Si cette première de la firme française s’est distinguée par son thème Parfums de femmes - Femmes, je vous aime, on ne peut pas en
dire autant côté innovation pyrotechnique. On aurait aimé un peu plus
d’originalité, voire de variété dans le choix de pièces. Hélas! Les Français se
sont trop souvent cantonnés dans une profusion de chandelles romaines
accompagnées de gâteaux. Pièces à l’origine d’un épais mur de fumée âcre et
opaque qui enveloppait le lac des Dauphins avec cette odeur de poudre,
incommodant passablement les spectateurs. Un spectacle qu’on aurait aimé plus
équilibré entre les pièces et les différents niveaux. Certes, les chandelles
romaines à chaque tableau - choix délibéré des artificiers français - se prêtent bien à certains exercices de
voltige pyromusicale, encore faut-il en doser leur nombre avec parcimonie.
Un feu honnête sans surprises, laissant libre cours au charme poétique, entrecoupé
de narrations chères aux Français. Narrations qui brisaient maladroitement le rythme du spectacle,engendant de
longs trous noirs entre les séquences. Même si, faute de vent, elles laissaient
le temps à la fumée de se dissiper. Pourquoi durant cet intermède narratif ne
pas avoir utilisé quelques pièces pyrotechniques et ainsi permettre au public
de conserver le tempo?De ne pas rompre le charme.
Un spectacle de 35 minutes en sept tableaux sur un répertoire musical varié
et recherché qui a toutefois connu quelques moments difficiles: temps morts,
trous noirs, manque de synchronisation entre musique et pièces(des pièces
continuaient leur envol sans musique)
On aurait bien aimé une plus grande diversité de pièces pyrotechniques, histoire de changer le rythme et le niveau du feu. Pourtant on avait l’impression d’assister â un défilé de diapositives avec peu de variations dans les effets pyrotechniques. Rien de très original qui démarque les vrais maîtres artificiers. Et encore moins pour l’œil averti…
Bien sûr, le groupe Arc
en Ciel , gagnant du Prix spécial
du jury au Concours international d’art pyrotechnique de Cannes en 2000 et du Bouquet d’or aux Nuits de Chantilly(France) en 1998, en était à ses
premières armes à Montréal.
Les amateurs ont pu applaudir l’heureux retour du présentateur Michel
Lacroix. Le décompte terminé, il annonçait l’interprétation de la Marseillaise par Sandra Campanelli, dont
on anticipait déjà une entrée haute en couleur. Tout un choc pour nos cousins
français qui ont assisté au massacre de leur l’hymne national. La chanteuse en
avait modifié des paroles tout en jouant d’impromptues vocalises. Apparemment
elle récidivera pour la Chine, les États-Unis, le Canada et l’Italie…
En revanche, on a pu admirer quelques passages intéressants comme celui de Roméo et Juliette avec une finale toute
scintillante et enveloppante des gerbes
dorées.
Sur Riverdance la cadence de la
musique a emmené une pluie de chandelles multicolores (bleu, vert, rouge,
turquoise) accompagnée une fois de plus de gâteaux.
Sans conteste, c’est le tableau mettant en scène Storm (Les
Quatre saisons de Vivaldi) qui
a opéré le plus d’attrait dans cette démonstration. On a pu voir des girandoles
et des chandelles qui s’entrecroisaient
accompagnées de fusées sifflantes et de comètes crépitantes virevoltant
dans le ciel à un rythme parfaitement soutenu.
Quelques beaux passages doux également dont Lakme durant lequel les cheveux d’ange s’éployaient au son des
violons, suivis de mines qui éclataient en gerbes étincelantes sur le lac des
dauphins.
Le bouquet final s’est conclu sur un appel à la Liberté pendant que le ciel de La Ronde s’illuminait d’une
nouvelle série de chandelles, de bombes, de comètes crépitantes et de fusées
sifflantes. Rien du bombardement tonitruant auquel le public est habitué de
voir et d’entendre à chaque clôture de spectacle.
Samedi prochain, les Chinois(Hong Kong) nous adressent des Cartes postales de Hong Kong. Spectacle
qui sera conçu par un artificier québécois oeuvrant à Hong Kong, Patrice
Guy..Les Chinois, confrontés avec le SRAS, n’ont pu obtenir l’autorisation de
venir au Canada.