<_x0021_Author: GLamon><_x0021_Typist: GLamon>

Des Français magistraux

24 JUILLET 2002

Magistrale prestation des Français de Lacroix-Ruggieri. Du chic français pour une prestation pleine d’émotions. Un bijou d’unité pyromélodique qui a charmé les milliers de spectateurs venus envahir La Ronde par cette autre belle soirée à laquelle s’était joint l’humoriste Lise Dion.

Tout un exploit pyromusical que les Français nous ont offerts pour clore dignement la 18e édition du Mondial SAQ. Des Français lumineux, magistraux. !

Densité et métamorphoses des couleurs, mouvement des effets, variété de pièces pyrotechniques, trame musicale étoffée, jouant à la fois sur la douceur et la puissance, tous les ingrédients s’associaient donc pour une réussite assurée. Une exhibition qui, me , semble-t-il , mérite les grands honneurs de la saison. Chapeau!

Rien n’avait été laissé au hasard par ces maîtres du pyromusical. Ils voulaient ainsi rappeler au jury que leur spectacle n’était pas le fruit de la chance mais avant tout d’un travail soigné, bien structuré et surtout bien conçu. Le tout sur une chorégraphie peaufinée. La seule firme cette saison qui, à mon avis, ait réuni tous les éléments indispensables à un spectacle de qualité. Enfin un pyromusical qui se tient avec un concept bien senti, bien arrimé et s’appuyant véritablement sur un arrangement musical inspiré dans une symphonie de formes et de couleurs, mettant en valeur une panoplie de pièces de bon choix. Des bleus éclatants aux rouges ardents, en passant par les jaunes et les verts pastel. Toute une palette! Piqués au vif par leur éviction du podium en 1999 les Français, derniers concurrents de la saison et non les moindres, se sont repris de belle manière.

Pour ouvrir le spectacle, par mise à feu pyrodigitale, son concepteur, Marc Jaumot avait concocté un scénario mettant en lumière Les six éléments : l’eau, la terre, l’air, l’amour, l’argent et le feu. Le feu qui illustre les couleurs tonnantes et triomphantes.

A leur habitude, les Français n’ont pas manqué d’ouvrir leur exihibition par une présentation éloquente. Depuis le temps, ils ont quand même appris que les Montréalais n’affectionnent pas particulièrement les longues envolées oratoires. Cette fois, nos cousins d’ Europe ont freiné leur élan avec une entrée en matière qui préparait à la compréhension du spectacle annoncé. Quelques petites pièces sur la rive du lac des Dauphins auraient cependant pu servir de toile de fond, histoire de ne pas perdre fil du spectacle. On s’inquiète toujours dès l’apparition d’un trou noir.

Sur la séquence Lord of the Danse, complainte irlandaise mettant en valeur la harpe, un moment superbe de douceur, bombes , cœurs et surtout des chandelles roses ont dansé dans le ciel, s’entrecroisant, se laissant emporter par les notes de l’instrument.

Avec le Pacte des loups le rythme s’est accentué, soutenu par une pluie de petites comètes, des fusées sifflantes, des gerbes, des fusées et de grosses bombes. Quand Hallyday a Allumé le feu, la cadence a repris de plus belle :gâteaux, chandelles, bombes et gerbes rouges ont illustré ce passage très excitant.

Pendant La Dernière tentation du Christ, le son d’un tiroir-caisse a résonné, illustrant l’élément argent. Chandelles, craquelins et myriade de lucioles et d’abeilles ont relevé le tempo. Tout à coup, le son rappelant les pulsations d’un cœur (l’amour) a cadencé la variation du rythme. Pour le passage de La Planète des singes; serpentins, faisceaux de fusées, lumière sur la rive du lac, fontaines, jets rouges et verts scintillants, bombes araignées et soucoupes ont pris la relève. Pendant Allen Ambert une volée de chandelles s’enlaçaient en cadence sur la voix chaude et claire de Nia, sous une pluie d’étoiles et de gâteaux. Finalement, le mouvement s’est achevé surgune chute de cheveux d’ange glissant langoureusement vers le lac.

.Juste avant l’apothéose finale, la délicieuse voix de Enya s’est de nouveau faufilée pendant May it be. Retenant son souffle, on a eu l’impression que quelque part la faille fatidique allait surgir. Heureusement rien pour assombrir cette soirée. Le temps d’un moment très doux et le rythme reprenait ses droits. On a pu admirer de rares lampagos espagnols rouges (style parachutes)- qui ont laissé planer le doute - flotter lentement pendant que des bombes jaune-rouge enveloppaient le ciel. Des comètes vertes se sont alliées aux chandelles qui s’élançaient de droite à gauche de la rive du lac, pour laisser le champ libre aux soucoupes rouges et blanches d’entamer leurs ascencions. Le bouquet final bien dosé s’est conclu sur Suerte, une rythmique latino très enlevante, très envoûtante, interprétée par la chanteuse Shakira, un rythme qui semblait ré-insuffler de la vie. Comme disait Marc Jaumot, A la fin on danse sur le feu.

Sans crouler dans l’orgie coutumière, une panoplie de bombes rutilantes, dorées, grimpant haut dans le ciel, de glycines, chandelles et sifflets ont martelé la cadence de cette étonnante palette bigarrée pour un ultime salut.

Il restera maintenant, comme de coutume, à la firme Panzera e mettre un terme à cette saison avant l’annonce du choix des Jupiters par le jury de douze membres, en présentant le feu de clôture. Un spectacle intitulé La Ronde ensorcelée. Un spectacle signé PierPaolo Serafino et Pierre Walder, en collaboration avec La Ronde.