Où étaient donc les moments magiques?

 

Dire que les artificiers portugais de Pirotecnia Minhota LDA se soient vraiment surpassés au cours de leur deuxième participation au Mondial SAQ serait pêcher par outrecuidance. On aurait espéré davantage de finesse et d’authenticité de la part de cette firme gagnante de prix à  Québec(1999) et Vancouver(1995) et à Hull(  ).On se serait attendu de la part de cette firme, la plus réputée du Portugal, a beaucoup mieux que ce spectacle classique. Ils ont déçu!

En fait les Portugais par leur spectacle en six tableaux  sur le thème Moments magiques n’ont pas emporté la foule de spectateurs par ce temps plutôt frisquet, ne réussissant pas à faire ressortir ces émotions qui doivent surprendre et  animer les pyrophiles .

Un feu monotone  par le manque d’imagination de sa conception et l’agencement de sa bande sonore par trop commune. Pourquoi cette absence de musique typiquement portugaise  où le fado, par exemple, aurait pu avoir sa place ? Justement pour animer cette foule et la faire entrer dans la danse comme le souhaitait le concepteur Rui Fernandes .Cette foule n’a ni été animée -  le temps incertain et frisquet n’aidant certes pas – ni n’est entrée dans la danse comme l’espérait Fernandes.

Bien sûr concevoir un spectacle pyromusical fait appel non seulement à une grande expérience mais nécessite aussi un certain degré d’innovation de d’originalité, apanage des concepteurs  de pyromusicaux, capables d’améliorations continuelles dans un concours de l’envergure du Mondial SAQ. Ce que ne nous ont  pas démontrés les Portugais qui en somme  sont demeurés dans le giron  traditionnel des spectacles de fête nationale. Quant aux surprises annoncées, elle n’ont guère été à la hauteur des espérances du public. Si ce n’est cette grosse bombe se déployant comme une immense fleur (Phil Collins) et les chutes sur le rive du lac (Dion).

Un feu tout en hauteur très classique par son manque de variété dans ses pièces et dans sa musique qui ne m’a  guère convaincu.

Pourquoi ce choix délibéré de déploiements de chandelles, de volcans et de bombes qui revenaient sans cesse sans variations ? A nous faire bailler d’ennui ! Pourquoi ne pas avoir choisi le lac qui se prête toujours à de grandes démonstrations ? un feu tout en hauteur

Que venaient donc faire ces spots blancs au départ sur Here I am de Bryan Adams (chanteur qu’on retrouvait en 2001) ? Ils n’apportaient rien au départ, on avait l’impression qu’il venait simplement combler un vide.

En revanche, pendant Electrical  Storm(U2) de belles bombes à doubles et triples anneaux et des cœurs rouges aux couleurs scintillantes apportaient un peu de fraîcheur dans ce ciel gris et nuageux. Belle incursion également de ces larges chutes sur la rive du lac des dauphins durant la séquence de Céline Dion.

Par ailleurs si certaines bombes s’élevant très haut  émerveillaient par leurs couleurs miroitantes, certaines d’entre elles ne pouvaient rivaliser avec les bombes japonaises d’une rondeur impeccable. On aurait dit une répétition du feu de 2001

On ne peut pas dire non plus que le feu portugais se soit signalé par sa synchronisation :les enchaînements n’étaient pas toujours au point et des temps morts  entre les morceaux ,notamment sur les 3 4 et 5e morceaux..

Une fois encore la fumée s’est mise de la partie avec l’utilisation en série de volcans.

Durant Can’t Stop Loving You (Phil Collins)  chandelles rouges et volcans ont ouvert ce passage puis un temps mort. Reprise fortes par d’autre volcans orangés et fusés crépitantes appuyées par des grosses bombes vertes s’élevant haut dans le ciel. Le clou de ce passage a certes été cette puissante et superbe bombe créant  les effets étonnants des fusées portugaises Foguetes et qui s’ouvraient comme une immense pivoine.  Explosant  presque à ras du lac, elle  a néanmoins su créer la surprise du feu.

De tous les tableaux, c’est sans doute I’m Alive, de Céline Dion  -  interprète choisie déjà en 2001- qui peut être considéré comme le mieux réussi. D’emblée une large fontaine a jailli tout le long de la rive pour entraîner les volcans rouges et chandelles qui  s’entrecroisaient et  s’unissaient aux bombes orangées pour se terminer par un immense flot de paillettes vertes et blanches (cheveux d’ange).comme  pour annoncer le grand bouquet final, dans un véritable élan de fascination apportant toute l’ampleur voulue à ce prélude au bouquet final.

Quant au bouquet final amené par Spirit (Hans Zimmer):pétaradant, tonitruant  dans un bombardement de haute intensité où bombes de gros calibre se mêlaient aux chandelles rouges et à une kyrielle de volcans entraînant des nuages de fumée qui emplissaient la Ronde  Un final très classique dans la plus pure tradition pyrotechnique, secoué par une intensité.de bruits et toute la panoplie de pièces  restantes.

 Vers 21 heures la météo annonçait un orage pour 22 heures. Les organisateurs du feu étaient sur les dents allant  fébrilement s’enquérir de la situation. Il était possiblement question qu’on retarde le feu, le cas échéant. Finalement, l’orage ne nous a pas effleuré, laissant échapper un ouf !de soulagement  aux organisateurs. Le 30 juin 2001, leur première participation au Mondial SAQ avait connu bien des déboires en particulier à cause de la pluie et la fumée. Cette année encore ils ont dû composer avec la pluie et le vent.

Mercredi, la firme australienne Explosive Entertainment International(ex-Syd Howard fireworks International gagnante d’un Jupiter d’argent en 1994 et de bronze en 2000)  reprend le flambeau avec Roméo et Juliette.( 2003)

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