Le
drame de l’amour et de la mort
La foule
record des beaux jours de
D’emblée
une présentation (30 secondes) de Roméo et Juliette orientait les spectateurs
vers cette tragédie romantique ou
l’amour et la mort s’affrontent. La scène était en place pour vivre un
grand moment dans ce théâtre de plein air.
Les
artifices français de Féérie se sont
appliqués à produire une démonstration fignolée et très recherchée,
remplie de dénouements et de surprises. Un scénario qui se tenait parfaitement,
illustré par une trame sonore minutieusement synchronisée et une diversité de
pièces.de qualité. Spectacle que le concepteur Joel Hamon décrit fièrement
comme une chorégraphie pyromusicale.
Un départ
impeccable sur les premières notes
d’une musique baroque et très
rythmée(Rammstein). Surgit un cœur rouge-rosé aux ailes dorées qu’heureusement la fumée ne venait pas
masquer. Même un croissant de lune s’invitait
dans ce décor.
En une quinzaine de séquences Joel Hamon
nous imprégnait de l’histoire tragique de ce couple réputé. Nous faisant
découvrir petit à petit à la fois les moments heureux et tragiques de ce drame
shakespearien.
Une
prestation qui s’est jouée à un rythme cadencé mais qui savait aussi intercaler
des passages doux comme The Lovely Shepherd
sur une musique langoureuse de Zamfir
tout comme celle de Concerning Hobbits (Seigneur des anneaux).
Certains
moments particulièrement entraînant
durant le Bal avec Primi Baci –Polka a Alfred
Mourret apportaient un peu de pétillant dans la progression des
séquences.
Deux
moments également sublimes :
l’apparition du cœur ailé en début de
programme et celle du codeur transpercé qui éclate dans la scène de
God's Creation, symbolisant la mort de Roméo sur ces mots Je
meurs!
Des
bruitages en trame de fond tout au long du spectacle, cloches, chants de coqs,
battements de cœur et voix
complétaient le déroulement des
séquences. Une démonstration parfaitement synchronisée qui n’a d’ailleurs
souffert d’aucun temps mort
Quelques
petits points faibles sur lesquels on pourrait se questionner. Notamment le
passage Ode a Mercutio (au moment où
Roméo tue Tybalt). Le texte anglais aurait pu être abrégé sans offusquer les
amateurs de Shakespeare. Dans les chaumières du Québec on ne récite pas souvent du Shakespeare.
Le
passage moins concluant pendant Don
juan ou Roméo est chassé de Vérone, on s’attendait à plus d’intensité de pièces.
Les
Français ont joué à profusion avec les chandelles et les jets siffleurs, les bombes en
pluies d’ange dorées. Chaque tableau
comportait son lot de chandelles tantôt croisées tantôt droites tantôt en rase
motte stout comme ses bombes tressées d’or. Une diversité qui faisait partie
d’une panoplie de produits provenant de sept fournisseurs différents : espagnols,
italiens, chinois, français.
Le bouquet
final éclate sur l’imposante musique de Moulin
Rouge. Une projection de jets de
chandelles vertes qui faisaient du ras
motte sur le lac. Venaient ensuite les pluies dorées et une myriade de
chandelles croisées, de stroboscopes et de jets siffleurs. Pour se clore par un
embrasement multicolore de bombes de
jets siffleurs et de marrons. Une finale
ou l’on soupçonnait la résurrection de Roméo et Juliette par leurs rires et leurs explosions de joie.
Pour leur
première à Montréal l’équipe de Féérie
a choisi une chorégraphie pyromélodique déjà éprouvée en partie à Cannes.
Spectacle qui lui a valu le Vestale d’or l’an dernier. David Hamon , précisait la
veille du feu avoir repris cette
fois le spectacle dans
son intégrité d’origine pour
Montréal uniquement.
Cette
équipe d’un nouveau genre a apporté dans ses bagages le talent, l’expertise et le sens inné du
spectacle. On y décelait toute la sensibilité et l’émotivité du concepteur
artistique. Joel Hamon a donné à l’art
pyromusical ses lettres de noblesse. Ils ne sont pas légion les concepteurs
compétiteurs à Montréal qui s’appliquent à bâtir un scénario serré et peuvent le mener avec
succès.
Le feu
pyromusical devient de plus en plus un
art qui se développe grâce à de nouveaux
produits et des agencements plus originaux. Encore faut-il y consacrer le talent et la créativité pour faire ressortir l’imaginaire du
concepteur
Spécialiste
des chorégraphies pyromusicales la firme Féérie a su donner
l’élan indispensable pour combler l’enthousiasme débordant des
spectateurs. Nous avons toujours eu l’habitude de présenter des spectacles à
thème, insistait David Hamon, concepteur pyrotechnique du feu de Montréal
Comme les
artificiers de la plupart des firmes compétitrices les Français, eux aussi, ont du composer avec
un temps exécrable et redoubler d'efforts pour l’installation de leur feu.
Vendredi, sur
les rampes la pluie s’était remise de la
partie, retardant la mise en place des pièces. Ce qui faisait dire à un membre
de l’équipe de Féérie, Luc
Caillot : c’est un vrai temps de Bretagne. La firme est en effet installée
à Nantes, en Bretagne.
Huitième
et dernière concurrente de cette saison
la nouvelle firme allemande IP ( Matthias Lunig –Joachim Berner ) invite
les spectateurs à vivre L’émotion
inoubliable d’un feu d’artifice hors de l’ordinaire. Lunig père aujourd’hui âgé de 85 ans a déjà
remporté plusieurs Jupiters à
Montréal (1985,1988 et 1989); il
suit toujours de près les compétitions