Feu, humour et rêves d’enfant
Quoi de plus rafraîchissant qu’un
feu dédié aux enfants malades ? Un
feu où l’humour est roi. Un feu qui vise avant tout à faire rire et faire
oublier 30 minutes durant le poids du cancer. N’était-ce d’ailleurs pas le but premier
de ce feu de clôture de la 19e saison du concours pyromusical de
Montréal avec un thème bien adapté à cette soirée : Humoresque. Un thème inventé de toutes pièces
pour souligner le 25e anniversaire de Leucan et accompagner les
enfants le temps d’une chanson, d’un rêve d’un espoir.
Une prestation comme le public les
aime: puissante, colorée, scintillante et qui essaimait dans tous les sens
et sur tous les tableaux. Surprenante
avec ces chandelles papillons Panzera de 75mm Un feu qui a surtout joué sur les
changements de rythmes. De bout en bout sous la houlette expérimentée du
concepteur pyrotechnique de la firme Panzera, Pier Paolo Serafino aidé en
préambule de Paul Csukassy de La Ronde, on est passé par toutes les
cadences : tantôt lente, tantôt soutenue, avec humour et sérieux dans un
scénario ininterrompu, à l’exception de quelques rares moments.
En 30 séquences musicales précédées
d’un préambule, les amateurs et la quinzaine d’enfants venus accompagnée de leur marraine, Isabelle
Boulay, qui nous a servi ses états
d’âme, ont assisté à un spectacle époustouflant de variétés et de surprises.
Dès le prélude, le décompte n’était fini que les volcans
jaillissaient sur Comment j’pourrais l’dire (Marie-Chantale
Toupin) Cinq minutes pendant lesquelles toutes les pièces se sont amalgamées et
qu’apparaissaient sur la rive en lettres de feu Leucan.
Le temps de l’habituelle présentation de bienvenue et de
remerciements, on est finalement entré
dans le cœur du spectacle sur des airs de Guillaume Tell au synthétiseur et jodlé (musique tyrolienne) Lentement
des fusées bleues ont grimpé vers le ciel. Rapidement suivies de bombes et
d’une volée de girandoles rouges. Certains passages de cette séquence on
manquait de progression tandis qu’un creux s’est ouvert.
Pendant 30 minutes le public est
passé par toute la gamme de sons et de musiques : des vocalises
tyroliennes (jodler) des cris d’oiseaux, des sons de cloche, des sifflets, des
percussions, des trompettes, le bruit saccadés de l’horloge, le chant du coucou,
un chœur, des orgues et bien entendu la musique de l’OSM. Un répertoire
essoufflant qui rappelait bien des passages
déjà entendus lors du feu de clôture Oiseaux
de feux, en 1995.
Belle incursion à quatre
moments durant le spectacle, de 20 formes de visage avec yeux et bouche
souriante. Notamment sur Faut rigoler, le Boléro, Juste pour rire et Ca fait
rire les oiseaux, De
petits clins d’yeux qui venaient appuyer le ton humoristique à cette soirée
particulière ensemencée de moments magiques pour ces enfants
Durant l’Automne (Quatre saisons)de Vivaldi, un
temps mort a surgi au travers les gerbes orangées et les bombes rutilantes et
blanches en série. Et ces puissantes bombes
qui explosaient si bas du sol,
pourquoi?
Au tiers du feu, dans un superbe départ
parfaitement synchronisé sur la musique d’Horloge syncopée une
profusion de sifflets partant dans tous
les sens a enveloppé le ciel tandis que sur les Rires d’animaux. dont les miaou, les chandelles ont surpris en série, appuyées de soucoupes papillonnantes.
Sur le Final de la 9e Symphonie
Pier Paolo Serafino s’est vraiment amusé à l’italienne avec des fusées
crépitantes rouges accompagnées d’une pluie de cheveux d’ange dorée. Toutefois,
le changement de rythme s’est fait attendre. On conservait des jets de bombes
blanches, vertes, bleues et lilas. Une pré-finale orchestrée comme un bouquet
final à tel point que la musique
devenait inaudible. .Pour une dernière
fois La Ronde a tremblé de tous ses manèges sur le crépitement d’une nuée de
craquelins. Ca pétaradait comme jamais. Pier
Paolo s’inspirait de la
tradition qu’on retrouve à chaque finale
Quand est arrivé le véritable
bouquet final sur Etat d’amour,
Isabelle Boulay chantait sans fond de pièces pyrotechniques. Il aura fallu
quelques secondes avant que le final commence avec des chandelles, bombes
puissantes rouges et volcans. Autre passage lent qui semblait à vide Une apothéose qui a un peu manqué son coup.
Une soirée de rêve qui a réjoui les
amateurs mais surtout les cœurs d’enfants qui s’émerveillaient devant ce scintillement d’étoiles Une soirée qui
éloignait tant soit peu les moments tragiques qu’ils vivent.