volcans et bombes se déployant souvent à mi-hauteur. Jusqu’ici, de toutes les firmes en compétition cette année, Royal Pyrotechnie, firme québécoise installée à Saint-Pie, a été sans nul doute celle qui a utilisé autant de chandelles. A tel point qu’on a bien souvent sombré dans les répétitifs croisements de volcans et de chandelles dans la majorité des tableaux - et dans l’excès de pièces de même catégorie. Des chassés-croisés qui finissaient par ennuyer. Une meilleure diversité dans leur choix de pièces aurait sûrement permis de faire de cette démonstration un spectacle mieux structuré, mieux équilibré.
Par ailleurs, côté trame musicale le concepteur n’apportait pas ces variations auxquelles on pouvait s’attendre. Ni encore moins originalité ni innovation qu’on aurait aimé entendre et voir se transposer dans le choix des pièces. De sorte que l’on est resté continuellement sur le même ton: une musique uniforme ne contribuant guère à nuancer les pièces. Il y manquait ces variations dans le mouvement qui permettaient des changements de tempos nécessaires à l’évolution du spectacle En revanche, des chandelles aux couleurs typiques de Giovanni Panzera et Vicente Caballer dont certaines de gros calibre (75 mm) réjouissaient le public enthousiaste par cette celle soirée estivale. Leurs éclatantes bombes multi bris italiennes déployant pivoines, saules pleureurs, papillons, trèfles et doubles anneaux surprenaient; elles auraient pourtant gagné à une meilleure exploitation de la hauteur.
D’autre part, certaines séquences ont démontré un souci d’améliorations par un choix judicieux de pièces. C’était le cas du tableau The River où les chandelles à un coup ont joué de beauté et de charme en s’élançant dans un tir répété de droite à gauche. Et ces bombettes (chichis) qui crachaient leurs flots de lucioles. Etonnante incursion également durant Returning Home qui a émerveillé par l’ouverture de trois énormes et superbes fleurs installées sur des radeaux au centre du lac se dépliant en éventail argenté .Un passage bien amené. Pendant Rudy, chaque note de musique se synchronisait parfaitement avec les flashes stroboscopiques blancs. Beau passage pendant Gladiateur avec ces impressionnantes fontaines et ou l’on a pu de plus admirer d’autres jets empanachés sur la rampe juché en haut de la structure du centre du site. Particuliers aussi ces quatre moulins variant du blanc au rouge de chaque côté de la rive du lac.
Sur Titanic, les soucoupes volantes hésitaient à monter, on aurait dit qu’elles manquaient d’énergie pour poursuivre leur ascension. Une ascension plutôt timide.
Sur Run Forest Run on aurait aimé beaucoup plus de subtilités sur cette musique qui offrait toutes les occasions de nuancer le tempo .Nouvelle incursion de ces imposants éventails d’une symétrie parfaite
Le rythme soutenu du spectacle de Royal Pyrotechnie ne laissait guère de répit aux amateurs, .les enchaînements se suivaient subtilement dans une synchronisation réussie. Ils ne cadraient toutefois guère avec la trame musicale uniforme qui n’avait vraiment rien pour nous surprendre ni nous épater. De sorte que de ce coté les surprises se sont fait attendre tout le long du spectacle comme le thème Le ciel ne peut attendre. Dommage car la promesse de Yanick Roy s’orientait vers une démonstration prestigieuse. Un feu qui n’a pas su faire ressortir chez les amateurs ce petit déclic, cette flamme qui donne l’élan aux émotions, aux pulsions. Les transformant en spectateurs admiratifs sans plus et qui se demandaient bien quelle surprise sortirait du chapeau. Ils sont toutefois restés sur leur appétit..
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Sur leur brève narration, quelques timides lueurs rouges ont jailli de la pénombre, on aurait aimé l’emploi de quelques autres pièces en appui , histoire de mieux se sentir dans le feu. Au moment du décompte de départ, les Canadiens étaient-ils si pressés à démontrer leur savoir-faire ? Le décompte n’était pas terminé que déjà les pièces s’envolaient.
Bien sûr, l’utilisation en quantité industrielle de chandelles et de volcans offre à un concepteur une infinie de possibilités voire de facilités, en retour, elle peut aussi faire sombrer son spectacle dans la monotonie. Un feu également trop bas et qui aurait certainement pu bonifier un meilleur cadrage. Il donnait l’impression d’un spectacle allant dans tous les sens sans direction précise, sauf dans celle empruntée souvent par les chandelles..
Pour conclure sur le bouquet final, ils nous ont livré un embrasement multicolore rituel de tout leur arsenal pétaradant et tonitruant avec une quantité énorme de pièces. A l’exception de ces puissantes mines nautiques multicolores jaillissant à une trentaine de mètres des amateurs ébahis et s’ouvrant en un panache grandiose. On avait mis le paquet, quoi !Au point que la musique terminée, des bombes détonnaient encore.
Samedi les Anglais de Kimbolton Fireworks Ltd, derniers
concurrents, nous invitent à Une soirée au cinéma.