Les caprices de
Zeus
La firme Fireworks
Spectaculars Canada aurait eu besoin
de la protection des dieux pour leur première participation à l’International des feux Loto-Québec car
ils visaient haut et grand. Hélas! des ratés inopinés les ont rapidement ramenés
sur terre. D’avance ils détenaient plusieurs atouts dans leurs bagages, un
imposant arsenal de produits de sept fabricants, une trame musicale
d’apothéose, un thème engageant, une équipe bien entraînée et gonflés à
bloc. De plus un public enthousiaste
conquis d’avance. Tout concordait pour présenter une prestation de haut niveau.
Vingt deux heures quatre, un délai! Mauvais
présage…les dieux se font prier. Sue la musique
Puis, une présentation longuette dans un
excellent français. Nos compatriotes de Calgary nous reconnaissent. Cependant un simple rappel de leur thème Zeus de l’Olympe aurait suffi.
On remonte dans les hautes sphères de la
planète avec une musique choisie pour les Olympiques modernes de Montréal,
Atlanta Calgary Salt Lake City, Barcelone et Turin. Quel programme grandiose
mais Zeus s’esquive. Pour une seconde fois
cette saison (Mexique et Canada) des problèmes électriques surviennent. C’est la panne sèche. Un retard
angoissant d’une vingtaine de minutes, cette fois Les amateurs
réclament cette stricte précision à chaque feu et n’apprécient
guère le moindre retard.
A 22h 27 on reprend le spectacle en grandes
pompes. Le rythme de croisière est donné
sur une riche rareté de pièces et
de couleurs. Dès la reprise (Standing
Motion (Yannis) le feu s’anime sur des mono coups, craquelins,
éventails, nautiques, chandelles et
bombes dorées très hautes se déployant
en saules pleureurs.
Sur Dragons
Breath, le lac s'illumine de stroboscopes et de lances flammes rouges on est lancé dans le feu du ciel par des croisements de
chandelles multicolores.Vient The Olympic Spirit pendant lequel surgit une belle variété de
bombes a doubles anneaux aux couleurs vives rouges et vertes.
Autre présentation pour annoncer les jeux. Des feux s'allument
sur la rampe de la rive du lac, puis des croisements de mono coups au ras de
l’eau et s’allient de nouveau à des kamuros dorés. La séquence se poursuit avec Olympic
Fanfare and Theme durant laquelle
une chute suspendue s’illumine en partie
sur la rampe du centre. L’Ode to Zeus surprend par des
clignotants rouges scintillant en série sur l’eau.
Des pièces il y en a à profusion. On
inonde le ciel de grosses bombes
percutantes, de mono coups, de chandelles, de nautiques choisies chez sept fabricants reconnus (Zaragozana,
Ricasa, Panzera) pour s’assurer de la qualité des produits. La rampe prés des
berges du lac des Dauphins est chargée à satiété comme on n’en voit guère.
Une énorme quantité de pièces même
très éclatantes n’est pas nécessairement
synonyme de succès. Tout comme en littérature il faut souvent se résigner
à éliminer ce qui surcharge au profit d’un
nouvel éclairage. Pourquoi ne pas miser
sur l’agencement des tableaux, le jeu des contrastes et les surprises du
spectacle?
Le concepteur Brad Dezotell a
joué souvent avec des éventails en forme de queues de paons notamment pendant Call
des Champions finissant sur des soucoupes dorées et une myriade d’abeilles bourdonnant dans le ciel.
Pendant Beacause we believe(Boccelli) la fumée opaque est venue obstruer la pluie de cheveux d’ange doré qui glissait en panachent. Ici aussi durant le crescendo de Boccelli un choix de pièces plus recherché aurait démarqué le tableau. Une incursion de nautiques dorés se mire soudainement dur le lac.
Quant au bouquet final, il s’est attiré les applaudissements des amateurs par sa puissance et la densité de couleurs. Une dernière salve de pièces multicolores venait couronner le ciel de l’Olympe.
Une démonstration éblouissante s’est jouée sur une profusion de kamuros, de mono coups, de craquelins et de jets siffleurs. Pourtant chez les artificiers canadiens on ne se réjouit pas, c’est plutôt la désolation. L’espoir d’un Jupiter vient probablement de leur échapper. Eux qui se faisaient un honneur de venir à Montréal et y produire le plus important spectacle pyromusical depuis leur création en 2001. La flamme venait de s’éteindre
Samedi, les Français de Féérie, qui nous visitent pour la première fois, nous convient à un spectacle tiré de Roméo et Juliette