Balade sur Broadway

 

Superbe soirée estivale de music-hall des Américains! Ils nous ont  emmenés  vers de la haute voltige pyromusicale. Un exercice d’unité et de constance, une création artistique raffinée qui  a soulevé continuellement la foule de spectateurs  en liesse.

Une première participation pour la firme théâtrale de pyrotechnie Melrose Pyrotechnics  à La Ronde.  Les concepteurs ont su  apporter une dimension de grand calibre à l’art pyromusical. On notait chez ces artificiers américains cette parfaite maîtrise de leur spectacle

Ils ont su respecter adroitement leur thème Les feux de la Rampe, qui mettait en valeur la trame de comédies musicales typiquement américaines sur  Broadway Avec eux les spectateurs, plutôt familiers dans ce genre musical, se retrouvaient  au centre d’un monde enchanté et frivole qui plaît aux vacanciers. Certes une trame musicale  assez facile à agencer  sur la pyrotechnie.  Pas ou peu de temps morts ou alors  à peine quelques  souffles, une pause  pour enchaîner. Encore fallait-il  savoir apporter les nuances  qui s’imposaient pour faire de cette démonstration une réussite. Une réussite qui nécessitait tout de même une grande dextérité de la part des concepteurs Michael Cartolano et Tom Thompson qui, depuis  quinze ans, se languissaient de participer au plus prestigieux concours d’art pyromusical qui soit, L’International des feux Loto-Québec.

Un arsenal imposant composé de  pièces surtout chinoises (Sonny, Lidu), Rozzi’s (queues de paon, moulins), Santore (comètes) et Ricardo Caballer ( mines, comètes et mono-coups). Un amalgame de produits  recherchés qui ouvrait la voie à de multiples possibilités.

D’emblée, au lever de rideau sur Chicago les chandelles croisées, les mono-coups et les bombes  nous transposaient au théâtre.

Une brève accalmie agrémentée de Bengales rouges r miroitant sur le lac des Dauphins et on rappelait en français que depuis plus d’un siècle Broadway a été le pôle d’attraction pour tous les artistes du monde.

Et voila le spectacle en sons et en danses de feu reparti de plus belle, sur sa vitesse de croisière. Une vitesse de croisière  qui s’est  poursuivie  au rythme de variations et de  couleurs  sans jamais  faillir.  D’élégants moulins dorés ressortaient durant la Mélodie du bonheur.

Pendant le tableau Le Roi et moi, des lance-flammes surgissaient au moment fatidique, des bombes dahlia, des queues de paon  et des bombes à double-anneaux s’ouvraient en symétrie étonnante.  Au dernier moment de  la Danse (passage du Roi et moi) des pigeons (comètes)  se rejoignaient subtilement  au fil de l’onde, dans un ballet nautique.

Les concepteurs  ne se sont pas inspirés de leurs  précédents compatriotes pour entamer leur bouquet final, durant Le Fantôme de l’opéra.

Ils ont plutôt choisi d’y aller en crescendo avec un bourdonnement d’abeilles blanches très hautes et d’accélérer le mouvement par des bombes, une profusion de jets siffleurs, des craquelins s’élevant toujours en hauteur, des girandoles et des marrons d’air. . A un moment donné une série de six  mono-coups venait illustrer le passage  du Fantôme de l'Opéra  dans toute sa puissance. Une myriade de cheveux d’anges recouvrait l’embrasement total de La Ronde. Pour les nombreux spectateurs  juchés sur le pont-Jacques-Cartier, ces pièces en hauteur c’était la manne.

Un feu qui a exploité à satiété  les hauteurs, jouant adroitement sur l’interrelation terre-air, les regards couraient de gauche à droite et de bas en haut. On naviguait de surprises en surprises. Une prestation pyromusicale  formant un tout et maîtrisant musique-pyrotechnie.par une synchronisation pointue.

Samedi, les Français de Brézac Artifices,  pour leur troisième participation à ce concours, ont choisi  de nous rappeler   L’apparition de l’homme sur la terre