Des Japonais inspirés

 

GEORGES LAMON

 

Un feu imposant qu’ont présenté les Japonais de Marutamaya Ogatsu, mais qui ne fera certes pas  progresser l’art pyromusical. L’originalité, tant et tant de fois réclamée chez les compétiteurs, a vraiment manqué de souffle.

Pour son retour à la compétition, je m‘attendais à mieux de la part de Marutamaya Ogatsu, pourtant réputé pour ses magnifiques bombes tout en rondeur et aux couleurs étonnantes.Il semble éprouver des difficultés à s’adapter à la compétition. Un feu qui ne  figurera pas au podium.

Etonnamment les artificiers de Marutamaya Ogatsu ont présenté un spectacle bien ficelé, bien rythmé mais pas à la hauteur de leur talent : il y manquait cette touche qui démarque les grands compétiteurs.

On sentait bien dans cette prestation que les pièces pyrotechniques primaient sur la musique. Bien sûr, M. Ogatsu l’a souvent répété : si on apprécie un feu d’artifice emporté par de grosses bombes, la musique est superflue. Un point de vue que je peux difficilement partager.Entre le Japon d’hier et d’aujourd’hui, thème que Marutamaya voulait exploiter,  il y manquait l’enchaînement qui développait  cohésion et unité. Beaucoup trop de pauses voulues entres les morceaux.

Dès le départ,  un Bang nous a mis d’emblée dans le coup.  Puis ,au fur et à mesure du déroulement du feu, des belles pièces inondaient le ciel : anneaux de Saturne, cœurs,  papillons, fusées crépitantes et ce petit bonhomme souriant. Toute une panoplie accompagnée de grosses bombes et de belles chandelles espagnoles.

 Astucieux ce morceau court de Technopolice, bien rythmé de musique techno rappelant les sons du jeu Nintendo. De beaux passages très mesurés  aussi sur la Rhapsodie pour orchestre(Toyama) et Sous le tonnerre et les éclairs(Strauss).

Sur la musique d’André Gagnon, des volées de chandelles espagnoles à profusion rappelaient la chorégraphie chère à Giovanni Panzera On aurait souhaité un choix de pièces légères sur ce morceau. Que venaient  faire ces bombes- parachutes (lanternes) vers la mi-spectacle?  Toujours  interdites à cette compétition.Un malentendu apparemment.

 Cependant, hier soir, malgré un temps incertain à peine 11000 amateurs – une des plus petites foules enregistrées - s’étaient donné rendez-vous à La Ronde pour ce premier feu de compétition de la saison. Au grand bonheur des amateurs, la pluie incessante de la journée et qui avait transformé les rampes de lancement en vrai bourbier, a fait place à un soleil radieux en fin d’après-midi.

Vers la finale on a pu admirer une chute  illuminant  le lac des Dauphins sur toute sa largeur.Malheureusement la fumée et l’humidité sont venues tout gâcher : les chutes se sont enveloppées d’un immense écran de fumée, masquant  la vue. En plus des débris retombaient à profusion du côté des gradins de la presse.

 Une  finale toutefois travaillée et dosée, bien amenée par un choix de pièces aux couleurs chatoyantes : pas de bombardement en règle, cher à la grande majorité des concurrents. Même si les spectateurs aiment être surpris et emportés par ces débordements ultimes et explosifs.On aurait souhaité un peu plus d’inspiration  e la part de ces magiciens des grosses bombes. Histoire de nous rappeler que ces chorégraphes de grandes démonstrations savent aussi bien étonner les amateurs.