Remarquables Américains

 

Remarquables Américains! Comme on s’y attendait, ils avaient sorti leur imposant arsenal et leurs habituels gros canons pour démontrer  leur puissance et leur diversité.

Une prestation dynamique, bien orchestrée où les bombes de gros calibres, les volcans et les chandelles prédominaient dans une vision féerique. Car nos voisins du Sud ne versent jamais dans la demi-mesure.  A tout le moins, ils ont réussi à faire oublier aux fans le temps pluvieux et maussade qui a sévi toute la journée. Rappelant un peu leur venue en 1997. Heureusement en début de soirée le temps a viré au beau tout en conservant le ciel  nuageux et  bas.

Derniers concurrents en lice de ce 21e International des feux Loto-Québec,  les artificiers de Rozzi’s Famous Fireworks, pour leur quatrième participation à Montréal, avaient opté pour un spectacle s’ouvrant sur une courte présentation en français et en anglais. Présentation encadrée de quelques gerbes de feu et de girandoles qui illustraient leur multi-ethnicité  dont ils avaient fait leur thème : Rêver. Un thème qui ne cadrait vraiment pas avec leur feu.

Dès la première séquence, Angels All Around Us on entrait avec force dans  le style américain : puissance et musique rock. Une puissante poussée par de superbes  bombes, de chandelles et de fusées mono-coups multicolores qui reflétaient  plus ou moins bien la musique. On sentait une espèce de discordance entre la pyrotechnie et la musique. Comme si les deux concepteurs (John(pyrotechnie) et Arthur Rozzi (musique) ne s’étaient  pas bien ajustés et avaient travaillé chacun de leur côté.

Une musique endiablée au départ  mais dont le rythme saccadé sur la même tonalité du rock finissait par lasser. On sentait bien que les pièces pyrotechniques conviennent plus ou moins à cette cadence musicale. Un passage qui, à mon avis, aurait pu être passablement écourté sans pour autant nuire à cette ouverture.

Si les artificiers de la firme Rozzi’s Famous Fireworks n’avaient aucun doute de la puissance de leur démonstration, ils ont joué continuellement sur cet aspect, oubliant parfois leur synchronisme et leurs variations sur  les musiques. Ainsi on a pu déceler quelques brèves hésitations durant Get Down Tonight , Begin the Beguine et Banning Back Home. Mais rien pour perturber la bonne marche du spectacle. Variations qui auraient eu avantage à ne pas trop s’éterniser sur le lancement de même pièces : bombes, chandelles, faisceaux de gerbes

C’est en particulier pendant  Angels in the Outfield qu’ils ont donné leur pleine mesure de finesse avec une fleur s’ouvrant et se refermant en bleu et rouge. Tout à coup une nuée de fontaines nautiques dorées transformaient le lac des Dauphins en un immense miroir magique. Des grandes roues emboîtaient le tempo, développant de surcroît un écran de fumée, gâchant toute la vue. La séquence se terminait sur d’imposants saules pleureurs qui couronnaient le ciel entier. .

Il faut souligner le choix justifié de la qualité et de la couleur des superbes bombes aux rondeurs impeccables, à doubles anneaux et en cœur, tout comme leurs chandelles grimpant très haut dans le ciel et les soucoupes. Sur cet aspect aussi les Rozzi n’ont pas lésiné. On découvrait dans cet arsenal puissant  une panoplie de pièces de leur fabrication (roues et fontaines, bombes farfales), italiennes  espagnoles(Igual ) et taïwanaises(Santaï)

Bâti sur un scénario qui s’inspire de la diversité culturelle qui compose les Etats-Unis d’Amérique d’aujourd’hui  a prestation  de la famille Rozzi se fondait sur une trame sonore diversifiée, illustrant parfaitement leur multiculturalisme (Viva la Vida)  et leur quête d’une certaine spiritualité(Angels all Around, Prayer in the Night)  Elle jouait tantôt sur des moments forts et des moments doux.

Que venait donc faire l’ Ouverture de GuillaumeTell dans ce choix musical à l’américaine qui voulait nous sensibiliser à leur.multi-ethnicité ? Une pièce tout en force et en cadence qui ne laissait guère le temps aux amateurs de reprendre leur souffle, eux qui venaient d’essuyer continuellement des bombardements en règle. Des amateurs exaltés qui applaudissaient sans arrêt ces magiciens du ciel.

Pour conclure leur époustouflante prestation les Rossi s’étaient inspirés d’une  musique du groupe Amici Forever, Prayer in the Night. Choix judicieux qui apportait un éclairage musical différent aux habituels morceaux dont se servent les concepteurs depuis des années. Une pièce d’opéra  où les voix de ténor et de soprano rivalisaient de finesse et d’intensité avec le grand renfort de chandelles très hautes, de marrons et finalement de bombes qui emplissaient le ciel.

 Maintenant que le dernier concurrent s’est manifesté, il restera aux 19 membres du jury de  rendre leur verdict. On pourra ensuite admirer le spectacle de clôture intitulé Big Bang que produit comme chaque année  la firme Panzera.