Harmonie et élégance chinoises
Fascinants chinois! Une
démonstration mirobolante où le raffinement et l’élégance se juxtaposaient dans
un tourbillon ininterrompu de pièces pyrotechniques aux tons de couleurs sans
cesse métamorphosées.
Samedi soir par un temps
agréable, qui se prêtait parfaitement à toutes leurs espérances, les
artificiers de Sunny International
ont entraîné les spectateurs admiratifs et stupéfaits dans une ronde
impressionnante de couleurs, de formes et de mouvements. A leur faire tourner
la tête.
D’ailleurs, pour leur troisième participation au Mondial SAQ marquant cette année le 20e anniversaire de cette compétition internationale, Sunny International n’avait ménagé ni pièces ni couleurs.
Gagnants du Jupiter d’or en 1992 et d’argent en 1993, les artificiers chinois ne pouvaient tout de même pas faillir à leur réputation. A tout le moins se maintenir à la hauteur de cette Coupe du monde SAQ. Ils l’ont démontré tout au long de leur spectacle dans un déferlement de mille et une pièces pyrotechniques, dont un millier de bombes de 150 mm, une abondance de gâteaux, de jets siffleurs et de fusées crépitantes. En dépit d’une quantité impressionnante, on frisait parfois la répétition voire la monotonie.
Jim Shih, président de la firme, avait réservé aux amateurs un feu axé sur une trame sonore traditionnelle exclusivement chinoise, insistant pour apporter un cachet plus authentique en y ajoutant des pièces pyrotechniques exclusives de sa fabrication. Evidemment, la musique traditionnelle chinoise ne fait pas partie de notre quotidien. Peu familiers à cette musique, les Québécois pouvaient cependant y puiser une occasion de mieux s’initier à cette culture.
Aucune place ici pour l’improvisation. Tout était étudié, structuré, dans les moindres détails, encadré dans la mise à feu par ordinateur(pyrodigital), familière au concepteur du feu chinois, l’Américain Eric Tucker. Sous la houlette de ce technicien expérimenté dans la conception de pyromusicaux, les Chinois se sont lancés corps et âme dans un spectacle grandiose à un rythme effréné, emporté par une multitude de pièces de tous calibres. Ne laissant aux fans ni le temps de souffler ni celui de s’ennuyer.
En parfaite maîtrise, Eric Tucker a su jouer avec une grande
dextérité sur les couleurs, les pièces pyrotechniques et le rythme par une
synchronisation soignée. Un vrai travail d’artiste. On y décelait même la touche du regretté du maître
Giovanni Panzera. Rappelons que c’est le même Tucker qui avait conçu le feu Sunny International en 1992 gagnant du
Jupiter d’or avec Dragons de soie.
Les Chinois ont su maintenir la tradition en y ajoutant quelques pointes de renouveau, en particulier avec cette bombe verte en forme de cube pendant Improvisation Drum, musique folk sur les sons percutants et saccadés des tambours, rythmés sur l’éclatement de puissantes mines à chaque battement. Suivaient de superbes anneaux rouges s’ouvrant dans le ciel également pendant Fung Yang Drum Dance ( huitième séquence)Une originalité qu’on a également perçue avec ces mirifiques saules pleureurs qui s’étiraient pour éveiller tout à coup en fin de course, une étoile de couleur contrastante.
Le concepteur avait opté de démarrer chacun des tableaux par une couleur précise sur laquelle se centraient toutes les autres teintes : citron, orangé, chartreuse, bleu acier et violet. Un spectacle en onze séquences sur le thème Dragons et Papillons, jouant tantôt sur des moments forts, tantôt sur des plus calmes Un amalgame qui se mariait superbement et qui, du début à la fin, a tenu les amateurs en haleine, sans déroger ni sur les variations ni sur les teintes.
.A peine le signal donné qu’au quart de seconde une puissante mine ouvrait le jeu sur la scène de La Ronde. Un manège soigneusement orchestré qui s est poursuivi sans aucune interruption. A la grande joie des spectateurs qui ne finissaient plus d’ovationner ces faiseurs d’étoiles.
Si le feu chinois ne s’appuyait vraiment pas sur un véritable
scénario, il a cependant su créer l’unité par un enchaînement harmonieux entre
musique et panoplie de pièces. S’adaptant avec une grande souplesse sur le
programme musical au registre tantôt lancinant,(papillons)tantôt fortissimo
(dragons) par ses rythmes forts et très saccadés, notamment sur The
dance musical of Yao et Fung Yang Drum Dance, mais aussi ses moments
légers (Orchis Grass), musique
traditionnelle chinoise d’une douceur inaltérable. Le passage vers Butterfly lovers, la pièce la plus
longue (plus de cinq minutes) où les notes de violon et de harpe s’envolaient dans un ballet de comètes
qui s’entrecroisaient dans un mouvement ascensionnel. Un des moments magiques
de cette prestation.
Durant Chinese Folk Music, musique au tempo variant, les papillons se sont mis à virevolter dans tous les sens, se faufilant en images évanescentes. Le temps d’un moment léger sur les accents de violons pour permettre aux bombes araignées bleues de s’ouvrir en panache, le rythme à repris avec les serpentins, les jets siffleurs et les fusées crépitantes ont surgi, suivis de flopées de gâteaux partant en saccades. Puis, brusquement à deux reprises de puissantes mines polychromes ont jailli du lac en panache époustouflant. Devant une foule complètement baba.
Avant un léger répit,
l’espace d’une ou deux secondes, temps qui avait été prévu, semble-t-il, pour
permettre l’évacuation de la fumée.- le
bouquet final a pris véritablement son envol. Le ciel s’est inondé de tout
l’arsenal s’ouvrant comme une immense
peinture chinoise. Une intense et
foudroyante poussée de bombes de 300 mm aux couleurs changeantes, une
série de gâteaux et de mines pour finir
sous une grappe d’étoiles. Un ouragan de feu. se concluant par ces sempiternels déploiements de saules
pleureurs enveloppant le ciel dans une immense toile dorée. Cheveux d’ange dont
ont usé à profusion les Chinois tout au long de leur feu.
Le professeur CHU Guangyou, ministre conseiller de l’ambassade
de Chine à Ottawa ,à l’ouverture protocolaire de la soirée s’est dit à la fois enchanté et honoré d’avoir été invité à
l’ouverture de la nuit chinoise. Parlant de paix et de prospérité.
Mercredi les Français
de Lacroix-Ruggieri se proposent de
nous faire pénétrer dans le monde du Septième Art avec Le monde entier se fait son cinéma.