Périple vers l’île mystérieuse

 

Une grande fête de l’émerveillement pour cette prestation de clôture de la saison, comme savent si bien maîtriser ces Italiens, véritables tisserands des feux. Une danse de la lumière sur une densité et une luminosité étonnantes de couleurs brillantes et surtout une qualité de pièces qui surprenaient à chaque tableau de ce périple pyromélodique.

Les artificiers de la firme Panzera  nous ont entraînés d’île en île jusqu’à l’île mystérieuse, dans une randonnée remarquable sur une trame musicale en  18 séquences aussi subtiles les unes que les autres, et concoctée par Pierre  Walder.

Une prestation d’une qualité exceptionnelle qui a su  nous faire savourer une à une toutes les finesses et les subtilités de cette péripétie, nous donnant un goût de revenez-y. Un spectacle d’une intensité étonnante ou rien n’avait été laissé au hasard. L’imagination aidant, on voguait d’île en île et de surprises en surprises, sur une mer de couleurs et de mouvements. Avec le duo Séraphin-Walder les spectateurs ont été emportés dans une ronde inépuisable de mouvements de chandelles répétitives, de sifflets, de volcans et de nautiques dans un superbe kaléidoscope. Pas le temps de souffler! Il fallait suivre le mouvement si l’on ne voulait pas perdre le rythme des séquences qui se succédaient à une cadence insoupçonnée. Pour cette dernière soirée  des feux d’artifice, la Ronde fourmillait de la foule d’antan, presque la cohue…

Le départ intriguait avec sa musique étrange Shimauta Omdekoza,  s’ouvrant sur des marrons d’air et des chandelles. Soudain, un immense 200 s’illuminait  pour marquer le 200e feu de La Ronde depuis 1985. Mais ce n’était que le début. Rapidement la cadence s’est imposée. On est passé par une série de ballets de chandelles Panzera qui  n’en finissaient plus de jouer en s’entrecroisant  de gauche à droite et vice-versa.

Quand le voyageur est parvenu à l’île aux oiseaux, des bombettes vertes illustraient avec brio cette nuée d’oiseaux, des  bombes papillons pour l’île des fleurs (Bora Bora) ainsi que des nuées de sifflets pour le Vol du Bourdon. Le clou s’est particulièrement démarqué sur L'île des sorciers (Harry Potter). Sur la structure centrale des rampes, par un jeu de volcans et de pots à feu, se dessinait un imposant volcan rouge  rejetant sa lave. Un jeu qui a connu quelques petits ratés. Par ailleurs, certains passages auraient été mieux servis par une meilleure dispersion de bombes.

C’est surtout le bouquet final qui a donné aux artificiers de Panzera l’occasion de démonter leur talent avec de remarquables subtilités digne des grands maîtres de cet art. Pierpaolo Serafino, encore mal adapté au le système de mise à feu pyrodigital,  optait pour un final complètement différent, cette fois-ci.

Jouant durant quelques minutes sur un final traditionnel. Une imperceptible pause et voilà le début de l’apothéose emmenée par des marrons d’air et de doubles anneaux rouges. Le temps d’un souffle et revoilà une pluie des traditionnelles chandelles dorées Panzera, des bombes  rouges très rondes, des clignotant et des cœurs rouges. On croyait le bouquet terminé que déjà craquelins et bombes  multicolores reprenaient la cadence dans une autre série percutante. Ouf! Il restait le dessert.  Pour nous en mettre plein la vue il avait choisi de terminer par un autre jeu de chandelles et un embrasement total de la Ronde par d’immenses toiles d’araignées monochromes blanches. Une tentative peu commune qu’il avait expérimentée aux jeux de Turin et que les amateurs conquis dès le début ont accueillie par des salves d’applaudissements. Le temps venu de quitter, on voyait des spectateurs encore sous l’emprise de leur exaltation qui ne se résignaient pas. Et finalement quittaient tout imprégnés de leur imaginaire …