Un Jupiter d’or complaisant
La version officielle du jury a
été publiée en page E1 de l‘édition du 31 juillet de La Presse. Enfin notre quotidien, commanditaire des feux, vient de
se rendre compte que peut-être une bonne partie de ses lecteurs s’intéresse aux
pétards. A La Presse évidemment on circule rarement
sur les routes ceinturant La Ronde et le pont Jacques-Cartier les soirs de
feux. On ne peut donc se rendre compte de l’immense popularité des feux. Quant
à la nouvelle administration de La Ronde, elle ne divulgue pas le secret des fréquentations les soirs de
feux. Question de stratégie, insiste-t-on. Il semble d’ailleurs que cette année
l’assistance des soirs de feux n’a
guère atteint ses objectifs.
A la suite d’une froide analyse des critères d’évaluation, ce choix
canadien ne tient absolument pas
debout. Ayant suivi et admiré les 170 spectacles depuis 1985, je m’estime
parfaitement en mesure d’évaluer le calibre d’un feu. En effet, n’en
déplaise au jury, comparée à l’Italie et aux Etats-Unis, la firme québécoise Royal Pyrotechnie n’avait pas produit un
spectacle qui, puisse déclasser ces deux firmes. Tant mieux pour nos Québécois! Mais je persiste et signe: c’est de la
complaisance!
Certes, les Canadiens avaient présenté un excellent feu mais qui a
comporté bien des lacunes tant du point de vue musical que technique. Je
l’avais souligné dans ma critique. Mais pas au point de mériter l’or! Etait-ce
une raison valable et justifiable pour reléguer aux oubliettes les firmes
italienne Parente Fireworks et américaine Atlas Pyrovision Performances dans leurs délibérations ? Le
jury aurait-il été mal conseillé ? Aurait-il mal saisi les véritables
critères d’évaluation qui régissent le choix d’un spectacle? Ces critères
ont-ils été modifiés cette année? Le
jury populaire est recruté lors d’un
appel au public dans La Presse. Il
n’est certes pas spécialisé dans ce domaine. Evidemment, dans une
démocratie, un jury populaire peut être facilement vulnérable. Permettez-moi d tout de même de laisser
vagabonder mon imagination et élaborer quelques scénarios plus ou moins
fantaisistes.
L’an prochain pour le 20e anniversaire de cette compétition, la direction projette d’inviter les firmes qui ont remporté un Jupiter d’or. Comme aucune firme canadienne n’a décroché la palme d’or - seule Ampleman, avec Eric Cardinal a atteint le Jupiter d’argent en 1999 -, pour ce 20e on n’aurait hélas ! eu aucune firme représentant le pays. Pourquoi alors ne pas donner un Jupiter d’or à une firme canadienne cette année, avec Pierre Walder comme conseiller concepteur musical de Royal Pyrotechnie l’an prochain ? Autre possibilité.
. Mercredi soir, avant la proclamation des gagnants, les membres su jury,
s’étaient réunis pour leurs dernières agapes en compagnie de la directrice des
feux Martyne Gagnon et oh surprise! de Pierre Walder, concepteur musical
des feux de clôture Panzera. Etonnant quand même de voir Walder assister à ce
repas en compagnie du jury!
Aurait-il fait bénéficier le jury
de ses conseils ? D’ailleurs, s’empressait-il de me faire remarquer, cette pratique n’est pas nouvelle.
Devant mon étonnement, il a insisté sur
le fait qu’il se limitait à donner des
conseils et des explications aux jurés. Pourquoi ces conseils et
explications alors que les gagnants étaient déjà choisis? Et quels genres de conseils ? Aurait-il sondé
en toute confidence leurs états d’âme? Que je sache, les
explications sur la marche à suivre se donnent dès que le jury entre en
fonction?On lui explique avec
force et détails les critères pour juger d’un feu Avant son choix final, chaque juré peut toujours réviser son
pointage D’ailleurs, jamais après leurs choix finals il n’a été possible de
parler avec eux pour connaître leurs
véritables d’états d’âme. Pierre Walder serait-il devenu le conseiller spécial des feux? Ambitionnerait-il de postuler le titre de
digne successeur du regretté directeur artistique, Giovanni Panzera ? L’avenir
le dira! Depuis bien longtemps
déjà, à chacune de ses venues il est vraiment omniprésent au sein de la
direction. Qu’il veuille faire bénéficier de son talent et son expertise de concepteur musical pour
les feux de clôture, bravo! Mais de là à s’infiltrer dans tous les domaines, il
y a une marge…
Déjà en 1995, il avait conçu la bande musicale de trois feux : celui de la firme italienne Soldi, canadienne Ampleman et du feu de clôture(Panzera) Trois conceptions musicales pour trois feux sur neuf ? Cela frisait l’inconvenance. Pourtant alors, à l’exception du soussigné, personne ne s’y était offusqué à la Ronde!
Depuis 19 ans je fouine sur les rampes. On me trouve dérangeant, tatillon et je froisse malheureusement la sensibilité de quelques concepteurs. Pourtant comme tous les passionnés de feux je demeure encore et toujours émerveillé par ces spectacles grandioses. Je m’étonne chaque fois des prouesses quotidiennes des artificiers de La Ronde et de ceux des firmes en compétition. Je remercie la direction de La Ronde et surtout Martyne Gagnon, directrice des feux de Montréal, son équipe et celle des relations publiques (Anne-Marie Desautels et Geneviève Ferron) pour leur accueil et leur générosité, cette année encore.