Des Français audacieux et innovateurs

 

Les Français de Brézac Artifices ont joué d’audace et de maîtrise durant leur troisième participation de haut calibre à l’International des feux Loto-Québec.

On a traversé toutes les époques, depuis la venue de l’homme sur la terre jusqu’à nos jours, un grand saut dans le temps en l’espace de trente minutes. Une rétrospective de  haut niveau Un feu innovateur qui a su faire  vibrer les spectateurs sortis de la torpeur de la canicule et qui  ont manifesté leur enthouisiasme  de tout leur cœur. Dommage que l’humidité ait emprisonné la fumée sur le lac, masquant souvent  l’intensité des coloris.

Une trame musicale en vingt six séquences du concepteur artistique, Frank Ambrico, révélait une recherche minutieuse qui se mariait parfaitement à leur thème L’apparition de l’homme sur la terre…

Dans la lignée des précurseurs de spectacles pyromusicaux, la firme Brézac Artifices a joué avec brio  sur une étonnante variété de produits - sa plus importante jamais employée eau Montréal - provenant de différents fabricants (italiens, espagnols, portugais et chinois)  sur un genre musical très sophistiqué qui ouvrait la voie à d’encourageantes perspectives. Une trame musicale à laquelle s’intégraient  bruits, cris et sons : orages, cascades, d’eau, vagues, chants d’oiseaux, barrissements, rugissements de dinosaure et de tigre, avion, voiture camions et fusées entre autres. Des bruits souvent inaudibles. Était-ce un problème technique ou le vacarme des bombes?

Dès les premières notes de Therminator les pots à feu et les volcans n’exprimaient pas ce violent choc de l’écrasement d’un météorite sur la terre qu’on devait illustrer. Davantage de punch n’aurait-il pas été plus approprié?

              Au tiers du spectacle  à l’époque égyptienne (Belly Dance)  l’équilibre s’est véritablement manifesté par le truchement un ballet de pots à feu et d’un remarquable quadrillage de chandelles  illustrant les pyramides. A l’époque de Louis XIV (Marche funèbre)  les pots à feu symbolisaient  les fleurs de lys  sur le lac, appuyés par des palmiers. Le doré illustrant le faste de la Cour.

On est entré de plain-pied dans la Première guerre mondiale via le  Docteur Jivago. Des comètes  par saccades soutenues et  martelées nous plongent  sous les  rafales de mitrailleuses.

L’horloge du temps nous conduit vers le monde industriel. Un impressionnant passage  sur un tir cadencé de volcans, de pots à feu  et une série de bruits de la vie urbaine : camions, marteaux piqueurs, métro.

Avec Cosmos on entre dans l’ère de la conquête de l’espace  incarnée par une soucoupe s’élevant dans le ciel et suivie de bombes se faufilant dans tous les sens  et des anneaux simples. On navigue dans une galaxie ou les météorites s’entrechoquent. Le danger guette!

Sur la séquence  de l'Odyssée de l’espèce prélude à la finale, quelques comètes personnifiaient le décollage d’un avion tandis que sur le démarrage  en trombe de la Formule Un, un habile croisement horizontaux de fusées au ras de l’eau épatait tout à coup,

Le bouquet final, un joyau de finesse et d’élégance!  Un fastueux embrasement créé par des bombes araignées, et kamuros, des marrons d’air et des nautiques et enfin par  une série de croisements de chandelles monochromes dorées qui traduisaient l’espoir et la paix. Heureusement  chez les Français la présente réalité chaotique s’incline devant le rêve…

Malheureusement  un écran de fumée opaque est venu  quelque  peu assombrir ce baissé de rideau idyllique.

En 2004 Brézac Artifices  avait présenté un spectacle du même genre  et remporté la palme d’or au Festival de  Cannes. Et Dominique Brézac, président de la firme  familiale, n’en démord pas : il est venu à Montréal pour remporter le Jupiter d’or.

Famille bordelaise installée en Dordogne en 1964, Brézac Artifices se spécialise uniquement dans la production de spectacles pyromusicaux.

Mercredi la firme Foti International Fireworks d’Australie,  Jupiter d’argent en 2001 et dernière concurrente de la saison, nous invite à une soirée au Théâtre du feu.