Au fil de l’Histoire sur un pyromusical

 

Dans l’ensemble un feu canadien très aérien intéressant mais qui sombrait bien souvent dans le répétitif et le même déploiement de pièces.

      Leur spectacle d’une durée de 35 minutes et qui se voulait au départ un pyromusical au fil de l’histoire avait été  bâti sur un scénario narratif dit par Albert Millaire, retraçant l’épopée canadienne du découvreur Jacques Cartier à aujourd’hui.

      On aurait souhaité davantage de finesse dans cette démonstration, en particulier sur certains musiques, qui s’appuyait trop souvent sur des séries de bombes, de fusées mono-coups et de chandelles. Pièces servies sans but précis et qui se synchronisaient plus ou moins avec la musique

      Une narration qui dès le départ venait briser l’élan d’enthousiasme des amateurs friands de départs instantanés. Après tout on vient voir un feu d’artifice. Et que ça saute ! Pendant la première minute on demeurait dans l’expectative Des mots pour annoncer le feu… A peine de rares jets sur la rive mais des pièces sans conviction.  Si la narration reprenait les grands thèmes de l’histoire de Montréal, elle ouvrait trop souvent la voie aux volcans, aux bombes de gros calibre accompagnées de chandelles et de fusées mono-coups. On avait l’impression que les tableaux se répétaient par leurs déploiements de mêmes pièces: volcans: bombes, craquelins, girandoles et  saules pleureurs.

      D’entrée de jeu, pendant une minute et demie le feu ouvrait le grand livre de l’histoire du Pied du courant. Jusque là, la démonstration s’annonçait  plutôt  intéressante. Néanmoins, il aurait été avantageux de jouer un peu plus avec des pièces en retrait. Que quelques  jets de fusées sur la rive du lac des Dauphins viennent mieux diversifier cet extrait.

      Au cours du passage L’Hymne au printemps, de Félix Leclerc on aurait souhaité une meilleure variation pyro-musique. Un moment poétique lyrique que venait inonder une pluie de fortes bombes rouges et de fusées craquantes, contrastant mal avec cette douce floraison..

      Sur certaines séquences la musique et même la narration étaient étouffées par des bombardements inutiles. Quant au bouquet final il a évidemment subi le sort de toutes les finales  époustouflantes et déflagrantes entrecoupées de petits temps morts pendant Espana. Un ouragan de feu

      En revanche, les amateurs ont assisté à des changements de bombes qui  apportaient certaines variations, comme entre autres ces bombes changeant de direction et celles dont de superbes panaches blancs descendaient en chute. A peine a-ton pu apercevoir quelques bombes à double anneau, farfale, de soucoupes hésitantes et des nautiques s’ouvrant en hauteur sur l’eau pendant Nocturne (Chopin)

      Le passage le plus significatif aurait été celui d’Adagio. Cinq croix intrigantes s’illuminaient sur la rive du lac pour rappeler, semble-t-il, la pendaison des patriotes de 1839 Précédées à l'arrière-plan par une fleur aux couleurs changeantes et  jouant de mouvement. Ce  moment aurait pu ajouter un certain intérêt.

      Hélas! ces Canadiens n’ayant pas jugé opportun d’accepter journalistes et cameramen, la veille sur les rampes. Leur secret reste bien gardé… Seraient-ils chatouilleux et incapables à ce point d’accepter la controverse?

      Depuis 21 ans j’arpente les rampes des feux, histoire de me familiariser de visu  avec les artificiers des firmes venues d’Asie, d’Europe, d’Australie et d’Amérique du Sud  - que je connais pour la plupart – sur leurs produits et leur installation. Tout en discutant  de la conduite de leur spectacle. Chaque fois je retrouve chez ces concepteurs internationaux un accueil très chaleureux.

      Le bouquet final s’est emporté sur Espana  par un ouragan multicolore de feu et de décibels tant et si bien que la musique ne jouait plus aucune importance dans cette infernale intensité.

      Pour cette soirée festive sur La Ronde le temps était propice à l’esprit des vacances. Les amateurs l’avaient compris, on nageait en pleine cohue. La foule compacte fourmillait  dans les îles. D’ailleurs les championnats de natation dans l’île Sainte-Hélène et le festival merengue dans l’île Notre-dame ne faisaient qu’accroître cette invasion de foule Rarement a-t-on vu autant de monde dans les îles en même temps. Un véritable envahissement qu’aucune sécurité ne parvenait à gérer adéquatement.

      Mercredi prochain les Américains de la firme Rozzi’s Famous Fireworks  termineront la ronde des concurrents sur un programme à faire Rêver.