Hier soir (3 juillet) La Ronde s’était transformée en un gigantesque cinéma plein air par une de ces chaudes soirées estivales. Les extraits musicaux choisis parmi les plus célèbres s’accompagnaient d’une chorégraphie pyrotechnique qui ajoutait de l’ampleur et du merveilleux à cette prestation helvétique de Bugano SA. Au rythme des chandelles romaines Panzera à profusion et des bombes taiwanaises les artificiers ont charmé une foule record enthousiaste .Certes , de belles chandelles italiennes chatoyantes et des bombes aux figures élégantes mais qui , par leurs envolées répétitives, devenaient souvent monotones . Heureusement, quelques passages intéressants et fort appréciés du public, comme l’illumination du lac des Dauphins par des bombes nautiques blanches dans une impeccable rangée ainsi que le déploiement d’anneaux et de papillons sur « Flashdance » ont permis de raviver le mouvement. Les spectateurs admiratifs ont particulièrement apprécié des parachutes, pièces pourtant interdites à Montréal depuis quelques années. Toni Bussman avait choisi d’alléger chacun de ses huit tableaux par un temps mort (un trou noir) d’une dizaine de secondes, pour, disait-il ,laisser les spectateurs respirer un peu . Les spectateurs en ont profité pour laisser éclater leur admiration , par des chauds applaudissements . A mon avis ,une solution facile que la plupart des firmes réussissent à contourner par diverses subtilités. Les Montréalais avides de feux tolèrent mal les trous noirs, même brefs. Pas question de perdre le contact avec le spectacle. On doit maintenir un feu roulant de trente minutes. Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit avant tout d’une compétition internationale en plus d’une grande fête. Quant aux liens entre chaque tableau, ils étaient presque inexistants et la synchronisation plutôt faible. On a assisté à un défilé de séquences musicales qui formaient vraiment huit tableaux différents. Un spectacle de compétition doit nécessairement former un tout, bref être bâti sur un scénario. Le final sur Titanic avec notre idole Céline a conquis tous les cœurs. Croisement de comètes scintillantes, des pluies de cheveux d’ange or savamment nuancés ont émerveillé le public sans le bousculer avec les habituels bombardements. Les Suisses nous ont présenté un spectacle d’envergure bien cadré sans pour autant apporter la touche d’originalité qui fait les gagnants d’une grande compétition. A noter que le prochain spectacle sera présenté le dimanche. Ce sera au tour des Espagnols d’Igual de nous emmener dans « Un voyage de la Catalogne à l’Amérique ».