Les Suédois ont ravivé la flamme des irréductibles

 

Par cette soirée qui s’annonçait désastreuse : les  flic flac de la journée et la grisaille omniprésente, seuls les irréductibles se sont pointés à La Ronde.

De plus, ils ne connaissaient rien de ces Suédois, des Nordiques comme nous, avant tout !

Mais quel bonheur ! Ils ont  su raviver l’ardeur et la chaleur de ce public en les comblant étonnamment  par leur prestation de choix, harmonisant si habilement  musique et pyrotechnie.

       Pour leur  première participation à  L’International des feux Loto-Québec, Les artificiers de Göteborgs FyrverkeriFabrik, deuxième firme suédoise avec Fyrverkerei Experterna (en 1994), ont présenté une prestation haute en couleur, parfaitement agencée, où la synchronisation jouait un rôle dominant. Un feu qui se promenait dans tous les sens captant à chaque instant l’attention des spectateurs qui n’ont guère eu le temps de s’ennuyer et ouvrant tout le site avec une grande variété de pièces et une trame musicale appropriée.

       Le public, comme moi d’ailleurs, habitué aux démonstrations de type latin, venait de découvrir un savoir-faire qu'on ne devinait guère chez ces descendants des Vikings. Il  a été agréablement surpris par tant de couleurs et d`éclat insoupçonné.

      Pour leur inauguration pyromusicale à Montréal les Suédois nous avaient  concocté Un soir à Götenborg, qui se voulait  également  une découverte de deux cultures, en soulignant plusieurs similitudes. Une visite guidée de Jacques et Ingrid, au concert, au parc d’amusement, au cinéma, dans un pub  pour finir dans un club de nuit.

       Leur scénario avait  été agencé  autour d’une  brève narration, histoire de nous entraîner tour à tour dans leur sillage. Tentative un peu naïve qui n’apportait rien à ce feu si ce n’est un simple fil conducteur pour amener la démonstration, ce rapprochement de deux cultures et permettre l’évacuation de la fumée dense et continuelle qui envahissait  les spectateurs assis dans les gradins, Si encore quelques  pièces pyrotechniques les avaient appuyées! Elle ne faisait que laisser des trous dans le feu, pourtant orchestré avec la minutie d’un métronome.       Dans son ensemble, un feu qui a su jouer adroitement sur tous les tableaux, en particulier par l’utilisation au maximum le lac des Dauphins: nautiques,  moulins et jets de flammes, sans abuser, toutefois.

       Martin Hildeberg, concepteur du feu suédois avait puisé habilement dans un répertoire musical  varié et adapté à cette soirée :  musique classique, de film, disco et rock qui apportait tantôt ses moments  tr`s puissants (rock de  Jerry Lee Lewis , Macho Polska), tantôt ses moments doux et lents(Honor Him&Now we are free), pour marquer la mort du gladiateur, permettant aux pièces de rendre leurs éclats et leur fros.

        En début de démonstration, sur Danse Napolitaine les faisceaux de gerbes se propulsaient parfaitement sur les notes de la musique (trompette), appuyés par des séries  de chandelles espagnoles citron et rose entrecroisées.

       Séquence  intéressante pendant Adagio from. Spartacus, des moulins on tournoyé sur l’eau  suivis d'une envolée de chandelles rouge vif, se croisant  d, ns le ciel, de serpentins, de quelques jets de flammes rouges pour finir sur une pluie de fusées, de chandelles dorées, de craquelins, de jets siffleurs et de bombes dorées.       

       Moment puissant aussi que celui de Mutiny &Roll Tide (du film La Marée rouge)  où la musique cadencée et en progression offrait toutes les possibilités pour emporter les pièces. Une  pluie de chandelles  lilas et vert s’associait à des geysers, rehaussées d’une série de bombes multi-bris  s’ouvrant sur des papillons qui s’éparpillaient dans tous les sens et de soucoupes à double ascension. Tout comme la descente lente des grappes durant. Listen to your heart

Quelques bombes ont surpris les spectateurs par leur éclatement presque à ras du sol.

       Autre  temps fort avec Honor Him & Now we are free (The Gladiator) un rythme soutenu de chandelles citrons et lilas et une progression de bombes aux orangés très prononcés et qu’on n’a vu rarement au cours des années.

        L’utilisation de trois  tours de douze mètres sur la rampe trois a apporté une autre dimension à ce feu, permettant des variations réussies comme ce jeu pétillant et folâtre de papillons et de  fontaines jaillissant dans toutes les directions.

       Une prestation que les amateurs ont aimée, manifestant à chaque séquence sa joie et son admiration par des applaudissements soutenus. Surtout  après la fin de chacun des morceaux  pendant la  lente descente de lucioles, de pièces en grappes et au moment où le ciel s’inondait d’une série de saules pleureurs. Un public toujours friand de dépassements et de prouesses pyromusicales de ces magiciens du ciel..

       Pour le bouquet final, les Suédois n’ont pas échappé à la règle sempiternelle des pyromicaux : le  bombardement habituel par un déploiement fulgurant de chandelles, de jets siffleurs, de craquelins, de bombes de gros calibre dont les multi-bris italiennes qui se déployaient très haut dans le ciel. Le déferlement classique de chaque finale  qui  ravit toujours les amateurs  débordant d’enthousiasme

       Mercredi, les Espagnols de la firme Pirotecnia Ricardo Caballer, gagnante du Jupiter de Bronze en 1998 avec sa Danse du feu,  nous  propose cette fois de vivre la Passion espagnole.

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