Tournée étourdissante à Hong Kong

 

Impressionnante et époustouflante démonstration de puissance, de décibels et de fumée  à laquelle les Chinois de Hong Kong avaient convié les mordus des feux de La Ronde pour cette deuxième belle soirée estivale du Mondial SAQ.

Un jeu de Cartes postales de Hong Kong à l’image d’une capitale américaine au rythme trépidant. Le programme s’appuyait sur un répertoire musical qui s’annonçait fort prometteur avec Jean Michel Jarre, Vanessa Mae, le Cirque du Soleil, et l’Orchestre philharmonique Kanagawa.

Qui n’a jamais visité Hong Kong n’a guère pu, compte tenu de cette abondance de décibels, s’imaginer la vie quotidienne des ses habitants. On ne pouvait se fier aux critères qui étaient annoncés dans le déroulement de ce spectacle en sept tableaux, pour se faire une idée d’une visite de Hong Kong. Spectacle qui souffrait d’un manque de cohésion entre les tableaux. On a beau choisir un thème encore faut-il s’ingénier à le respecter tout au long.

D’entrée de jeu, sur Souvenirs de Chine(Jarre), le concepteur a donné le ton au spectacle: force et déferlement de bombes de 300 mm( une soixantaine) chandelles à un coup, gâteaux. Histoire de mettre en relief sa démonstration.Que je sache la production de décibels ne fait pas partie des critères d’évaluation du jury?Etait-ce pour impressionner les spectateurs et le jury ou pour démontrer le savoir-faire de ces inventeurs de la poudre?

Pièces qui, combinées à une intense sonorité, ont provoqué des rideaux de fumée qui obstruaient trop souvent la vue des tableaux.. Le concepteur québécois du feu chinois, Patrice Guy, avait opté pour un choix de bombes de gros calibre, de chandelles et de gâteaux fumants. Toute la panoplie pyrotechnique annonciatrice de la promesse d’un spectacle de choix. Mais un spectacle vraiment chinois dont les pièces sont reconnues pour développer beaucoup de fumée. Une judicieuse variation de pièces aurait sans doute permis une meilleure évacuation de la fumée?

Pourquoi ce choix délibéré de bouquets finals à la fin de plusieurs tableaux ? Bouquets finals qui déroutaient quelque peu les spectateurs habitués à des crescendo plus accentués mieus sentis. Au risque de se répéter, les bouquets finals continuels finissent par produire un spectacle fade, sans surprises, sans émotions. 

D’ailleurs, l’ultime bouquet de clôture a connu lui aussi ses problèrmes : des trous noirs et des temps morts suivis de ratés dans la mise à feu des grosses bombes. Que dire de la musique ! Elle a été littéralement étouffée par cette sarabande endiablée. Résultat : un  bouquet final de clôture qui s’est conclu en pleine incohérence.

Pour une des rares fois, grâce à ce feu majoritairement en hauteur, les inconditionnels du pont Jacques-Cartier installés aux premières loges, ont bénéficié d’une véritable aubaine

Sur La Ronde, les amateurs ont  pu, de leur côté, admirer quelques tableaux bien amenés. Ainsi le cinquième, Feng Yang Drums, emporté par un roulement de tambours cadencé. Pendant que sur la rive des geysers déployaient leurs jets, les chandelles s’élançaient majestueusement vers le ciel, appuyées par des bombes à triples couronnes aux teintes pastel  Les orangés se mariaient au jaune citron, au vert, au rose et au rouge vif ( les quatre nouvelles teintes de la firme), apportant une dimension plus accentuée à cette démonstration. Il est dommage qu’à  plusieurs moments la fumée soit venue altérer malencontreusement la brillance des teintes. 

Autre originalité: ces roues qui tournoyaient en avant-plan. Pourtant,la profusion de grosses bombes lancées à qui mieux mieux a eu tôt fait de capter toute l’attention, éclipsant ce passage pourtant intéressant. Les roues perdues dans ce nuage de fumée devenaient tout à coup minuscules perdant tout effet de surprise..

Parmi les rares moments de douceur, sur Shenfa, une promenade à Kowloon Park où se pratique le Tai Chi, on a pu voir les aux comètes argentées se mêler aux myriades de lucioles et aux saules pleureurs pendant que s’entrecroisaient chandelles et gerbes blanches. Autre passage intéressant sur The morning fog’s wave où les lanternes chinoises rouges ouvraient la voie, aux gerbes et aux fusées sifflantes.

Et cet essaim d’abeilles qui s’envolait dans un continuel bourdonnement, apportant une touche d’originalité au programme qui semblait se diriger vers une routine certaine.

Les Chinois de Pyromagic Productions Ltd (Hop Kee Productions) dont 30 pour cent des pièces avaient été créées pour cette première participation à Montréal, n’avaient pas lésiné sur leur matériel. Des pièces pyrotechniques, il y en avait à profusion, comme des ggicbes dorées, ces bombes à triples couronnes  et ces papillons dont les ailes se sont rapidement effritées. Un arsenal qu’on aurait préféré mieux dosé dans ses nuances. 

Au cours du troisième feu, samedi prochain, les Italiens de Parente Fireworks, pour leur première participation à Montréal, présenteront une Mélodie de feu.