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La France remporte les grands honneurs

28 juillet 2002

La firme française Lacroix-Ruggieri a décroché les grands honneurs de la 18e édition du Mondial SAQ avec le Jupiter d’or. Une récompense fort méritée

Les Portugais du Groupe Luso Pirotecnia, à leur première participation, ont enlevé l’argent, tandis les Canadiens d’Ampleman, eux, ont mérité le bronze. Qui s’ajoute aux deux autres jupiters (94 et 99) Pour Eric Cardinal(Ampleman), il s‘agit d’un deuxième Jupiter en trois ans. Il est heureux qu’une firme canadienne ait pu profiter de l’expérience des maîtres du pyromusical pour en tirer un meilleur profit.

Les Italiens de la firme florentine Soldi, qui, une fois de plus(en 1999) ont dû composer avec des ennuis de mise à feu, pourtant indépendants de leur volonté, ont de nouveau raté le coche. Jusqu’au moment où surviennent les lacunes du système, ils avaient néanmoins bien amorcé leur spectacle. Mais pour le jury de 12 membres et le public ces longs trous noirs reflétaient la triste réalité.

C’est cette fois avec le concours du présentateur Michel Lacroix que les gagnants ont été proclamés. Une présence qui contrastait avec l’amateurisme des jours de spectacle précédents. En revanche, contrairement aux précédents maires de Montréal qui en profitaient pour clore la saison, le maire Gérald Tremblay a rompu avec la tradition. Il a brillé par son absence.

Des huit concurrents de la saison, ce sont les artificiers français qui ont produit le plus captivant mais aussi le plus magistral des spectacles. Une exhibition sur un scénario peaufiné, qui, à mon avis, s’agençait parfaitement grâce à une trame musicale diversifiée et recherchée, faisant ressortir une parfaite synchronisation. Rappelons qu’en 11 années de participation, la firme Lacroix-Ruggieri a décroché trois Jupiters d’or et un d’argent.

De tous les concurrents, ce sont les Américains de Austin Fireworks qui ont produit le spectacle le plus moche;ils méritent le prix citron. Un feu anarchique qui manquait de recherche et de profondeur. Un feu avec l’inénarrable puissance d’un arsenal militaire, comme les aiment les Américains, mais très mal utilisé. Notamment cette profusion de gâteaux à l’origine d’un mur de fumée masquant complètement la vue des amateurs. Il faut admettre, à leur corps défendant, que Dame nature les avait abandonnés. Ils ont dû affronter la pire des journées avec orages, éclairs et pluie. Temps identique au premier feu tiré par Panzera en 1985.

Les Japonais, de Marutamaya Ogatsu, eux, avaient ouvert la saison avec Les quatre saisons, thème qui cadrait bien avec leur spectacle. Malheureusement ils ont affronté un temps froid et maussade; gâché par la fumée et un retard de 15 minutes. Un bon spectacle dans l’ensemble, un feu simple avec des séries répétitives de volcans. Même si certains passages animés de vagues ont apporté des moments de beauté sur une trame sonore intéressante. Hélas! Marutamaya Ogatsu, reconnu pour ses superbes bombes chrysanthème aux rondeurs et aux couleurs chatoyantes, éprouve encore des difficultés à intégrer musique et pyrotechnie. Une vision qui ne cadre pas avec la tradition nipponne.

Quant aux Autrichiens de Günter Vogler, gagnants du Jupiter de bronze en 1997 avec les Artisans du spectacle, ils ont cette fois manqué le coche avec un feu correct, mais désordonné et sans relief. Enfin les Belges de Hendrickx Lefeber Fireworks une maison bicentenaire anversoise, qui en étaient à leur première participation, n’ont pu émerger du lot. Il reste qu’ils affrontaient des concurrents parfaitement aguerris, Pour cette petite firme, ce n’était qu’un test préparatoire. Elle aura bien le temps de réajuster son tir. On aurait quand même aimé que la trame musicale du spectacle conçu par Marc Lefeber, privilégie au moins des séquences françaises et non du Disney tout américain

Du groupe portugais Luso Pyrotechnie, qui en était également à ses premières armes à Montréal, on connaissait peu de choses. De nouveaux portugais qui, avec un spectacle conçu par Vitor Machado, homme rompu aux arts de la scène, ont su brillamment insuffler une touche d’originalité sur leur Danse du feu époustouflante. Quelles surprises nous réservera la prochaine saison?