Balade suisse à La Ronde

 

Soirée inaugurale à La  Ronde par un temps incertain qui s’est finalement révélé  idéal  pour l’ouverture de cette saison 2006 de L’International des feux Loto-Québec.

Les artificiers de la firme Bugano AG Feuerwerk, en ouvrant ce rendez-vous estival , nous ont servi une prestation conforme à un magnifique feu d’ouverture bien plus qu’à un véritable feu de compétition. Un spectacle qui, même avec un départ rougeoyant sur Elvis Presley,  n’a pas su, à mon avis, faire ressortir les émotions des amateurs, même s’ils ont manifesté leur enthousiasme à maintes reprises.

Toutefois, comme je le faisais remarquer, en 1999 et en 2000, côté compétition le concepteur Toni Bussmann a succombé  aux mêmes pièges que ceux de ses feux précédents : manque d’innovation, d’homogénéité et de variations. Un spectacle qui se déroulait comme une succession de  tableaux sans ajouter pour autant sur les subtilités. Un programme qui aurait eu intérêt à varier beaucoup sur le choix des pièces pyrotechniques qui sombraient dans le répétitif : gâteaux, fusées crépitantes,chandelles chinoises, bombes italiennes et volcans suisses. 

Côté trame musicale cependant le directeur de la firme avait choisi d’insérer un peu de folklore suisse, histoire de répondre à son thème Balade Suisse. Pourtant, à mon avis, très peu de similarité permettait dans ce scénario de faire ressentir cette nouvelle réalité multiculturelle de la Suisse, comme le notait si bien le communiqué.  Car rien dans le programme musical choisi par le concepteur ne la reflétait. La nouvelle réalité multiculturelle de la Suisse m’est plutôt apparue comme la traditionnelle réalité suisse qui puisait dans le folklore typique avec Im Oergelihuus. Encore que l’intensité sonore des bombes finissait rapidement par noyer les sons de l’accordéon. Déjà que le contraste avec We will Rock you(Queen) tombait  abruptement,empêchant du même coup un lien normal avec la pièce de folklore suivante. Une transition qui s’est faite dans une certaine confusion.  

Toutefois, certaines pièces comme les bombes italiennes multicolores à multi-bris et kamuro ont permis d’apporter du piquant et du superbe à cette démonstration qu’on annonçait comme éblouissante. Les spectateurs ont pu aussi s’extasier devant  ces étonnantes pluies de cheveux d’ange dorés et ces fusées sifflantes toujours impressionnantes sans oublier les typiques volcan Bugano durant le bouquet final, dans la plus pure tradition pyrotechnique.

Les passages entre les neuf morceaux de  la bande sonore manquaient manifestement de

cohérence. Ces nuances qui font la différence dans la réussite d’un spectacle.

Le concepteur Toni Bussmann donnait l’impression d’avoir misé principalement sur le côté pyrotechnique. On aurait espéré un meilleur lien entre les séquences musicales, question d’apporter plus de nuances et de démarcations.

Par ailleurs, pour une troisième fois le concepteur revenait avec le même  indicatif du film 1492 Conquest of Paradise.  Qu’il semble beaucoup apprécier. Une séquence ou les nautiques dorés et  bleus ont envahi le lac des Dauphins – très peu utilisé- pendant que les gâteaux fusaient en trame de fond. Est-il besoin de retomber toujours dans les mêmes séquences musicales alors que le répertoire musical foisonne de pièces dignes d’agrémenter une prestation pyromusicale?

On a décelé un moment creux entre l’avant dernière pièce, Waterloo (Abba) et l’entrée dans le bouquet final. Un bouquet final entraîné sur Granada. Morceau populaire qu’affectionnent majoritairement les concepteurs de pyromusicaux et qui  sonne l’apothéose d’un pyromusical permettant toutes les folies. La panoplie  d’impressionnantes bombes multicolores de fusées sifflantes et crépitantes, pour clore sur une pluie de gerbes étincelantes emplissant tout le ciel à la grande joie populaire.

Rappelons que la firme Bugano fondée en 1987 est établie depuis 1994 à Neudorf (Lucerne).

Dimanche prochain les Italiens de la firme Pirotecnica Soldi, reviendront pour la dixième fois en nous emmenant cette fois par-delà L’Italie, le Monde.