allemagne .

ALLEMAGNE


Martin BERNER
Margret BUERSCHAPER
Jutta CZECH
Ingrid GRETENKORT-SINGERT
Ursula GRÖKEL
Georges HARTMANN
Brigitta JÖRNS
Krisztina KERN
Werner MANHEIM
Erika SCHWALM


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Martin BERNER

Martin Berner, né en 1948, vit à Francfort. Il est secrétaire de la Deutsche Haiku-Gesellschaft. Il écrit des histoires très courtes, fait de la peinture et du dessin. Il est l'un des rares auteurs allemands qui expérimentent les formes poétiques japonaises. Entre 1990 et 1996, il a publié de petits recueils de haïkus, senryûs et autres poèmes: Vier Jahreszeiten sind nicht genug (Quatre saisons ne suffisent pas), Frühling, Sommer, Herbst und anderes (Printemps, été, automne et autres), Schreib schneller, die Tage werden kürzer (Écris plus vite, les jours raccourcissent), Vorwitzige Kirschblattspitze (Pointe de feuille de cerisier téméraire), Glotz nicht so, Mond (Ne fais pas des yeux si ronds, lune) et Sekundengeschichten (Histoires de quelques secondes).
Traduction: Martin Berner; Philippe Caquant et Roger Noël.



Sonne zerreißt
den Nebelvorhang
noch ein Tag gewonnen


Angeber
sagt die Schneeflocke
zur Jasminblüte


neugierig
besieht sich die Hummel
im Tautropfen


die Palette in der Mittagssonne
nutzen Fliegen
sich zu schminken


ein Wildschwein
frißt kurzerhand
das kristallbesetzte Blatt


schreib schneller
die Tage
werden kürzer


er hat verloren:
Sommergewitter fällte
den roten Sonnenschirm


keine Chance Aster
nach dem Nebel
kommt der Frost


Bienen Bienen
Blüten
kein Streit


gut gemeint Leuchtkäfer
aber für Kafka
reicht dein Licht nicht
le soleil déchire
le rideau de brume
encore une journée de gagnée


frimeur
dit le flocon de neige
à la fleur de jasmin


avec curiosité
le bourdon se regarde
dans la goutte de rosée


palette au soleil de midi
les mouches s'en servent
pour se maquiller


un sanglier dévore
la feuille ornée de cristaux
sans autre forme de procès


écris plus vite
les jours
raccourcissent


partie perdue:
l'orage d'été l'a jeté à terre
le parasol rouge


aucune chance aster
après le brouillard
viendra le gel


abeilles abeilles
et fleurs
pas de dispute


c'est gentil luciole
mais pour Kafka
ta lumière ne suffit pas

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Margret BUERSCHAPER

Née dans le Westerwald en 1937, Margret Buerschaper habite actuellement à Vechtaer Grossen Moor. Depuis 1988, elle est présidente-fondatrice de la Deutsche Haiku-Gesellschaft et directrice de la revue trimestrielle de cette association. Elle est également membre de l'Internationalen Autorenkreis Presse, éditrice de Graphikum-Pocket-Prints et de la série Halber Bogen. Enseignante et poète lyrique, elle a de nombreux recueils à son actif et elle a reçu de nombreux prix littéraires. À titre représentatif, citons: Freude auf das Mögliche (La jouissance des possibilités, poèmes, haïkus, senryûs; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1983), Zwischen allen Ufern (Entre tous les rivages, poèmes et haïkus; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1985), Die kleinen Freuden am Wege (Les petites joies en route, haïkus, senryûs et tankas; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1987), Das Deutsche Kurzgedicht (Le poème court dans la tradition des formes poétiques japonaises; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1987), Schnee des Sommers (La neige d'été, haïkus, senryûs, hai-sen et tankas; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1993) et Meerweit Moor (Marécage large comme la mer, prose, poèmes et haïkus; Marburger Burgendruck, 1995).
Traduction: Werner Manheim; Philippe Caquant et Roger Noël.



Vom Pilzhut ins Land
schaut ein gelbes Birkenblatt
Eine Weile noch...


Frische Schneedecke
lesbar verzeichnet die Spur
Überlebender.


Ein dunkler Schatten...
amselgroß die Mulde
im weichen Schneetuch.


Regen ist ein Fest
Er tanzt auf dem Wasser und
singt in den Bäumen.


Ohne Laut die Nacht...
Nur wenn ein Ahornblatt fällt:
des Stieles Aufschlag.


Unter blauer Haut
birgt Bitternis der Früchte
die Schlehenbeere.


Alles atmet tief -
auch der Frosch in der Pfütze
im Gewitterregen.


Der Wald öffnet sich
das Sonnenlicht durchflutet
gewaltlos sein Dach.


Ufer im Spiegel
durch das Geäst der Bäume
springen die Fische.


In kleine Ringe
zerbricht der Schwalben Sturzflug
den Wasserspiegel.
Depuis le chapeau du champignon
une feuille de bouleau jaunie contemple la campagne
encore un instant...


Sur la nappe de neige fraîche
lisiblement marquées, les traces
des survivants.


Une ombre obscure...
de la taille du merle, l'empreinte
dans la douce étoffe de neige.


La pluie, c'est une fête.
Elle danse sur les eaux et
chante dans les arbres.


La nuit sans un bruit ...
sinon, à la chute d'une feuille d'érable:
l'impact de la tige.


Sous sa peau bleutée
elle recèle toute l'amertume des fruits
la prunelle.


Tout respire à fond -
même la grenouille dans la flaque
sous la pluie d'orage.


La forêt s'entrouvre
le flot du soleil pénètre
pacifiquement sa voûte.


La rive en miroir
à travers les branches des arbres
bondissent les poissons.


En petits cercles
le vol en piqué des hirondelles brise
le miroir de l'eau.

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Jutta CZECH

Jutta Czech, née en 1935 à Lichtenberg, Silésie, vit à Werl, Westphalie. Elle écrit de la poésie lyrique courte et est membre de la Deutsche Haiku-Gesellschaft depuis 1988.
Traduction: Jutta Czech; Philippe Caquant et Roger Noël.







Am Ostermorgen
die erste Kerze auf dem
Kastanienbaum.


Im eisigen Sturm
tanzen Waldwipfel Reigen,
kein Stamm bewegt sich.


Zaghaft entfaltet
das Rapsfeld sein volles Gelb
- ach, Schneeregen droht.


Dem warmen Regen
konnten sie nicht widersteh'n
schwellende Knospen.


Nur mein Schatten geht
mittags durch den Wald mit mir
- Stille ringsumher.


Sie leuchtet weißer
im steigenden Morgenrot:
dünne Nebelschicht.


Büsche mit dumpfem
Blauschimmer überzogen:
reifen schon Schlehen?


Rauhreif umhäkelt
mit zartweißem Filigran
auch den Stacheldraht.


In die Dämmerung
tropft der Ruf einer Amsel
- von irgendwoher.


Gewitterregen
in der Nacht: am Zaun funkeln
jetzt tausend Sterne.
Matin de Pâques
le premier cierge sur le
marronnier.


Dans la tempête glaciale
les cimes de la forêt dansent la ronde,
pas un tronc ne bouge.


Hésitant, le champ de colza
déploie toute sa splendeur jaune
- aïe, l'averse de neige menace.


La pluie tiède
ils ne pouvaient y résister
les bourgeons gonflés.


Seule m'accompagne mon ombre
en plein midi par la forêt
- silence alentour.


Elle brille plus blanche
dans l'aurore montante:
la mince couche de brume.


Les buissons revêtus
d'un reflet bleu mat:
déjà les prunelles qui mûrissent?


Ouvrage de crochet - le givre revêt
d'un tendre filigrane blanc
même le barbelé.


L'appel d'un merle
s'égoutte on ne sait d'où
- dans le crépuscule.


Pluie d'orage nocturne
voilà que sur la clôture
mille étoiles scintillent.

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Ingrid GRETENKORT-SINGERT

Ingrid Gretenkort-Singert, née à Stolzenberg, Poméranie, vit aux environs de Hanovre, Basse-Saxe. Elle est peintre, dessinatrice, auteure et membre-fondatrice de la Deutsche Haiku-Gesellschaft. Elle a publié: Blüten in den Wind (Fleurs dans le vent, haïkus; CUX-Drucke Cuxhaven, 1982), Frühlingsahnen doch (Crèmes printanières quand même, haïkus; Ring der Kunstfreunde Gönnebeck, 1982), Die Haut voller Tau (La main pleine de rosée, kasen avec Mario Fitterer, impression et reliure artisanales, avec collages; Bibliophile Ausgabe, 1988), Gering und unermeßlich (Minuscule et immense, kasen avec Rüdiger Jung, impression et reliure artisanales; Bibliophile Ausgabe, 1990), Noch einmal lichtwärts (De nouveau vers la lumière, kasen avec Rüdiger Jung, impression et reliure artisales; Bibliophile Ausgabe, 1991), Tanka, Haiku, Senryu (Tankas, haïkus, senryûs, impression artisanale, avec collages; Bibliophile Ausgabe, 1991), Carl Heinz Kurz in memoriam (In memoriam Carl Heinz Kurz, kasen avec Gesine Scholz, impression artisanale, avec dessins; Bibliophile Ausgabe, 1992), Mit Libellenlust (Avec une envie de libellules, haïkus et senryûs, impression artisanale, avec collages; Bibliophile Ausgabe, 1992) et Lyrik. Bartflechten und Frauenhaar (Poèmes. Lichens et fougères, impression artisanale; Bibliophile Ausgabe, 1993).
Traduction: Anke Andreesen; Philippe Caquant et Roger Noël.



Am Hang liegt noch Schnee,
doch Raps tuscht leuchtendes Gelb
ins saftige Feld


Möwenschrei im Wind.
Wenn Tage länger werden,
dann ruft mich das Meer


Der kleine Laubfrosch,
geschmückt mit altem Gras, sucht
eine neue Braut


Ganz schön dickköpfig
die geschorenen Weiden
dicht hinter dem Deich


Als Blütentaumel
fällt Frühling von den Bäumen
Flocke um Flocke


Sommergewitter!
Ein Wolkenbruch schäumt wild auf
gieriger Erde


Reich an Juwelen
verblüht die stolze Rose:
Tautropfen voll Glanz


Unerlaubtes Glück:
der warme Sommer läuft mit
dem Regen davon


Ein frecher Wind greift
in die reifen Früchte und
setzt den ersten Biß


Windstille im Bruch,
diebische Elstern zetern,
die Rohrdommel pfeift
Il reste de la neige sur la pente,
le colza colorie d'un jaune lumineux
le champ plein de sève


Cris des mouettes dans le vent.
C'est lorsque les jours s'allongent
que la mer m'appelle


La petite rainette,
parée de vieilles herbes, cherche
un nouvel amant


Sacrées têtes de bois
les saules élagués
serrés derrière la digue


Vertige de fleurs
le printemps tombe des arbres
flocon par flocon


Orage d'été!
Une pluie torrentielle écume sur
la terre avide


Riche de ses joyaux
la rose fière se fane:
rosée éclatante


Bonheur illicite:
l'été chaud s'enfuit
avec la pluie


Un vent effronté
agrippe les fruits mûrs et
donne le premier coup de dents


Calme plat dans le marais,
pies voleuses qui criaillent,
le butor siffle

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Ursula GRÖKEL

Ursula Grökel, née à Karlsruhe-Baden. Baccalauréat en 1939, suivi par des études de langues modernes, docteur ès lettres en 1946. A travaillé comme professeure de langues, carrière interrompue par une décennie comme secrétaire-interprète à la Mission d'Immigration du Canada à Karlsruhe et à Cologne, où elle vit présentement. A voyagé en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, en Polynésie et en Nouvelle-Zélande. A publié une pièce sur Anne de Bretagne et quelques textes brefs en prose. A commencé à écrire des haïkus en 1990. Membre de la Deutsche Haiku-Gesellschaft.
Traduction: Ursula Grökel; Philippe Caquant et Roger Noël.



Die Bäume des Parks
bilden ein Dach über mir.
- Kein andres so schön -


Ein Vogel zwitschert.
Es stört kein anderer Laut.
Die Wirklichkeit weicht.


Die Bambusbäume
sich neigen im Sommerwind.
So schmiegsam und zart.


Die Lotosblume,
weit geöffnet im Mondlicht,
ward Buddha zum Sitz.


Die Sonnenblume
erblüht durch der Sonne Kraft
und verdorrt durch sie.


Beeren rot und gelb
dort am Zaun im Sonnenschein.
- Fülle und Abschied -


Zwei rote Rosen
blühen noch im November.
Wie freut sich das Aug'.


Schwer lastet der Schnee
auf grünen Tannenzweigen.
- Wie blau der Himmel -


Wettkampf am Himmel
zwischen Flugzeug und Tauben
Mild lächelt der Mond.


Über den Wolken
schau ich den Himmel, doch es
schwindet die Erde.
Les arbres du parc
forment un toit au-dessus de moi.
- Quel joli abri -


Un oiseau gazouille.
Pas d'autre son qui dérange.
La réalité s'estompe.


Les bambous s'inclinent
sous le vent de l'été.
Si souples et délicats.


La fleur de lotus,
grande ouverte au clair de lune,
devenue siège du Bouddha.


La force du soleil
fait fleurir le tournesol
et le dessèche aussi.


Baies rouges et jaunes
là sur la clôture au soleil.
- Abondance et adieu -


Deux roses rouges
fleurissent encore en novembre.
Quelle joie pour l'oeil.


Elle pèse, la neige
sur les branches vertes des sapins.
- Qu'il est bleu, le ciel -


Concours aérien
entre avion et pigeons
indulgente, la lune sourit.


Au-dessus des nuages
je vois bien le ciel, mais
c'est la terre qui s'efface.

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Georges HARTMANN

Georges Hartmann, né en 1950 à Bitche, France, habite à Francfort où il travaille comme douanier. Il est membre de la Deutsche Haiku-Gesellschaft et du Frankfurter Haiku-Kreis.
Traduction: Georges Hartmann; Philippe Caquant et Roger Noël.







Gott schweigt beharrlich!
Die Kerze zu einer Mark
war wohl zu wenig.


Nichts ist trostloser
als ein leerer Briefkasten
nach dem Urlaubsflirt.


Stockdunkle Nacht.
Bloß im Telephonhäuschen
scheint mattgelbes Licht.


Knallrote Lippen,
Minirock und Netzstrümpfe,
das nenn ich Frühling!


Der Klassenlehrer
träumt von der Folterkammer.
Gute alte Zeit!


In den Wohnzimmern
bewundern sie Baumleichen.
Fröhliche Weihnacht.


Auf dem Dachboden
betrügt man das Schaukelpferd
ums Kinderlachen.


Der Frau am Fenster
bleibt nur ein leerer Schulhof
zur Ferienzeit.


Die Herbst-Kollektion
der Kastanien-Blätter
ist unverändert.


Den alten Ahorn
haben sie gestern gefällt,
mir den Herbst genommen.
Dieu se tait obstinément!
Le cierge à un mark
était sans doute insuffisant.


Rien de plus désolant
qu'une boîte aux lettres vide
après une amourette de vacances.


Nuit d'encre.
Seule la cabine téléphonique
brille d'un éclat jaune pâle.


Des lèvres rouge vif,
minijupe et bas résille,
ça, c'est le printemps!


Le professeur
rêve de la chambre de torture.
C'était le bon temps!


Dans les salons
ils admirent des sapins morts.
Joyeux Noël.


Sous les combles
le cheval à bascule, floué
du rire des enfants.


À la femme à la fenêtre
ne reste qu'une cour d'école vide
pour le temps des vacances.


La collection d'automne
des feuilles de châtaignier
demeure inchangée.


Le vieil érable
ils l'ont abattu hier,
m'ont volé l'automne.

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Brigitta JÖRNS

Brigitta Jörns est née à Stuttgart et vit à Weinstadt dans la vallée de la Rems. Elle est libraire et membre de la Deutsche Haiku-Gesellschaft.
Traduction: Sonia Engel; Philippe Caquant et Roger Noël.








Glitzernde Eiskristalle -
zu früh läuten die Meisen
den Frühling ein


Oh, der erste Schnee -
so freudig aufgenommen
wie schnell zerronnen!


Am Wintermorgen
Tumult beim Futterhäuschen
Kaffeeduft im Haus


Tautropfen glitzern
hell im Morgensonnenschein -
Geschenk des Nebels


Ausgeflogen die
Kohlmeisenjungen - schreien
trotzdem nach Futter


Abendbrise weht
durch den Aprikosenbaum -
hell ein Amsellied


Wie eine Sonne -
Zucchiniblüte im Garten
nach dem Nachtregen


Igel schnüffelt durch
den Garten - Schnecke hat sich
im Salat versteckt


Leise spielt der Mond
auf dem Asphalt - Nachtschwärmer
kehren singend heim


Eine Tür geht auf -
Licht strömt herein und Farben -
den Klängen lauschen...
Cristaux de glace scintillants -
les mésanges annoncent
trop tôt le printemps


Oh, la première neige -
accueillie avec tant de joie
si vite fondue!


Matin d'hiver
tumulte autour de la mangeoire
arôme du café dans la maison


Des gouttes de rosée scintillent
éclatantes au soleil du matin -
cadeau de la brume


Elles ont quitté le nid
les petites mésanges charbonnières -
mais réclament toujours la becquée


La brise du soir
souffle dans l'abricotier -
le chant clair d'un merle


Comme un soleil -
la fleur de courgette dans le jardin
après la pluie nocturne


Le hérisson renifle à travers
le jardin - l'escargot s'est caché
dans la salade


La lune câline l'asphalte -
des noctambules
rentrent en chantant


Une porte s'ouvre -
clarté et couleurs entrent à flots -
tendre l'oreille aux sons...

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Krisztina KERN

Krisztina Kern, née à Wertheim-sur-le-Main, habite à Francfort et travaille dans une banque. Elle est membre de la Deutsche Haiku-Gesellschaft et du Frankfurter Haiku-Kreis.
Traduction: Georges Hartmann; Philippe Caquant et Roger Noël.







Diese dumme Gans
liegt quer im Backofen und
ist völlig verqualmt.


Mitten in der Stadt
eine Allee Platanen.
Welch zaghaftes Grün.


Caféhausgarten.
Versteckt im Großstadtgewühl
kleine Oase.


Wiesenchampignons
mit Sonne vollgesogen,
schmoren auf dem Herd.


Ein neuer Lover
und die Heizdecke im Schrank
bleibt eingemottet.


Ein schmaler Pfad nur
führt diesen Abhang entlang,
zu eng für uns zwei.


Am Sonntagmorgen
schimpft der Spatz wieder am Fenster.
Ob er verreist war?


Drückende Schwüle.
Im Sitzungssaal plötzlich
der Duft von Flieder.


Jetzt, wo alles sprießt,
liegen Parkbäume gefällt
im ersten Grün.


Pfauenruf durchdringt
die Stille des Sommertags.
Das Tier bleibt unsichtbar.
Cette oie stupide
est en travers du four et
fait beaucoup de fumée.


Au coeur de la ville
une allée de platanes.
Oh! ce vert timide!


La tonnelle du café.
Dans la cohue de la grande ville
petite oasis cachée.


Les champignons des prés
bourrés de soleil
cuisent au four.


Un nouvel amant
et la couverture chauffante reste
rangée dans l'armoire.


Trop étroit, le sentier
qui mène au long du versant
pour marcher côte à côte.


Dimanche matin
le moineau rouspète de nouveau à la fenêtre.
Il était donc en voyage?


Chaleur étouffante.
Soudain, dans la salle de conférences
le parfum des lilas.


Alors que tout sort de terre
les arbres du parc gisent abattus
tout juste reverdis.


Le cri du paon transperce
le silence de la journée d'été.
L'animal reste invisible.

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Werner MANHEIM

Werner Manheim est né à Lissa, Pologne, et vit à Fort Wayne, États-Unis. Il a étudié à Berlin et aux États-Unis. Il a une maîtrise en musique et un doctorat en Beaux-Arts. Il est professeur de littératures allemande et française à l'Université d'Indiana. Il est écrivain, éditeur et traducteur de publications bilingues (allemand et anglais). Ses recueils de poèmes sont généralement composés de formes diverses (haïku, senryû, tanka, renga, sonnet et autres). Parmi ses nombreuses oeuvres, citons: Schatten über Blütentau (Des ombres sur la rosée des fleurs; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1987), Im Atem der Nacht (Dans le souffle de la nuit; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1989), Einsam zieht die Nacht (La nuit tire en solitude; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1990), et trois recueils bilingues (allemand et anglais): Herbstmusik (Musique automnale; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1991), Ein Halm im Wind (Un fétu dans le vent; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1993), Grün hebt die Erde (La terre verdit; Verlag Graphikum Dr. Mock, 1996).
Traduction: Werner Manheim; Philippe Caquant et Roger Noël.



Vom Baum geschüttelt,
tanzt goldnes Blatt im Strom,
als lebte es noch.


In Raschelschritten
kündet das goldne Blattwerk
die Herbstmusik an.


Die Landschaft durchbohrt
die letzten Nebelfetzen. -
Farben ermattet.


Die Brücke erschrickt,
wenn Nebel sie einwickelt
und Sicht gefährdet.


Im Schneegefieder
verschwinden die Konturen -
wie Geist hinterm Wort.


Im Blaugewölbe
hängt fadenscheinig der Mond. -
Finsternis stärkt ihn.


Fahl und abgenutzt,
morsch sind Worte geworden,
zerfallen in nichts.


Ein kleiner Mißton
gibt der Melodie den Schliff.
Makellos ist matt.


Vom Traum erschüttert,
geht ein heller Tag vorbei,
als sei er schuldig.


Wie die Wolke weicht,
erklärt sich der Mond bereit
zu fahlen Schatten.
Jetée à bas de l'arbre,
la feuille dorée danse dans le courant,
comme vivante encore.


À pas frémissants
le feuillage doré annonce
la musique de l'automne.


Le paysage perce
les derniers lambeaux de brouillard. -
Les couleurs faiblissent.


Le pont s'effraie
quand le brouillard l'enveloppe
et compromet la vue.


Dans ce plumage de neige
les contours disparaissent -
comme l'esprit derrière le mot.


De la voûte bleutée
pend une lune élimée. -
L'obscurité la revigore.


Blêmes et usées,
les paroles décomposées,
s'effondrent et s'anéantissent.


Une légère fausse note
donne de l'éclat à la musique.
L'impeccable est terne.


Tiré du rêve en sursaut,
passe un jour brillant,
comme s'il était coupable.


Comme le nuage se retire,
la lune se déclare prête
pour les ombres blafardes.

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Erika SCHWALM

Erika Schwalm est née en 1941 à Francfort où elle habite toujours. Elle est présidente d'une école de sogetsu, une branche de l'ikebana. Elle a fait plusieurs voyages d'études au Japon. Elle est membre-fondatrice de la Deutsche Haiku-Gesellschaft et fondatrice du Frankfurter Haiku-Kreis. Elle a publié: Ikebana und Haiku (Ikebana et haïku; Bläschke-Verlag St. Michael, 1982) et Ikebana (Falken-Verlag Niedernhausen, 1996).
Traduction: Werner Manheim; Philippe Caquant et Roger Noël.




Zeitung lese ich,
doch mich fesselt der Duft der
Chrysanthemenpracht


Hyazinthenduft.
Durch die Wohnungstür schreitet
eine müde Frau.


Blätterfärbung vertreibt
meine miese Laune nach
der Büroarbeit.


Sommerzeit im Haus.
Auf dem Balkon sinkt mein Kopf
in die Joghurtschüssel.


Langsam ernte ich
Renekloden und still frißt
mit ein Schmetterling.


Regnerischer Herbst.
Im japanischen Dampfbad
gut aufgehoben.


Trotz Winterkälte
verkauft Lagerfeld Mode
an die Snobs der Welt.


Leere Gartenstühle
Regentropfen auf den Tischen
und ein regloser Falter.


Stets unzufrieden
diese Mieter. Selbst Blumen
im Herbstschmuck stören.


Eine Grille krabbelt
an das Windlicht am Tisch.
Die Nacht bricht herein.
Le journal, je le lis
mais ce qui me captive, c'est le parfum
des chrysanthèmes en pleine gloire.


Parfum de jacinthes.
Une femme fatiguée
franchit le seuil de la maison.


Les couleurs du feuillage
chassent mon humeur de chien
après le bureau.


L'été à la maison.
Sur le balcon, ma tête s'affaisse
dans le saladier.


Je récolte lentement
les reines-claudes - silencieux,
un papillon se joint au repas.


Automne pluvieux.
Dans le bain de vapeur japonais
je suis en de bonnes mains.


Malgré le froid de l'hiver
Lagerfeld vend ses modèles
aux snobs de par le monde.


Des chaises de jardin vides
des gouttes de pluie sur les tables
et un papillon immobile.


Toujours mécontents, ces locataires.
Même les fleurs dans leur parure d'automne
les gênent.


Un grillon trottine
vers le lumignon sur la table.
La nuit tombe.

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