Humidité et fumée pour les Portugais
Le 30 juin 2001
Les Portugais de la firme Pirotecnia Minhota ont vraiment joué de malchance pour leur première participation au Mondial SAQ. Le temps pluvieux, extrêmement humide et un plafond bas n’ont pas permis à Rui Fernandes, qui en était à ses premières armes à Montréal comme concepteur du feu Minhota, de démontrer son savoir-faire. Ce n’était décidément pas la soirée portugaise.
Cette grande fête pyromusicale portugaise aura malheureusement été celle la pluie et de la fumée. Source aussi de ratés de certaines pièces en plus de masquer continuellement la vue du spectacle. Une soirée plutôt décevante pour les pyrophiles. Aussi une journée ardue pour les artificiers de La Ronde qui ont dû redoubler d’efforts pour sauver moulins et fontaines des rafales de vent persistantes
Sur les premières mesures d’une chanson portugaise à la voix chaude et envoûtante, Cançao do Mar, de Dulces Pontes, la foule, heureuse et satisfaite, se sentait déjà emportée. Mais rapidement la pluie fine qui s’infiltrait insidieusement gâchait toute la luminosité du spectacle et l’enthousiasme des amateurs. Puis la fumée s’est mise de la partie, enveloppant une grande partie du lac des Dauphins. Des gradins de la presse on ne voyait plus qu’une fumée opaque, âcre et oppressante. Sans compter les débris incandescents qui retombaient continuellement. Une des rares fois où la pluie persévérait juste avant le décompte. Dame nature a parfois de ses sautes d’humeur...
Pour cette première, les Portugais avaient choisi le thème Éclats de couleur et de musique sur un programme musical de huit séquences. Parmi lesquelles on retrouvait nos deux vedettes consacrées : Lara Fabian et Céline Dion. A l’exception du départ (Cançao do Mar) et de la fin (Sete Mares), les Portugais favorisaient une trame musicale style américain de discothèque. Une musique fort rythmée et parfois agressante. Pourquoi pas des morceaux plus doux, plus accentués qui vous enveloppent d’émotions et de frissons?
Un spectacle qui a surtout fait appel à une profusion de mines, de fusées traditionnelles (fogueteS) et de bombes chinoises aux rondeurs douteuses. On aurait apprécié davantage de variété et de mouvement dans certains passages. Les fontaines de fabrication chinoise ont , elles aussi, manqué de panache, partiellement dissimulées par la fumée épaisse. Quant aux couleurs des pièces, elles tombaient parfois dans le terne comme ce jaune orange. Bonne tentative toutefois sur Heaven où le vert prédominait. En fin de spectacle, un petit navire rappelant le voyage de Colomb en Amérique est apparu, totalement perdu au milieu de cet océan de fumée. L’effet surprise, du moins vu du côté des gradins de la presse, est vite tombé à l’eau. Mais où se cachaient donc ces éclats de musique? Dommage que les gagnants du prix du concours Symphony of Fire de Vancouver (1995) aient négligé le côté mise en scène. Pourquoi les pyromusicaux présentés dans ce concours se limitent-ils trop souvent à une banale succession de morceaux de musique accolés les uns aux autres?
Quand est venu le final, les quelque 20 000 amateurs
persévérants sur la Ronde ont eu droit à un feu roulant, un bombardement en
règle multicolore qui a fait trembler tout le parc. Samedi, les Taïwanais
entreront en scène avec un feu conçu par la firme Bugano (Suisse) avec mise à
feu informatisée (pyrodigital) de Performance Pyrotechnic Associates, dirigée
par l’Américain Éric Tucker. .