Une toile de maître au firmament
Ces remarquables et
surprenants français ont, une fois de plus, réussi à nous épater par leur
exercice de beauté, d’unité. et aussi de finesse.
Les artificiers de
Lacroix-Ruggieri n’ont pas failli à leur réputation de peintres du ciel. Déployant un immense tableau étalé dans le ciel
de La Ronde ils se sont évertués à nous peindre une grande toile aux couleurs
pastel et beaucoup de dorées. Une admirable occasion de nous démontrer leur
talent reconnu.
Une occasion idéale par cette
soirée estivale des vacanciers, se
prêtant au rassemblement de cette foule
grouillante inondant La Ronde, emportée par une humeur folâtre.
Dédié à Marc Jaumot, le
concepteur émérite des précédents feux Lacroix-Ruggieri, retenu cette année au
pays, les artificiers français, fidèles à leur réputation avaient opté pour un
préambule de près de deux minutes, ouvrant leur feu sur une narration
parfaitement étudiée et soignée de leur spectacle intitulé Le monde entier
se fait son cinéma. Avec les Français
on succombe inévitablement à la tentation de jouer également avec les mots.
Cette fois, la narration d’introduction qui se voulait aussi un hommage à
Claude Nougaro, ne brimait pas les inconditionnels déjà rompus à cette
particularité française.
Par leur programme de 17
séquences, les concepteurs Marc Jaumot et Jean-Pierre Costes, invitaient les amateurs à les suivre dans une tournée à
travers le monde cinématographique, jouant avec brio sur les couleurs, les enchaînements
de musique. Sans faille aucune. Rappelant
toutes les étapes du septième art , qui flirte déjà avec celui que l’on peut
désormais considérer comme le Huitième : l’art pyrotechnique.
Tout au long des 17 morceaux,
les tableaux ont joué continuellement avec une alternance et une synchronisation
de choix, donnant à cette prestation une parfaite constance qui reflétait la
quintessence du mouvement.
Une
grande toile qui a aussi connu de
petits coups de pinceau grisâtres provoqués par une fumée opaque pendant Mission,
qui durant de brefs instants, cachaient
certains tableaux. Fumée, semble-t-il,
causée par l’embrasement de chandelles sur la tour gauche et qui annulait de
surcroît la mise à feu de certaines pièces. La pyrotechnie n’étant hélas pas à
l’abri des impondérables et des ratés techniques.
Dans
l’ensemble, un spectacle de choix, de haute teneur pyrotechnique qui n’a
certainement pas terni la réputation de ces magiciens du feu. Spectacle qui a
joué avec une habileté maîtresse d’alternance et de variations dans les
mouvements et à tous les niveaux.
Quant
à la trame musicale de films, sans être tellement novatrice, elle a cependant
su s’adapter habilement à chaque tableau par l’apport de riches pièces raffinées. Le hasard a voulu que des
musiques du scénario français se soient retrouvées auparavant dans celui des
Hollandais comme : Spiderman, E.T., Le
Cinquième Elément, Pirates des Caraïbes. Et d’autres qui reviennent souvent comme Titanic et Galdiator. Evidemment tout reste
dans l’art d’agencer des pièces et
d’enchaîner ces moments musicaux.
Une technique particulière à
chaque concepteur. On peut néanmoins se demander, compte tenu de l’immense
répertoire musical, comment le choix
musical des concepteurs peut-il être à
ce point si ardu à faire?
Moteur
on tourne! Un départ fulgurant sur James
Bond par un tableau bleu blanc rouge, des mines, des jets de comètes, des
pots à feu et bombes crépitantes ont pris la relève terminant le tableau par
une ouverture de saule pleureur doré.
Déjà on sentait par ce départ
l’assurance d’un spectacle bien
orchestré qui variait immédiatement sur
les rythmes les teintes et l’alternance. Que nous réserverait la suite?
Sur leur grand écran de La
Ronde, les Français nous ont fait leur cinéma en technicolor, Un court métrage
où l’action se déroulait sur un rythme cadencé, passant
de des moments forts pour reprendre
plus doucettement. Ce fut notamment le cas avec Miserere en début de programme, où en seconde partie
sur les nautiques rouges la voix d’un enfant apportait cette légèreté pour assurer la transition. Egalement durant le Peuple migrateur on
assistait à une pause de chandelles croisées qui dansaient littéralement sur
les notes. Pour finir sur une pluie d’ange dorée. Sur Evita, jets nautiques, chandelles et comètes se
sont relayées sur des tons dorés pour conclure par des bombes
palmiers de 100 et 200 mm.
Un
tableau particulièrement attrayant que celui du Dernier Samouraî avec cette pluie de
fusées multicolores en cône, qui partaient à chaque battement de tambour. D’une
des deux tours, des chandelles comètes s’élançaient en vagues tout en s’entrecroisant.. Et ces corbeilles partant
toutes les secondes. Pour se terminer par des chandelles mosaïques à huit coups
et deux teintes. Et enfin des bombes de gros calibres rouges, vertes et
blanches.
Pendant Amistad, musique africaine, geysers, soucoupes or et jets de
chandelles sont entrés en action. Suivis de jets siffleurs, de bombes-abeilles.
Les notes de musique cadençaient l’envolée de chandelles croisées. Finalement
des moulins se sont mis à virevolter sur la rive du lac des Dauphins pour finir
dans une pluie dorée.
En
concluant leur bouquet final sur Batman, les concepteurs avaient choisi un départ en
douceur sur une pluie dorée. Graduellement le tempo a pris sa vitesse de croisière, s’accentuant avec des bombes
abeilles, des chandelles bleu blanc rouge, des bombes de gros calibres, des
fusées crépitantes avec gradation des teintes pastel. Puis soudainement, une immense pluie d’étoiles blanches
brillantes a embrasé toute la largeur
frontale de la rampe en guise de dernier salut
de la France
En
ouverture de programme, M.Pierre Colliot, attaché culturel au Consulat général
de France à Montréal, a tenu à remercier l’équipe organisatrice du Mondial SAQ
, faisant de Montréal l’une des capitales
de la pyrotechnie, pour cette fête
annuelle regroupant petit et grands en quête de souvenirs d’enfance.
Samedi
prochain les Allemands de Weco
mettront un terme à cette 20e saison de feux d’artifice de la
Coupe
du monde SAQ par un scénario typiquement allemand Eau de Cologne.