Amer chocolat mexicain

 

Quoi de meilleur que le chocolat! Les Mexicains de Lux Pirotecnia, fiers de revendiquer cette précieuse denrée de leur héritage aztèque, ont choisi ce thème pour leur première participation à  L’International des feux Loto-Québec. Une fiesta mexicaine apparentée un peu  à ces castillos  ou fêtes de village, que les amateurs adoreraient  tout autant.

Une trame musicale qui ferait ressortir la tradition et la culture mexicaines. On pouvait rêver au chaud Mexique malgré le temps  plutôt  frisquet.

Départ fougueux  sur une vibrante musique  (Song List). Et vlan!  Lourd silence et immense trou noir. On réclame instamment par des applaudissements  cadencés la poursuite de la fête. On veut des feux! Le présentateur, Michel Lacroix, de sa voie rassurante temporise l’impatience. La défaillance électrique  sera corrigée. Après quelques interminables minutes on repart à zéro et l’enthousiasme reprend. Les amateurs apprécient et goûtent à quelques rares moments d’exaltation durant certaines séquences. Sur Guadalajara un magnifique déploiement des chandelles rehaussé par une pluie de bombes dorées (kamuros) déversant langoureusement leur s panache. Au rythme de La Bamba,  plusieurs grappes de nautiques s’ouvraient en éventail, sur le miroir du lac. Les farfales papillonnaient dans le ciel en folle randonnée.

Durant la  transition de Desmbarco et On Earth as it in heaven (Mission), seule une croix rouge est apparue clairement : la fumée opaque étouffant le navire et le calendrier aztèque, symboles de leur histoire.

Sur  Mexico Lindo Querido une série de moulins sur la berge semblaient oubliés dans cette immensité. Était-ce un choix du concepteur Jorge Marquez ou  l’effet d’une défaillance électrique? Par ailleurs, plusieurs pièces inopérantes  se sont retrouvées sur les rampes après le feu. Preuve que les spectateurs n’ont pu apprécier tout le matériel pyrotechnique. Les soucoupes volantes hésitantes et inégales tentaient péniblement leur ascencion.

Des trous noirs et des silences se sont infiltrés dans quelques tableaux dont  Besame Mucho.

Dans leurs  séquences beaucoup de répétitions et peu de symétrie. Un enchaînement de mono coups, serpentins et jets siffleurs. jouant continuellement  sur le monochrome doré des kamuros (bombes). Des verts et des rouges vifs aux couleurs  du pays  brisaient heureusement la monotonie.

La fumée a sévi durant tout le spectacle obstruant la visibilité avec en prime une retombée de  débris de carton. Rien pour jouer en faveur des Mexicains.

Arrive enfin un heureux dénouement sur le bouquet final  A Mi Manera.  Un déploiement de faisceaux en série et  une envolée de chandelles croisées repartaient le bal pour se conclure sur des clignotants rouges et verts et un bombardement en rège de pluie de cheveux d’ange, de marrons d’air et de bombes multicolores. Une note d’originalité pour ce bouquet final, grâce au choix musical moins percutant.

Mais pour l’équipe  mexicaine  c’était le goût de l’amertume qui  revenait  au cœur. Le fruit de six mois de travail anéanti et l’espoir d’un possible podium venaient de s’estomper.

Durant la journée La Ronde s’était mise l’heure du Mexique avec les Mariachis  mettant déjà les amateurs dans l’atmosphère.de la journée.

Pour leur démonstration les artificiers dirigés par Jorge Marquez  employaient un arsenal exclusivement espagnol (Antonio Caballer) : chandelles,  bombes de gros calibre (300 mm), petit et moyens calibres (75 et 100 mm)  ainsi que des nautiques de 100 mm. Quelques gâteaux chinois  (Lidu) complétaient la série.

Troisième participante à ce festival d’art pyromusical, de 2007, la firme Lux Pirotecnia  fondée en 1993  a participé aux Grands feux Loto-Québec en1993 et à Calgary; elle a été couronnée en 2006 à la  Celebration of Light de Vancouver.

Mercredi prochain La firme Pyromagic Productions de Hong Kong (Chine) nous entraînera sur Extravaganza  pour rappeler la rétrocession de Hong Kong à la Chine en  1997.