Bienvenue sur Alphaville
Les Hollandais de JNS Pyrotechniek ont prouvé, comme en 1995, par leur démonstration créative, qu’ils savaient manier habilement l’art pyromusical avec une subtilité surprenante.
Mercredi, ils ont entraîné les fans de science-fiction dans un voyage sidéral, ouvrant toute grande la porte des étoiles aux rêves les plus fous de l’imaginaire. Un spectacle bien structuré qui les a d’ailleurs tenus en haleine du début à la fin
Un décor galactique, une trame musicale extraite essentiellement de films de science-fiction et l’apport de deux tours de 28 mètres agencées avec des pièces pyrotechniques, tout était en place pour un voyage dans le monde imaginaire futuriste. Que les plus jeunes, férus de grandes aventures cosmiques ont certainement beaucoup apprécié. Certains sans doute n’y trouvaient pas d’affinités.
En avant-première, le consul général des Pays-Bas à Montréal, M.Albert Moses, a invité le public sans artifice à ouvrir son esprit à ce prodige pyrotechnique hollandais et d’en jouir.
La synchronisation, savamment orchestrée, tombait à point à chaque instant, une fois le décompte terminé, notamment. sur l’introduction particulièrement réussie de Close Encounters Quant au thème lui-même, Invasion de couleurs, il ne cadrait absolument pas dans le décor sidéral, plutôt axé beaucoup sur les couleurs métalliques blanc-argenté. Une qualité des couleurs qui n’a certes pas été la meilleure performance des Hollandais en comparaison des Italiens et des Espagnols.
Pendant trente minutes, ils ont fait vagabonder la foule de spectateurs sur des moments étonnants, parfois étranges, les plongeant dans un monde fantastique qu’ils n’étaient guère habitués à emprunter. Dans un scénario de science-fiction où de brèves narrations jouant à la fois sur le cinéma : Vous entrez dans Alphaville défense de fumer à tous les niveaux, merci de votre coopération ! (Introduction), l’humour avec La marche des cadets et ce coup de téléphone inopiné annonçant Superman, ont permis de dérider les plus rébarbatifs. Un humour sur lequel aime jouer le concepteur Hein Hofmeester. Incursions qui, à certains égards, contrastaient avec cette musique parfois dissonante.
Les fans des films de science-fiction ont été servis à souhait avec la panoplie d’extraits de la Guerre des étoiles, Star Trek, Superman, Le Cinquième élément, E.T. et des Pirates des Caraïbes, plongés en plein univers cosmique. A l’ère d’un vaisseau spatial atterrissant sur la mégapole Alphaville (Montréal ville futuriste) .
Qu’importe, l’imaginaire aidant, tout était en place pour entrer dans l’espace futuriste, notamment avec les deux tours de 28 mètres de hauteur qui ont joué un rôle de premier plan à chacune des séquences du programme. Servant de rampes de lancement, au départ de lumières clignotantes et stroboscopes , tantôt de banales petites comètes chinoises, propulsées comme une mitrailleuse.
Le départ lent, bien amené et parfaitement synchronisé sur les notes de piano saccadant des stroboscopes, a rapidement accru le tempo avec un éclatement de comètes multicolores sur le lac, emportées par des roues se déployant en un surprenant éventail. Accompagnés de chandelles vertes, rouges et blanches, de bombes abeilles et de gâteaux aux coups saccadés. Déjà on savait à quoi s’attendre. Il était 24h17 océaniques quand j’arrivais dans les faubourgs d’Alphaville, annonce le commandant du vaisseau. C’était le départ de la grande aventure spatiale en pleine guerre des étoiles.
Petit à petit le rythme a pris sa vitesse de croisière ne laissant aucun répit aux mouvements et aux turbulences. Sans attendre, on entrait dans le monde futuriste de Montréal (Alphaville) Tout s’enchaînait : chandelles, bombes araignées, gros calibre (300 mm) ,volcans, craquelins, Pendant les séquences de L’Invasion des Aliens - l’atterrissage prévu du vaisseau spatial sur Alphaville a soudain manqué son but, faute d’éclairage - et Robotics les gros calibres, les mines formant des vagues et les croisements de comètes mono-coups ont repris le rythme du spectacle qui avait pris son essor plutôt calmement, pour augmenter le tempo sur une poussée de puissance.
Heureusement le public a eu droit à deux séquences plus reposantes comme Interlude Lyrique I et Interlude Lyrique II à mi- programme, où au son de la flûte, les fontaines et chandelles et les serpentins entraient dans la danse, suivies de comètes mono-coups s’échappant de la tour en s’entrecroisant.
Pour mener à bien sa démonstration Hein Hofmeester avait tenu compte de tous les niveaux : lac, mi-hauteur et hauteur, dans un ensemble ouvert à toutes les possibilités.
Après une demi-finale sur la musique très saccadée des Pirates des Caraïbes et des bombes de 300 mm aux teintes de bleu et vert, bombes à doubles anneaux et à anneaux croisés, des chandelles et des gâteaux chinois et en dépit d’un bref temps mort, on entrait déjà dans le bouquet final. Et pourtant l’on n’avait encore rien vu!
Pour conclure, le concepteur avait opté pour la musique de E.T
(Williams)- sa fuite - par un départ
léger bien senti sur des notes de piano. Sur le lac des Dauphins, des saxons
blancs ont ouvert la voie aux gerbes, aux gâteaux, aux craquelins. Soudain la
cadence s’est emballée par l’entrée en scène de gros calibres explosant parfois
à mi-hauteur et de comètes grimpant désordonnées, s’associant aux jets
siffleurs aux chandelles lancées d’une des deux tours et aux volcans sur la
rive du lac. Puis on retombait véritablement dans le bouquet final habituel :
extravagant et fracassant. couvrant entièrement le ciel de pluies de cheveux d’ange dorés et de bombes blanches
de 300 mm dont certaines éclataient à mi-hauteur. Enfin un étonnant éventail de
jets en forme de queue de paon et finalement une bombe s’ouvrant en pluie
verte,
Dans les trente dernières secondes, le spectacle s’est conclu sur la voix d’Arnold (Terminator ) qui a lancé : I’ll be back! .Un clin d’œil vraiment fortuit pour les amateurs étonnés qui l’on entendu, avant de sombrer une ultime fois dans un bombardement démentiel.
Par leur habileté à agencer un spectacle sur une musique sidérale très rythmée, ils ont démontré que l’art pyromusical passe aussi par l’audace et le dépassement. Une aventure qui ne passe pas par la facilité, certes, mais qui aboutit parfois à des résultats insoupçonnés. Peu de concepteurs de pyromusicaux osent s’aventurer dans cette voie qui demande quand même une parfaite maîtrise du scénario et un agencement musique-pyrotechnique-synchronisation. Même si le sujet de science-fiction semble à priori plutôt facile
La bande sonore très rythmée s’harmonisait parfaitement au programme, donnant libre cours à cette combinaison audacieuse qui a assuré le succès de leur prestation. Coté pyrotechnique les pièces choisies se mariaient bien sur le scénario. Pourtant on aurait souhaité moins de répétitions de bombes de 300 mm surtout, de chandelles et de soucoupes parfois hésitantes dans leur ascension. Une qualité de pièces qui n’égalait pourtant pas celles des artificiers espagnols de Igual et Vicente Caballer et des Japonais de Marutamaya.
Samedi, les artificiers de Sunny International Co. Inc nous invitent à nous imprégner de
culture chinoise avec Dragons et Papillons.