_x0021_Author: GLamon><_x0021_Typist: GLamon>
Un feu japonais sur une vision poétique
15 juin 2002
Le temps pluvieux et humide de samedi soir n’aura pas empêché les artificiers de Marutamaya d’offrir aux inconditionnels des feux d’artifice un intéressant spectacle d’ouverture de cette 18e saison du Mondial SAQ, Les feux d’artifice de Montréal. Ces mêmes Japonais avaient inauguré la saison 2000.
Pour sa septième participation à ce concours international, la firme Marutamaya Ogatsu avait, comme d’habitude, apporté dans ses bagages son arsenal de pièces de qualité aux couleurs vives et aux tons pastel qui a fait sa réputation : bombes de gros calibre (chrysanthèmes), bombes nautiques, chandelles et œufs de dragon à profusion, anneaux de saturne, araignées et papillons. Un spectacle bien monté dans l’ensemble mais qui a néanmoins fait appel à des séquences répétitives avec la sur- utilisation de volcans, de fusées et de stroboscopes qui se déployaient de gauche à droite. N’apportant rien de très original au spectacle et finissant même par lasser.
Pourtant, dès le départ de ce 152e feu depuis 1985, tout concourrait à une soirée particulièrement difficile avec cette pluie, omniprésente, capricieuse, déprimante et un départ retardé de 15 minutes. Tout d’abord le présentateur, Michel Lacroix - que les amateurs n’entendront plus qu’à la clôture des feux - avait annoncé un retard de cinq minutes, puis dix autres supplémentaires. Les ennuis techniques pour l’installation de la grue, finalement réglés, on a pu entrer dans le coeur du spectacle avec la présentation en fançais : Les quatre saisons.
Les représentants du pays du soleil levant avaient opté pour un scénario simple, comme le précisait M. Ogatsu, président de la firme. Un scénario en dix tableaux, évoquant la vie quotidienne japonaise à travers les saisons, animé par des musiques traditionnelles japonaises dans une vision poétique(Waka). A l’exception du final emporté sur la musique grandiose de 1812 de Tchaikovski. Des musiques cadencées et bien rythmées tantôt douces tantôt emportées. Certes, le public montréalais n’est guère familier avec la culture et la musique japonaises, sans pour autant être indifférent.. Il sait apprécier l’effort de ces chorégraphes de la pyrotechnie.
On est entré dans le printemps sur une musique très douce (piano) de Yukihiro Isso avec des tirs cadencés d’œufs de dragon et des faisceaux de fusées. Papillons et volée de fusées vertes ouvraient la voie aux grosses bombes. Ici on aurait apprécié un peu plus de diversité dans le choix des pièces que des stroboscopes et des chandelles
Le passage à l’été s’est enchaîné avec l’écoulement de l’eau et le chant des oiseaux à un rythme bien agencé. Tout à coup le las des Dauphins s’est illuminé animé par des stroboscopes. Des jets de fusées jaillissaient de la rive du lac, cachées par un mur de fumée opaque et tenace. L’absence de vent empêchant le public de bien apprécier le déploiement des pièces. Bonne musique cadencée sur le rythme soutenu de pièces pyrotechniques.dont des grosses bombes aux couleurs variant du bleu au vert et du blanc au rouge.
Pour imager l’automne, Marutamaya avait choisi des fusées et des bombes brasillantes laissant échapper des paillettes comme autant de feuilles tombant de l’arbre pendant que des moulins hésitants tournoyaient sur la rive. Pourquoi ces séquences surutilisées de volcans et de fusées qui partaient de gauche à droite ? Séquence réglée par le répétitif ordinateur (pyrodigital). Et qui lassaient à la longue. On aurait souhaité un peu plus de variations de la part de ce spécialiste japonais.
. Au son du tambour, les feux de bengale clignotants ont craché leurs flammes suivis de très grosses bombes. Des flashes comme des coups de canon ont craché leur flamme en cascade.
Avec l’arrivée de l’hiver, la narratrice rappelait : J’ai vu l’hiver sur la cime du mont du Fudji tout immaculée tomber. Pour imager ce passage, Ogatsu avait choisi des serpentins et des sifflets appuyés par des araignées et de grosses bombes finissaient en grappes de mille et une étoiles blanches et scintillantes, rappelant la neige.A un moment donné une guirlande s’est illuminée pour personnifier le mont Fudji, malheureusement le deuxième versant est demeuré dans la pénombre.
Sur le bouquet final, Ogatsu avait choisi d’emmener le public au son
d’une oeuvre puissante et éblouissante 1812 de Peter Tchaikosski.
Ne lésinant ni sur le nombre de bombes ni sur les couleurs. Tandis que
d’étonnantes bombes nautiques embrasaient le lac des dauphins dans
une panoplie de couleurs, de superbes bouquets de cheveux d’ange inondaient
le ciel de
Rappelons que la firme Marutamaya Ogatsu figure parmi les cinq plus importantes firmes pyrotechniques au Japon
Samedi prochain, les Portugais du groupe Luso Pirotecnia, nous entraîneront dans une Danse du feu. Le 15 juin 2002