La palme d’or pour
l’Angleterre
La palme d’or de la 23e saison de l’International des feux Loto- Québec a été
attribuée à la firme anglaise Pains
Firerworks. Les Allemands de la nouvelle firme Innovative Pyrotechnik ont mérité
le Jupiter d'argent tandis que les Américains de Pyro Spectaculars By Souza
ont dû se contenter du Jupiter de bronze.
Fait étonnant, les artificiers de la firme
française Féérie, pour son spectacle sur Roméo et Juliette (Amour à mort), n’a décroché aucun
Jupiter. Pourtant, pour sa première participation à la compétition de
Montréal, la firme s’est démarquée par
une prestation de choix, rehaussée d’un scénario bien construit qui apportait,
pour une des rares fois, des éléments formant un tout bien amalgamé :
musique et pyrotechnie. Un synopsis qui
jouait sur innovation et finesse. Réputés pour
produire des chorégraphies pyromélodiques, les artificiers français ont
apporté une optique nouvelle du
spectacle pyromusical. Apparemment le
vote du jury aurait été divisé en deux. Certains membres auraient détesté le
coté théâtral du feu français avec trop de bla bla. Un feu trop bas. Pionniers
du pyromusical ils continuent de surprendre et donc à être contestés. Aujourd’hui, grâce
à eux, on ne conçoit plus un feu sans musique. Rappelons que le réputé
Américain Eric Tucker a aussi suscité la controverse dans ses premiers
spectacles produits lors de cette compétition.
Évidemment tout est question de culture. Mais
si l’on privilégie la puissance et le volume aux dépens de l’innovation et de
l’audace, allons-y pour des feux de puissantes bombes et réservons des loges
sur le pont Jacques-Cartier.
Les Anglais de Pains Fireworks qui
revenaient pour la deuxième fois en 23 ans,
ont produit un feu qui ne sombrait pas dans le spectacle à grand éclat. Ils se sont limités à une chorégraphie harmonieuse sur un
thème simple Jour et Nuit. Ils y ont inséré des nuances qui
faisaient ressortir toutes les facettes
immuables entre le jour et la nuit, la lune et le soleil. Une démonstration impressionnante ou le visuel
était particulièrement mis en valeur. Ils ont prouvé qu’avec des pièces
choisies on peut faire un excellent feu sans sombrer dans la démesure.
Pourquoi avoir privilégié les Allemands en leur accordant le Jupiter d’argent? Au pis aller pour un Jupiter de bronze mais
pas un d’argent. Comment le jury peut-il soutenir ce choix? En 1988 et 1989
l’ex-firme Lunig a performé tout
autant sans changer de cadre; ces
Allemands gagnent des prix avec la même recette. Pourquoi changer quand le
public change?
A mon avis, le feu allemand a perpétué la tradition de l’ex-firme Lung et joué sur une trame
musicale classique et de films plutôt facile .Une trame musicale peu recherchée
et limitée à des grandes musiques mises bout à bout sans vraiment s’attarder à innover dans le mixage
musique-pyrotechnie. On ne conteste pas
le volume et le choix de pièces de gros calibre et on leur reconnaît précision et rigueur techniques.
Quant aux Américains, axant leur feu
sur leur idole américaine Elvis Presley, ils ont déployé un vibrant hommage au King par une intensité et une grande
délicatesse de couleurs pastel sans surcharger les tableaux.
Les plus malchanceux auront été les Canadiens
de Firerworks Spectaculars Canada de
Calgary qui, pour leur première participation, ont essuyé un retard d’une vingtaine de minutes par suite d’une défaillance du système
électrique. De toute manière leur feu axé sur Zeus de l’Olympe n’avait vraiment rien apporté dans la recherche du
développement pyromusical. Simplement un étalage de produits.
Les Mexicains de Lux Pirotecnia, eux aussi, ont été confronté à une défaillance
électrique, ce qui a coupé l’inspiration du public mais également le spectacle Chocolat en cours
qui comportait de nombreuses
répétitions et peu de symétrie.
Une autre déception est venue des artificiers
de la firme espagnole Igual avec leur
thème Le jazz à l’état pur, Ces
concepteurs qui nous avaient habitués à
un niveau plus élevé de
compétence, ont véritablement manqué le
bateau.
En conclusion, une saison qui prend fin sur un
choix du jury populaire qui soulève la discussion. Vox populi vox Déi!