Une belle prestation malgré quelques ennuis techniques
GEORGES LAMON


Guigne ou faiblesse de préparation?. On est en droit de se poser la question à la suite du spectacle italien des Soldi, dimanche à La Ronde pour ce 15e International Benson & Hedges. Un faux départ qui a certes laissé tout le monde pantois. D’autant qu’il s’agissait d’une première dans l’histoire des feux en 15 ans. Tout concordait pourtant à faire de cette belle soirée, la soirée italienne et l’année Soldi. Il aura fallu un faux départ, « à cause d’ennuis techniques » pour que tout soit remis en question, dommage car le choix des pièces et de la trame musicale concordaient à merveille pour un spectacle de haut calibre. D’autant plus que les Soldi, forts de leurs mauvaises expériences passées, avaient misé sur un feu plus consistant, sur une trame sonore bien agencée, pour offrir au public le meilleur de leur fabrication. Pourtant si l’on excepte ce faux départ et d’autres lignes qui ont simplement été coupées en cours de démonstration, on doit constater qu’il s’agissait de la meilleure prestation que les Soldi aient présentée jusqu’ici . Car il faut l’admettre, une fois les difficultés surmontées les Italiens se sont repris de belle façon à la grande joie du public, perplexe et déçu de ce début déroutant. Dès le deuxième départ sur Nessum Dorma interprétée par Pavarotti, la rive du lac s’est embrasée de rouge par le truchement de volcans .On se sentait emporté par un élan de soulagement et d’enthousiasme. Et que dire de ces pièces de très grande qualité, comme ces éventails qui ont couronné le lac des Dauphins dans la séquence de Belle (Notre-Dame de Paris) dans un final parfaitement orchestré et agrémenté de grosses bombes multicolores! Fait à noter les enchaînements des extraits musicaux orchestrés par Pierre Walder offraient toutes les possibilités à cette prestation. Sur Titanic , encore une fois, on a pu admirer une nuée de lucioles blanches qui a enveloppé le lac des Dauphins dans toute sa grandeur. Avec Pavarotti sur Torna a Sorriento, un départ fulgurant de fusées sifflantes puis des jets en forme d‘épi(Spigna) et des cassetta infernale (48 pièces qui partent presque en même temps) nous a littéralement transporté. Le lac s’est de nouveau embrasé. Ici un autre temps mort avant le déclenchement des moulins et des jets. Des ratés imputables, cette fois, au câblage de mise à feu. Mais sur Con te Partiro avec Bocelli-Brigthman, on a été emportés au bord du lac illuminé pendant que des chandelles or et des girandoles emplissaient le ciel. Vraiment le plus beau tableau de cette prestation. Un feu qui a aussi su jouer sur tous les tableaux : bas (lac), à mi- hauteur et haut. Sur le bouquet final avec Cher l’enchaînement hors pair a quelque peu dissipé la déception de certains amateurs qui ont néanmoins applaudi chaleureusement ces maîtres de la couleur dans la présentation de belles pièces(volcans, éventails, épis et bombes) Une bonne concentration de pièces avec un peu trop de marrons, mais aussi un grand nombre de grosses et belles bombes aux couleurs chatoyantes et multicolores. Enfin le bouquet final assez imposant et déferlant merci! a toutefois redonné confiance au public. Hélas! ces quelques ratés pourraient coûter sûrement aux Italiens une place sur le podium. Il n’en reste pas moins que dans l’ensemble ce fût une soirée à l’italienne qui a su charmer petits et grands. Mais le jury, lui? - 19 juillet 1999.