_x0021_Author: GLamon><_x0021_Typist: GLamon>
Superbe exhibition italienne
21 juillet 2002
Quelle superbe prestation que celle de la firme italienne Soldi! Une exhibition bien dosée, bien équilibrée, emmenée par une variété de pièces de leur cru et d’une synchronisation fignolée. Les artificiers Soldi n’ont rien perdu de leur élégance ni encore moins de leur savoir-faire.
Leur spectacle Aquarius, étalé en 14 tableaux, a malheureusement été terni - comme en 1999 - par des défectuosités dans le système de mise à feu électrique ( indépendantes de la volonté des Italiens ) Ennuis techniques qui ont brisé le tempo et nui considérablement au départ de certaines pièces en alternance, tout en rompant rapidement le rythme du spectacle. Il y avait dans ce feu tous les ingrédients nécessaires à un spectacle de premier choix.
Un arrangement musical particulier, bien cadencé, comportant musique New âge, disco et techno, qu’accompagnait une panoplie diversifiée de pièces pyrotechniques fabriquées dans leur petite usine florentine. On y retrouvait : bombes, mines nautiques, anneaux, gâteaux, fontaines, chandelles, serpentins, pots à feu, feux de Bengale, superbes queues de paon, bombes à multibris avec changement de couleurs et surtout des effets spéciaux (soleils et anneaux ) . Dommage ces trous noirs, car cette fois encore les Soldi avaient misé sur un feu d’envergure, emporté par une trame musicale très rythmée, arrangée par Pierre Walder (concepteur musical des feux Panzera ) Une musique qui personnellement ne m’a guère inspiré ni emballé.
Nous avons voulu faire un test pour vraiment nous sortir du moule ordinaire de la musique que nous utilisions habituellement pour un feu, m’avait expliqué la veille, Fulvio Soldi. Il fallait vraiment adopter un autre style de musique que les Montréalais connaissent et aiment. Hélas, certains temps morts et un manque de pièces justement imputables à ces ennuis techniques se sont inopinément glissés dans le programme. Le jury tiendra-t-il compte de ces ratés? Toujours est-il que la direction du Mondial SAQ s’est donc vue dans l’obligation d’en aviser officiellement le jury, par écrit.
Pour leur neuvième participation à Montréal, les gagnants du Jupiter de bronze 1995 ont, comme d’habitude, su exploiter de main de maître les trois niveaux : rive du lac, mi-hauteur et hauteur. De tous les concurrents, jusqu’ici, ils sont les seuls à avoir su mettre en valeur avec brio le lac des Dauphins par des pièces de choix aux effets remarquables comme ces rideaux de fontaines blanches et de feux de Bengale rouges.
Qu’il suffise de penser à ce ravissant passage de Let the sunnite in où les jets de comètes blanches rasaient et rebondissaient sur le lac, suivis de bombes nautiques, pendant que des papillons virevoltaient à mi- hauteur. Pour finir par des soleils et des bombes chatoyantes rouges. Avec l‘élégance, la fierté et la passion de ces petits artisans, les Soldi s’en sont donnés à cœur joie, redoublant de prouesses pyrotechniques qui ont ébahi les spectateurs nombreux en cette superbe soirée estivale Dès le départ avec le décompte de Robert Charlebois, tout concourrait pour un spectacle de bon aloi, comportant des pièces de grande qualité. De grosses bombes ont ouvert le spectacle avec une brève présentation sur Sanza (Cirque du soleil), entrelacées par des chandelles et des panaches de feu.. Pendant Stradiot on the art, les gâteaux ont jailli de la rive, entraînés par des jets de chandelles entrecroisant. Tout à coup, deux grandioses anneaux se sont illuminés comme des soleils. Un passage très savamment illustré.
Vers le milieu du spectacle, sur Tout est bleu le ciel a viré tout entier en bleu par le biais de chandelles et de bombes qui auraient gagné à davantage de vivacité. La plus raffinée des séquences fut sans aucun doute Alone qui a fait surgir majestueusement des queues de paon juchées sur le tour au milieu de la rampe trois. Un pur ravissement qui a surpris et enthousiasmé les amateurs soulagés et qui en redemandaient, en dépit des certains passages à vide. L’enchaînement s’est fait sur une suite de pièces clignotantes qui ennuyaient à la longue, tout autant que la séquence interminable d’éclatements de marrons. Il a fallu attendre Calma, sur des notes de piano, la plus courte des pièces, pour qu’enfin on puisse apprécier un peu d’accalmie. Ouf!
A l’approche du bouquet final, pendant Child, une volée de serpentins a jailli comme d’une boite à surprise, suivis de fusées crépitantes et de bombes rouges, tirant sur l’orange. La cadence a vite repris sa vitesse de croisière sur la musique techno vers l’apothéose Fable avec de grosses bombes italiennes aux teintes éclatantes, des marrons - trop à mon avis - et des clignotants. Sur un crescendo qui s’est bien adapté au genre de musique très rythmé et le déferlement habituel où toutes les pièces étaient mises à contribution. Chandelles argentées, fusées crépitantes, fusées sifflantes, bombes multibris aux couleurs italiennes évidemment, bombes déployant des cheveux d’ange dorés. Un bouquet final que tous ces grands magiciens de la poudre affectionnent.
Mercredi les Français de Lacroix-Ruggieri mettront un terme à cette 18e compétition en présentant un spectacle réunissant les Six éléments: L’air, l'eau, la terre, l'amour, l'argent et bien sûr le feu. Tout un programme en perspective…