Un carnet de bal sur un rythme musical d’enfer
GEORGES LAMON


Tirer un feu sur 43 séquences musicales tenait quand même de l’exploit. Jamais personne n’avait osé tenté cette expériences jusqu’ici sur un feu d’artifice. Et pourtant Giovanni et son complice Pierre Walder, concepteur du « Carnet de bal » l’ont réussi sur ce feu de clôture du 15e « International Benson & Hedges ». Un feu, faut-il le rappeler, hors concours. Un rythme musical d’enfer qui ne laissait aucun temps libre aux spectateurs pour reprendre leur souffle : ils vivaient ce feu comme on une sorte de suspense, tenus continuellement en haleine. Un rythme qui se démarquait des autres concurrents. Chandelles à effets, bombes de 250 mm, sifflets, serpentins, soucoupes, volcans, bombes nautiques : toute la panoplie pyrotechnique avait été déployée pour cette fin de siècle pyrotechnique à La Ronde. Pier Paolo Serafino chargé d’agencer techniquement ce programme n’avait pas caché que le scénario devenait compliqué voire complexe. D’autant que certains extraits musicaux ne duraient qu’une dizaine de secondes. Il s’en est quand même tiré de belle manière. Un feu sur un départ fulgurant accompagné de coups de feu qui en a mis plein la vue aux amateurs heureux. Mais aussi un feu bien agencé sur une bande sonore aux enchaînements rapides, étonnants comme on n’en avait pas encore vus. Mais qu’on est en droit de s’attendre d’un spécialiste de la musique. La meilleure réussite de ce côté. Une fois encore on a eu droit, comme il se doit, à une orgie de chandelles romaines Panzera. Évidemment comme fabricant, il n’avait que l’embarras du choix : il donnait l’impression d’avoir vidé son entrepôt. Et le bouquet final! Assourdissant, tonitruant : ca pétait et ça pétait , comme un bombardement en règle qui submergeait, étouffait la musique. Mais les inconditionnels de feux d’artifice aiment cette démonstration d’envergure à l’américaine. Et puis pour finir en beauté quoi de mieux que de faire trembler les Montréalais histoire de leur faire garder à l’esprit un autre étonnant souvenir. Et rêver une dernière fois la tête dans le feu des étoiles. Pour apporter une touche finale à ce dernier feu du siècle sur La Ronde, Panzera avait réservé une petite surprise aux amateurs : un grand 2000 en pièces pyrotechniques sur fond rouge est passé sur le monorail en guise de clin d’oeil à l’an prochain. En conclusion, un feu qui tenait bien plus de l’exploit musical et pyrotechnique que de celui d’un scénario bien monté. Dommage! - 28 juillet 1999. -30-