Un feu poétique dédié à la femme

 

C’est par un spectacle poétique raffiné mettant en vedette la femme: fille de feu, femme d’Afrique, femme de liberté, que les Français de la firme Arc en Ciel ont ouvert la 19e saison du Mondial SAQ. Une de ces soirées radieuses estivales pour ces milliers d’inconditionnels des feux de Montréal qui avaient pris d’assaut La Ronde.

Si cette première de la firme française s’est distinguée par son thème Parfums de femmes - Femmes, je vous aime, on ne peut pas en dire autant côté innovation pyrotechnique. On aurait aimé un peu plus d’originalité, voire de variété dans le choix de pièces. Hélas! Les Français se sont trop souvent cantonnés dans une profusion de chandelles romaines accompagnées de gâteaux. Pièces à l’origine d’un épais mur de fumée âcre et opaque qui enveloppait le lac des Dauphins avec cette odeur de poudre, incommodant passablement les spectateurs. Un spectacle qu’on aurait aimé plus équilibré entre les pièces et les différents niveaux. Certes, les chandelles romaines à chaque tableau - choix délibéré des artificiers français -  se prêtent bien à certains exercices de voltige pyromusicale, encore faut-il en doser leur nombre avec parcimonie.

Un feu honnête sans surprises, laissant libre cours au charme poétique, entrecoupé de narrations chères aux Français. Narrations qui  brisaient maladroitement le rythme du spectacle,engendant de longs trous noirs entre les séquences. Même si, faute de vent, elles laissaient le temps à la fumée de se dissiper. Pourquoi durant cet intermède narratif ne pas avoir utilisé quelques pièces pyrotechniques et ainsi permettre au public de conserver le tempo?De ne pas rompre le charme.

Un spectacle de 35 minutes en sept tableaux sur un répertoire musical varié et recherché qui a toutefois connu quelques moments difficiles: temps morts, trous noirs, manque de synchronisation entre musique et pièces(des pièces continuaient leur envol sans musique)

On aurait bien aimé une plus grande diversité de pièces pyrotechniques, histoire de changer le rythme et le niveau du feu. Pourtant on avait l’impression d’assister â un défilé de diapositives  avec peu de variations dans les effets pyrotechniques. Rien de très original qui démarque les vrais maîtres artificiers. Et encore moins pour l’œil averti…

 Bien sûr, le groupe Arc en Ciel , gagnant du Prix spécial du jury au Concours international d’art pyrotechnique de Cannes en 2000 et du Bouquet d’or aux Nuits de Chantilly(France) en 1998, en était à ses premières armes à Montréal.

Les amateurs ont pu applaudir l’heureux retour du présentateur Michel Lacroix. Le décompte terminé, il annonçait l’interprétation de la Marseillaise par Sandra Campanelli, dont on anticipait déjà une entrée haute en couleur. Tout un choc pour nos cousins français qui ont assisté au massacre de leur l’hymne national. La chanteuse en avait modifié des paroles tout en jouant d’impromptues vocalises. Apparemment elle récidivera pour la Chine, les États-Unis, le Canada et l’Italie…

En revanche, on a pu admirer quelques passages intéressants comme celui de Roméo et Juliette avec une finale toute scintillante et  enveloppante des gerbes dorées.

Sur Riverdance la cadence de la musique a emmené une pluie de chandelles multicolores (bleu, vert, rouge, turquoise) accompagnée une fois de plus de gâteaux. 

 Sans conteste, c’est  le tableau mettant en scène Storm (Les Quatre saisons de Vivaldi)  qui a opéré le plus d’attrait dans cette démonstration. On a pu voir des girandoles et des chandelles qui s’entrecroisaient  accompagnées de fusées sifflantes et de comètes crépitantes virevoltant dans le ciel à un rythme parfaitement soutenu.

Quelques beaux passages doux également dont Lakme durant lequel les cheveux d’ange s’éployaient au son des violons, suivis de mines qui éclataient en gerbes étincelantes sur le lac des dauphins.

Le bouquet final s’est conclu sur un appel à la Liberté pendant que le ciel de La Ronde s’illuminait d’une nouvelle série de chandelles, de bombes, de comètes crépitantes et de fusées sifflantes. Rien du bombardement tonitruant auquel le public est habitué de voir et d’entendre à chaque clôture de spectacle.

Samedi prochain, les Chinois(Hong Kong) nous adressent des Cartes postales de Hong Kong.  Spectacle qui sera conçu par un artificier québécois oeuvrant à Hong Kong, Patrice Guy..Les Chinois, confrontés avec le SRAS, n’ont pu obtenir l’autorisation de venir au Canada.