Ah! Le Boléro!
GEORGES LAMON


Ah! Le Boléro de Ravel! Le duo Panzera-Walder l’avait ressorti de son écrin doré pour ouvrir cette nouvelle saison de l’International Benson & Hedges. Hier soir (18 juin) le temps était idéal pour ce feu de présentation signé Panzera-Walder mais rien pour sortir les amateurs de leur coquille printanière ni encore moins comparable aux époustouflants scénarios qu’il nous a déjà présentés. Si d’entrée la première partie du spectacle à su capter l’intérêt de cette foule record de plus de 30 000 amateurs sur la seule Ronde, on ne peut pas dire que la seconde, sur le Boléro de Ravel avait de quoi extasier un public connaisseur. Il y manquait cette passion qu’on ne retrouvait pas dans l’exécution du scénario ne rendant pas toujours hommage à la musique du grand compositeur. A l’exception des dernières minutes du bouquet final plus explosif. Heureusement, c’était un feu hors-concours pour ce lever de rideau de la 15e saison de l’International Benson & Hedges. Une ouverture qu’on aurait espéré plus originale, plus personnalisée rehaussée de davantage de rythme sur cette deuxième partie, pour renouer avec l’été. Il n’empêche qu’entre la première partie de cette soirée et la seconde, on avait l’impression d’assister à deux spectacles différents. L’un, invitant à la danse par sa fougue et son entrain, l’autre, exclusivement consacré au Boléro de Ravel , nous limitant à nous asseoir tranquillement et à rêver sans plus. La musique du Boléro est sublime et envoûtante par ses variations sonores qu’on a surtout le goût de l’écouter tranquillement chez soi. Mais après cinq minutes d’un feu, cet exercice de style commençait à lasser avec ses envolées répétitives de chandelles. Sur ces 12 minutes de musique rien pour étonner ni éblouir les connaisseurs les plus rompus à ces présentations. Bien sûr, les spectateurs qui entendaient pour la première fois les sons mélodieux de cette pièce magistrale devaient être ravis de ce moment privilégié. Cependant, après autant d’années, on se serait attendu à davantage de dépassement de la part des ces maîtres du poyromusical. Non, on s’est cantonné dans la facilité. L’argument est simple : ça a marché déjà - trois fois à Montréal et deux fois à Genève - alors pourquoi ne pas remettre cela. Et puis ca n’implique guère de changements. On reprend la formule en apportant quelques améliorations et le tour est joué. En revanche, la surprise annoncée: le train monorail en mouvement illuminé de pièces pyrotechniques, a été contremandée par "mesure de sécurité". Dans cet avant-programme de 18 minutes en hommage aux participants, les amateurs ont pu voir des séquences intéressantes rehaussées par un système de son vraiment étonnant : celle de l’Italie et de la Suisse avec le déploiement de sapins et le sons des cloches de vaches et celui du coucou qui apportaient un peu de fraîcheur à cette saison. Et puis pour la France ces cœurs rouges illuminant le ciel sous des musiques typique. Pendant l’intermède de deux minutes qu’accompagnait l’interprète montréalais Karl Hugo, la rive du lac des Dauphins s’est subitement illuminée en une longue bande rouge et verte au son des notes de piano et des percussions. Finalement , pour clore cette soirée, les spectateurs ont pu s’extasier devant un bouquet final de quatre minutes, un bouquet fougueux, détonnant à l’italienne. Un moment grandiose dans le rythme du Boléro. Quelques minutes de bombardement qui contrastaient avec la douceur du crescendo du Boléro. Mais le public n’est- il pas friand de cette emportements? 19 juin 1999.