Des Taïwanais inspirés

Le 7 juillet 2001

Pour leur première participation au Mondial SAQ, les artififiers taïwanais de la firme San Tai Fireworks ont donné une prestation de qualité, samedi soir, en dépit d’un temps plutôt chagrin. Enfin un feu qui se démarquait des trois précédents entre autres par ses pièces et ses couleurs flamboyantes.Et des pièces de qualité il y en avait à profusion sorties tout droit de leur usine: bombes retombant en cheveux d’ange, bombes chrysanthèmes, anneaux doubles, fusées crépitantes, sifflets. Ils n’ont pas lésinésans pour autant verser dans l’excès.

Un pyromusical sino-suisso-américain qui manquait pourtant d’égalité, notamment dans la hauteur des pièces et dont la synchronisation aussi comportait des ratés.

D’entrée de jeu ,sur leur feu L’Harmonie du dragon et du phénix, les Taïwanais ont démontré une habileté qu’on ne soupçonnait guère. Une habileté emmenée par un concepteur suisse(Bugano) et mise à feu informatisée(pyrodigitale) américaine(PPA)

Sans doute emportés par la frénésie de vouloir épater les 22 000 amateurs réunis sur La Ronde, ils se sont payés une envolée époustouflante, inondant le ciel d’une quantité de belles bombes. Un départ équivalant davantage à un final de clôture se déroulant à un rythme effréné qu’une entrée en scène. Un pyromusical ne doit-il pas préférablement s’ouvrir sur un crescendo plutôt que sur un départ trop fulgurant? Le concepteur Toni Bussman avait-il voulu surprendre le public?

Sur le premier mouvement de The General Command, on aurait pourtant apprécié un peu plus de variations de pièces au lieu de cette récidive de bombes qui finissait par rebuter les vrais amateurs.. Puis au son de Flower Drum Song , le lac s’est illuminé de rouge par le biais de mines aquatiques, on a alors eu droit à un passage plus lent agrémenté de moulins et de bombes à doubles anneaux.. Sur le cinquième morceau Prelude the Song of the Boatman, le rythme répétitif des bombes sur bombes sombrait un peu dans la monotonie, la facilité. Quant à la séquence au piano Love Before Time, elle appelait, me semble-t-il, des nuances plus subtiles que cette répétition de bombes qui emplissaient le ciel. Un départ bien amené, mais qui aurait gagné beaucoup à changer de rythme pyrotechnique. Non pas que les bombes aux rondeurs superbes ne soient pas étonnantes, encore faut-il savoir doser la cadence et le crescendo le moment opportun. Comme choisir des pièces délicates pour illustrer certains mouvements légers de la musique chinoise aux sons bien particuliers.

Pour leur spectacle, les Taïwanais avaient puisé dans leur répertoire de musique traditionnelle apportant une autre dimension à ce genre de démonstration. Déjà la firme chinoise de Sunny Fireworks en 1992 avait agencé une musique typique sur le thème Dragons de soie et remporté le Jupiter d’or.Bien sûr , certains amateurs auraient peut-être préféré une musique plus à leur portée, plus moderne. Le choix des Taïwanais apportait cette touche d’étrangeté et de mystérieux à ce spectacle soigné.

A partir de la deuxième séquence, les spectateurs ont pu admirer un dragon et un phénix s’illuminer, histoire de nous familiariser avec la mythologie taïwanaise. En fait, le seul bref passage qui faisait allusion au thème retenu.. Il n’empêche que des gradins de la salle de presse, on n’a guère pu apprécier toute la particularité de ces pièces montées.

Mercredi prochain, les Espagnols (Igual), détenteurs de six Jupiters, seront au rendez-vous.