Voltige sur le fil du temps
Les amateurs de feux d’artifice ont été vraiment choyés samedi soir. Un temps idéal pour une soirée de rêve et un programme double d’ouverture avaient de quoi les emballer pour commencer une nouvelle saison.
Tour à tour, la ministre déléguée au Tourisme du Québec, Mme Nathalie Normandeau, le directeur général de La Ronde, Len Turtora, la directrice des feux, Martyne Gagnon et les représentants des commanditaires ont ouvert les présentations. Une fois encore, il ne manquait que le maire de Montréal, Gérald Tremblay qui avait délégué sa représentante. Autre occasion ratée pour lui de démontrer son intérêt pour cet événement majeur qui a permis à SA ville de se tailler une place de choix dans le monde de cette compétition. Noblesse oblige!
Pour inaugurer ces vingt années de lumière et de feux de Montréal, les organisateurs du Mondial SAQ se sont surpassés.. Ils nous ont même concocté un pré-feu de quatre minutes avec en direct notre Ginette Reno nationale. Adepte inconditionnelle des feux la grande dame avait troqué sa tenue sport pour une robe de gala digne de cet événement prestigieux. Pour la circonstance, quoi de mieux que de lever le rideau avec vingt marrons d’air en guise des trois coups traditionnels.
L’équipe des artificiers de La Ronde dirigée par Paul Csukassy a apporté tout l’éclairage que réclamait la puissance vocale de la chanteuse Par leur prouesse, ces artisans des feux ont su magnifiquement illustrer les envolées de Mme Reno. Jouant de finesse et de maîtrise, notamment avec ce bref temps mort qui laissait toute la place à la voix de la vedette sans se faire noyer dans un tonnerre de bombes. Un minutage parfait!
Au fil du temps
La deuxième et principale partie du programme orchestrée par Eric Cardinal (Ampleman Pyrotechnie), une demi-heure plus tard, a pris la relève dans une autre voie sans vraiment continuer sur le même élan.
Le programme Au fil du temps, amené par une narration classique, voulait rappeler toutes les étapes parcourues par ce concours en vingt ans d`existence. Des rêves d’antan qui ont rapidement fait place à un grand party d’ouverture. Un côté didactique insipide et terne qui aurait gagné à s’agrémenter d’un soupçon d’humour. Doublé d’un agencement de pièces pyrotechniques pour refléter plus intensément certains passages du fil du temps Heureusement une liberté qui n’était pas assujettie aux règles imposées aux concurrents. La rétrospective et l’historique auraient, me semble-t-il, été mieux servis par l’appui de morceaux de musique et d’interprètes que les concurrents au cours ces années reprenaient jusqu’à plus soif, comme: Charlebois, Jarre, Pavarotti, Morricone, Orf, Vangelis, Strauss et bien d’autres.
Il a préféré une trame musicale et un soutien pyrotechnique qui ne correspondaient guère au thème choisi. Se contentant de passer rapidement sur des passages d’un répertoire de 19 morceaux. Durant ces vingt années bien des trouvailles pouvaient être ressorties. Bien sûr, cela nécessitait davantage de moyens, de temps et de recherches…
Notons quand même le choix du Boléro de Ravel, rappelant les belles années Giovanni Panzera, mais en minimisant les chandelles romaines, marque de commerce du directeur artistique des feux de Montréal.
Place à la fête! .Place aux surprises! Soudaine incursion des acrobates du Circus Orange qui ont apporté une dose d’audace de la part d’Eric Cardinal. Malheureusement seuls les spectateurs face à l’estrade ont pu apprécier. toutes les facettes acrobatiques de cette troupe. Appuyées par des pièces pyrotechniques. Rappelons que déjà en 1986 la firme française Ephémère avait innové en mettant à contribution des skieurs nautiques s’exécutant sur le lac des Dauphins porteurs de pièces pyrotechniques.Il a sorti de sa boite de pandore tous les genres de pièces que le public attendait: fusées crépitantes, chandelles, serpentins, girandoles, volcans, agrémentés de cheveux d’ange et de bombes. Un programme échevelé, décousu, manquant de consistance, mais qui heureusement a su embarquer la foule nombreuse dans ce grand party de fête, à l’aube des vacances estivales.
Vers la fin, tout à coup petit moment intéressant avec un montage illustrant les vingt ans et une minuscule fleur s’ouvrant et se refermant sur la berge du lac des Dauphins, illuminé par des bombes nautiques rouges. Quant au bouquet final, il a suivi la traditionnelle envolée de grosses bombes multicolores et tonitruantes dans une sorte de méli-mélo en technicolor qui fait toujours les délices des amateurs. L’essentiel pour les spectateurs n’était-il pas de renouer avec ce monde magique du merveilleux où la fantaisie côtoie allégrement l’imagination de chacun dans son petit coin de rêve d’enfant?