états-unis .

ÉTATS-UNIS


L. A. DAVIDSON
Garry GAY
James W. HACKETT
Christopher HEROLD
Gary HOTHAM
John HUDAK
Elizabeth S. LAMB
Robert SPIESS
Wally SWIST
Michael Dylan WELCH


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L. A. DAVIDSON

L. A. Davidson est née en 1917 et a grandi sur un ranch du centre du Montana; elle habite dans le Greenwich Village de New York, New York, depuis 1963. Elle est diplômée de l'Université du Minnesota. Elle a été journaliste pendant six ans dans le Dakota du Sud. Par la suite, mariée et mère de deux filles, elle a habité dans diverses villes des États-Unis, en Angleterre et en Ouganda, et elle a beaucoup voyagé. Elle s'intéresse à l'écriture depuis son tout jeune âge. Elle a commencé à étudier le haïku en 1966. En 1968, elle était l'un des 22 membres-fondateurs de la Haiku Society of America et elle a rempli diverses fonctions au sein de cette association par la suite. Elle est également membre de Haiku Canada, de Haiku International Association du Japon et de la British Haiku Society. Ses haïkus, pour lesquels elle a gagné plusieurs prix, de même que ses articles sur le haïku ont été largement publiés et repris dans des revues et des anthologies, et cités dans divers autres ouvrages. Elle a été coéditrice de A Haiku Path: The Haiku Society of America 1968-1988 (H.S.A., 1994). Elle a publié le recueil de haïkus The Shape of The Tree (Wind Chimes, 1982, 1991, 1996).
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



beyond
stars beyond
          star


winter morning
without leaf or flower
the shape of the tree


where sea and sky meet
only hazy fishing boats
    dividing the gray


between boulders
a horse I never knew
white bones


on the subway stairs
an old shopping-bag woman
shrinks into her rags


as I read his note
in the garden the mockingbird
switches its song


hunched in the grass
the cheetah eyes us sideways
tearing at red flesh


near Roman ruins
a Bedouin tends his sheep
under fighter jets


    over tombstones
weathered by sea wind
        organ music


spring planting
from eyes of one potato
a dozen plants
au-delà
des étoiles au-delà
                une étoile


matin d'hiver
sans feuille ni fleur
les contours de l'arbre


là où ciel et mer se confondent
seuls des bateaux de pêche embrumés
    séparent le gris


entre les rochers
un cheval que je n'ai jamais connu
des os blancs


dans les marches du métro
une vieille itinérante
disparaît dans ses haillons


pendant que je lis son mot
dans le jardin le moqueur
change de chant


blotti dans l'herbe
le regard oblique du guépard
qui déchire de la chair rouge


près de ruines romaines
un Bédouin garde ses moutons
sous les chasseurs à réaction


    au-dessus des pierres tombales
patinées par le vent de la mer
        une musique d'orgue


plantations de printemps
des yeux d'une pomme de terre
une douzaine de plants

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Garry GAY     PhotoGarry@aol.com

Garry Gay est poète et photographe professionnel; il habite à Windsor, Californie. Il a été cofondateur l'association Haiku Poets of Northern California et président de 1989 à 1990, président de la Haiku Society of America en 1991 et, la même année, fondateur de l'association Haiku North America. Il est le créateur de la forme rengay. Il a publié à sa maison d'édition Smythe-Waithe Press: The Billboard Cowboy (1982), The Silent Garden (1982) et Wings Moonlight (1993), ainsi que The San Francisco Haiku Anthology (1992). The Long Way Home (Brooks Books, 1999) contient des haïkus écrits par l'auteur depuis vingt ans, ainsi que des photos.
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



Along the way
an old oak branch
becomes a walking stick


The trail forks...
taking the one
with wild flowers


North star -
poking the embers
with the walking stick


Indian summer -
the Golden Retriever
shaking off the river


Morning glory;
wrapping itself in the blue
of twilight


Urban stream -
a heron's slow steps
around an old tire


Reflected
in the sword's blade
soft summer clouds


I wander
the backwoods
with the autumn wind


September stillness...
the long wait for the heron
to move


Autumn drizzle
the rusted tricycle
in the river bed
Chemin faisant
d'une vieille branche de chêne
je fais un bâton


Croisée de sentiers...
je prends celui
des fleurs sauvages


Étoile polaire -
je tisonne la braise
avec mon bâton


Été indien -
le golden retriever
secoue l'eau de la rivière


Belle-de-jour;
elle s'enveloppe dans le bleu
de la fin du jour


Ruisseau urbain -
les pas lents d'un héron
autour d'un vieux pneu


Reflétés
sur la lame de l'épée
les nuages du doux été


Je vagabonde
dans la forêt
avec le vent d'automne


Immobilité de septembre...
la longue attente avant que le héron
bouge


Bruine d'automne
le tricyle rouillé
dans le lit de la rivière

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James W. HACKETT

James W. Hackett est né en 1929 à Seattle, Washington, et il habite à La Honda, Californie. Ami et disciple reconnaissant de R. H. Blyth, H. G. Henderson et Roshi Soen Nakagawa, il a été profondément influencé par le taoïsme et le zen; le haïku est pour lui est une façon de vivre plus qu'un art poétique. Il a voyagé et habité au Japon. Pionnier du haïku en langue anglaise dès les années 50, il était, en 1964, le grand gagnant du premier concours de haïku organisé aux États-Unis par la compagnie Japan Air Lines. Il est juge de concours de haïku, fait des lectures publiques, donne des conférences et est souvent interviewé à la radio et à la télévision de divers pays. Ses haïkus sont largement cités dans diverses anthologies et autres publications. La British Haiku Society décerne chaque année un prix qui porte son nom. Il a publié Haiku Poetry (volumes 1 et 2: Hokuseido, 1964; volumes 1, 2, 3 et 4: Japan Publications, 1968), The Way of Haiku (Japan Publications, 1968), Bug Haiku (Japan Publications, 1968); sous le titre Le cri du faucon, haïkus et autres poèmes zen (Voix d'encre, 1996), Patrick Blanche a traduit des extraits de Zen Haiku and Other Zen Poems (Japan Publications, 1983. Distribution: Zen View Distributors, P.0. Box 313, La Honda, CA 94020 USA; British Haiku Society, Sinodun, Shalford, Braintree, Essex CM75HN UK).
Traduction des haïkus: Patrick Blanche.



With every gust of sun,
   a halo of golden down
      surrounds the hawk.


Searching on the wind,
   the hawk's cry...
      is the shape of its beak.


Deep within the stream
   the huge fish lie motionless,
      facing the current.


A tiny spider
   has begun to confiscate
      this cup's emptiness.


The fleeing sandpipers
   turn about suddenly
      and chase back the sea!


A bitter morning:
   sparrows sitting together
      without any necks.


City loneliness...
   dancing with a gusty wind:
      yesterday's news.


A distant dog
   is adding another shade of gray
      to the morning.


For a real measure
   of the day's heat, see the length
      of the sleeping cat.


Pavillion empty,
   the old Shanghai gardener
      dances with herself.
À chaque percée de soleil,
   un halo de duvet d'or
      nimbe le faucon.


Sondant le vent,
   le cri du faucon - n'a-t-il pas
      la forme de son bec...


Au fond du ruisseau
   sans bouger, les gros poissons
      font face au courant


Petite araignée
   qui commence à confisquer
      le vide du bol.


Les bécasseaux en fuite
   soudain se retournent
      et chassent la mer!


Matin de froid vif:
   des moineaux l'un contre l'autre
      sans l'ombre d'un cou.


Solitude des villes...
   elles dansent à chaque coup de vent
      les nouvelles d'hier.


Un chien de loin
   ajoute une touche de gris
      à la matinée.


Pour mesurer la chaleur
   du jour, vois la longueur
      du chat qui dort.


Pavillon désert,
   la vieille jardinière de Shanghai
      danse avec elle-même.

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Christopher HEROLD     HeronsNest@aol.com

Christopher Herold est né à Suffern, New York, en 1948 et il habite à Redwood City, Californie. ll écrit des haïkus, des tankas et des rengas depuis une trentaine d'années. Il écrit également des essais sur le haïku, donne des conférences et anime des ateliers d'écriture. Ses poèmes ont été publiés dans un grand nombre de revues et d'anthologies de divers pays. Il a reçu plusieurs prix dont celui du Museum of Haiku Literature du Japon et, à deux reprises, celui de la Haiku Society of America. Il a été juge de concours de haïku, notamment ceux organisés par la compagnie Japan Air Lines. De 1992 à 1993, il a été président de la Haiku Poets of Northern California et, de 1993 à 1994, coéditeur de la revue Woodnotes. Il a collaboré à diverses anthologies de haïkus publiées par Two Autumns Press, la plus récente étant A Path to the Sea (1995). Il a participé à la publication d'une série d'essais intitulée The Art of Haiku dans la revue Geppo de la Yuki Teikei Haiku Society. Il a publié les recueils In Other Words (Jarus, 1981), Coincidence (Kanshiketsu, 1988) et Voices of Stone (Kanshiketsu, 1995, 1996, 1997).
Traduction des haïkus: Albine Becht, André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



cloud shadow
  long enough to close
the poppies


bird shadow
  from tree shadow
      to fence shadow


hot night
  within the din of crickets
  a single cricket


breakfast alone
  squeezing juice from an orange
  full of seeds


redwood
of all your branches, this one
touches my window


fields flooded
  beneath the surface, somewhere
the river bends


dawn...
a ship's running lights twinkle
among setting stars


dark, dark night
  a leaf strikes the pavement
  stem first


can you hear it
  spilling from pool to pool?
river of stars


this purple flower
                    at last I
forget its name
l'ombre du nuage
  dure assez pour fermer
les pavots


l'ombre d'un oiseau
  de l'ombre de l'arbre
      jusqu'à l'ombre de la clôture


nuit chaude
  dans le concert des grillons
  un seul grillon


déjeuner solitaire
  je presse le jus d'une orange
  pleine de pépins


séquoia
de toutes tes branches, une seule
frôle ma fenêtre


champs inondés
  sous la surface, quelque part
la rivière tourne


aube...
les feux d'un navire scintillent
parmi les étoiles pâlissantes


nuit noire, noire
  une feuille frappe le pavé
  la tige la première


l'entendez-vous
  tomber de flaque en flaque?
la rivière d'étoiles


cette fleur pourpre
                      enfin j'ai
oublié son nom

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Gary HOTHAM

Gary Hotham est né près de Presque Isle, Maine, en 1950 et il habite à Laurel, Maryland. Il a étudié à l'Université du Maine où il a obtenu, en 1972, un baccalauréat en histoire. Il a séjourné au Japon et en Allemagne. Il écrit des haïkus depuis les années 60. Il a publié: Without The Mountains (Yiqralo Press, 1976), The Fern's Underside (Juniper, 1977), Off And On Rain (High/Coo, 1978), Against The Linoleum (Yiqralo, 1979), This Space Blank (Juniper, 1984), Pulling Out The Bent Nail (Wind Chimes, 1988), As Far As The Wind Goes (Juniper, 1990), The Wind's View (Juniper, 1993), Before All The Leaves Are Gone (Juniper, 1996), Hairs and Hawk Circles (Tel-Let, 1996) et Footprints & Fingerprints (Lilliput Review, 1998). Ses haïkus ont été repris dans plusieurs revues et anthologies: The Haiku Anthology (Doubleday, 1974; Simon & Schuster, 1986), Wind in The Long Grass (Simon & Schuster, 1991), Haiku Moment (Tuttle, 1993), Haiku Seasons (Kodansha, 1996) et Haiku World (Kodansha, 1996).
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



fog.
sitting here
without the mountains


coffee
in a paper cup -
a long way from home


loud wind -
the bed unmade
all day


another day of snow -
the statue's fingers
broken off


as far as the light goes
my daughter goes
after the firefly


spring wind -
my wife drinks from a cup
we've always had


distant thunder -
the dog's toenails click
against the linoleum


snow now rain -
your picture
by mine


this summer night -
she lets the firefly glow
through the cage of her fingers


the sound they make
the sound I make
autumn leaves
brouillard.
assis ici
sans les montagnes


café
dans un verre en papier -
bien loin de la maison


vent bruyant -
le lit défait
toute la journée


nouveau jour de neige -
les doigts de la statue
brisés


jusqu'au bout de la lumière
ma fille court
après la luciole


vent de printemps -
ma femme boit dans une tasse
que nous avons depuis toujours


tonnerre au loin -
les griffes du chien cliquettent
sur le linoléum


pluie après la neige -
ta photo
près de la mienne


nuit d'été -
elle laisse la luciole scintiller
à travers les barreaux de ses doigts


le bruit qu'elles font
le bruit que je fais
les feuilles d'automne

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John HUDAK     jhudak@pobox.com

John Hudak est né à Framingham, Massachusetts, en 1958 et il habite à New York, New York. Il est libraire spécialisé dans les premières éditions de livres du vingtième siècle. À la suite de la lecture d'un article sur le haïku, en 1994, il a constaté que son travail d'enregistrement de bruits de la nature et de musicien acoustique était semblable à celui de l'écriture du haïku, et il a commencé à en écrire. Il a publié, à compte d'auteur, les recueils new winter (1995) et drawings and haiku: up state (1996). Il est membre de la Haiku Society of America, et du Spring Street Group de New York. Il a participé au projet Manray.
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



bicycle wheels trace
rainwater
beyond the puddle


morning sun:
three plum pits
in a porcelain bowl


after the rain
the face of the snail


the corner fruit man
feeds a young dog
a grape


a whistle blows
my foot snaps
the milkweed stem


floating mist
passing by the house window
burnt toast


the flour dust
from the bakery
still on her black dress


an instant picture
lying face down
in a puddle


in her chinese robe
a last breath beneath
the budding magnolias


spring -
the little gnats
keep me company
trace de roues de bicyclette
eau de pluie
au-delà de la flaque


soleil matinal:
trois noyaux de prune
dans un bol en porcelaine


après la pluie
le visage d'un escargot


le marchand de fruits du coin
donne un raisin
au jeune chien


un coup de sifflet
mon pied écrase
une tige d'asclépiade


du brouillard qui flotte
entre par la fenêtre
pain brûlé


de la farine
de la boulangerie
restée sur sa robe noire


image d'un instant
à plat ventre
dans une flaque d'eau


dans son peignoir chinois
un dernier soupir sous
les magnolias en bourgeons


printemps -
de petites mouches noires
me tiennent compagnie

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Elizabeth S. LAMB

Elizabeth S. Lamb est née en 1917 dans le Kansas et habite, depuis 1977, à Santa Fe, Nouveau-Mexique. En 1961, après plusieurs années passées en Amérique Centrale et en Amérique du Sud avec son mari Bruce Lamb, ingénieur forestier, elle est revenue aux États-Unis, à New York, où elle a découvert le haïku. En 1963, elle a commencé à publier de ses haïkus, notamment dans American Haiku, la première revue américaine de haïkus. Le 23 octobre 1968, elle a participé à la première rencontre de la Haiku Society of America. Elle a été directrice de la revue de haïkus Frogpond de 1984 à 1990, et en 1994. Elle a fait don de ses archives personnelles à la California State Library de Sacramento qui ouvrait, en juillet 1996, la section American Haiku Archive et elle en est devenue curatrice honoraire. Elle a publié les recueils de haïkus: in this blaze of sun (From Here, 1975), Picasso's 'Bust of Sylvette' (Garlinghouse, 1977), 39 Blossoms (High/Coo, 1982), Casting Into A Cloud: Southwest Haiku (From Here, 1985), Lines for my mother, dying (Wind Chimes, 1988), The Light of Elizabeth Lamb (haïkus traduits en chinois; Haiping Gong, Chine/Winner Press, Hong Kong, 1993) et Ripples Spreading Out: Poems for Bruce and Others (Tiny Poems Press, 1997).
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



pausing
halfway up the stair -
white chrysanthemums


wind in the sagebrush -
      the same dusty color
            the smell of it


deep into this world
of Monet water lilies
                        no sound...
une pause
au milieu de l'escalier -
chrysanthèmes blancs


vent dans l'armoise -
      la même couleur poussiéreuse
            son odeur


plongé dans le monde
des nénuphars de Monet
                          aucun bruit...


the fisherman casting into a cloud   deepening shadows
          le pêcheur lance sa ligne dans un nuage   ombres plus intenses


a plastic rose
rides the old car's antenna -
spring morning


the year turns -
on the harp's gold leaf
summer's dust


the broken harp string
curving
into sunlight


O'Keeffe's Black Cross
the wind blows and blows
in the high desert


a flight of birds
breaks the stillness of sky
no cloud moves


a tinamou calls -
beside the little stream
the jungle darkens
une rose en plastique
sur l'antenne d'une vieille auto -
matin de printemps


l'année s'achève -
sur la feuille en or de la harpe
de la poussière de l'été


la corde brisée de la harpe
se tourne
vers la lumière du soleil


la Croix noire de O'Keeffe
le vent souffle sans cesse
au coeur du désert


une volée d'oiseaux
brise la quiétude du ciel
aucun nuage ne bouge


un tinamou crie -
à côté du petit ruisseau
la jungle s'obscurcit

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Robert SPIESS

Robert Spiess est né à Milwaukee, Wisconsin, en 1921 et il habite à Madison, Wisconsin. Il a publié ses premiers haïkus il y a près de 50 ans. Depuis 1978, il est directeur de Modern Haiku , une revue de haïkus fondée en 1969 par Kay Titus Mormino, et la plus ancienne revue de haïkus hors du Japon. Il a publié sept recueils: The Heron's Legs (American Haiku, 1966), The Turtle's Ear (Wells Printing, 1971), Five Caribbean Haibun (Wells Printing, 1972), The Shape of Water (Modern Haiku, 1982), The Bold Silverfish and Tall River Junction (Modern Haiku, 1986), The Cottage of the Wild Plum (Modern Haiku, 1991) et Noddy (Modern Haiku, 1997), ainsi qu'un ouvrage sur le haïku: A Year's Speculations on Haiku (Modern Haiku, 1995).
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



the field's evening fog–
  quietly the hound comes
      to fetch me home


an unspoken love–
   i envy the oriole
      that sings   that sings


        ha!
        even
        for
        one
        laden
        with
        duality
        blossoming
        wild
        plum!


braver
   this winter
than i–
   the sparrows
that seemed
   so cheeky
in spring


the thin cheeps
   of street sparrows
and harsh caws
   of city crows
my winter


        church
        crucifix
        deeper
        than
        customary
        the
        zen
        master
        bows


becoming dusk–
   the catfish on the stringer
      swims up and down


a stray mongrel
   stands quietly in the yard
      – autumn rain


casting off the lines–
   odor from the wooden wharf
      of drying dew


someone old
   stands in the grove–
the blossoms
   so fresh again
on wild plum
brouillard du soir sur le champ–
  sans bruit le chien vient me chercher
      pour me reconduire à la maison


un amour muet–
   j'envie le loriot
      qui chante   qui chante


        ah!
        même
        pour
        quelqu'un
        plein
        de
        contradictions
        fleurit
        le prunier
        sauvage!


cet hiver
   plus braves
que moi–
   les moineaux
qui semblaient
   si effrontés
au printemps


le doux pépiement
   des moineaux de la rue
et les croassements rauques
   des corneilles de la ville
mon hiver


        le crucifix
        de l'église
        que
        le
        maître
        zen
        salue
        plus profondément
        que d'habitude


fin du jour–
   la barbotte va et vient
      au bout de sa corde


un chien errant
   tranquille dans la cour
      – pluie d'automne


on largue les amarres–
   odeur de rosée qui sèche
      sur le quai de bois


quelqu'un de vieux
   se tient dans le bosquet–
les fleurs
   de nouveau si fraîches
au prunier sauvage

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Wally SWIST

Wally Swist est né à New Haven, Connecticut, en 1953 et habite depuis une quinzaine d'années à Amherst, Massachusetts. Il a publié les recueils de poèmes For the Dance (Adastra, 1991) et The New Life (Plinth Book, 1998), ainsi que les recueils de haïkus: Unmarked Stones (Burnt Lake, 1988), Blowing Reeds (Timberline Press, 1995), The Mown Meadow (Los Hombres Press, 1996) et train whistle (proof press, 1996). Ses haïkus, poèmes, essais et critiques ont paru dans diverses revues, dont: The American Book Review, Modern Haiku, Osiris, Poetry East, The Small Press Review et Yankee.
Traduction des haïkus: André Duhaime, Jean-Mario Longpré et Andrea Moorhead.



buzz of silence -
the apiary submerged beneath
hives of snow


snow sifts through the creaking pines...
      one chickadee calls
after another


walking farther into it
      the farther it moves away
spring mist


deep bend of the brook
      the kingfisher's chatter
after its dive


that one bird
with a hinge in its voice
creaks in the wind


soothing rain:
the mown meadow releases
pungence of mint


tall stands of tansy
bob across the meadow
yellow upon yellow


dusk fades to peach -
wasps tenderly brushing against
splintered barn wood


streaked dawn sky -
goldfinches spreading out
through purple loosestrife


Indian summer
the teal of a mallard's head
rinsed with sunlight
bourdonnement de silence -
le rucher englouti sous
un amoncellement de neige


la neige à travers les pins qui grincent...
      une mésange en appelle
une autre


plus je marche dedans
      plus il s'éloigne
le brouillard du printemps


méandre profond du ruisseau
      le jacassement du martin-pêcheur
après son plongeon


cet oiseau
avec un gond dans la voix
grince dans le vent


pluie apaisante:
de la prairie fauchée monte
une âcre odeur de menthe


de hautes touffes de tanaisie
ondulent dans la prairie
jaune sur jaune


le soir tourne au pêche -
les guêpes frôlent doucement
le bois fendillé de la grange


le ciel strié de l'aube -
les chardonnerets se dispersent
dans la salicaire


Été indien
le turquoise du colvert
baigné de soleil

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Michael Dylan WELCH     WelchM@aol.com

Michael Dylan Welch est né en 1962 à Watford, Angleterre. D'abord venu au Canada en 1973, il habite à Foster City, Californie, depuis 1988. Il est responsable de collection chez IDG Books Worldwide. Il a été membre du comité directeur de l'association Haiku Poets of Northern California de 1991 à 1996, coorganisateur des rencontres bisannuelles Haiku North America Conferences en 1991, cofondateur de la section American Haiku Archive à la California State Library en 1996 et vice-président de la Haiku Society of America en 1997. Il publie régulièrement des articles et des essais sur le haïku, anime des ateliers d'écriture, donne des conférences et est juge de divers concours. Il est directeur de la revue de haïkus Woodnotes depuis 1989 et de la revue Tundra. À ses éditions Press Here, il a publié 17 ouvrages, dont une anthologie de senryûs (Fig Newtons: Senryu to Go, 1993), une anthologie de tankas (Footsteps in the Fog, 1994), une anthologie de haïbuns (Wedge of Light, 1998) et diverses anthologies de haïkus. Il a été l'un des coéditeurs de A Haiku Path (H.S.A., 1994), un ouvrage collectif retraçant les vingt ans de la Haiku Society of America. Sa bibliothèque personnelle compte plus de 1,800 titres relatifs au haïku. Il a publié les recueils de haïkus Tremors, Earthquake Haiku (Press Here, 1990) et The Haijin's Tweed Coat (Press Here, 1990). Il s'intéresse également au renga (ou renku). Voir son site: Captain Haiku's Secret Hideout.
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



mountain spring–
   in my cupped hand
      pine needles


summer heat–
   two squirrels
      meet on a wire


first cold night–
smell of hot dust
from the vent


visiting mother–
again she finds
my first grey hair


an old woolen sweater
   taken yarn by yarn
      from the snowbank


after the quake
   the weathervane
      pointing to earth


December dawn–
the shape of the flower bed
under fresh snow


clicking off the late movie. . .
     the couch cushion
     reinflates


empty field
a hay rack
collecting tumbleweeds


a withered apple
caught in an old spine rake
. . . blossoms fall
source de montagne–
   dans le creux de ma main
      des aiguilles de pin


canicule–
   deux écureuils
      se rencontrent sur un fil


première nuit froide–
l'odeur de poussière chaude
de la bouche d'air


en visite chez ma mère–
de nouveau elle trouve
mon premier cheveu blanc


un vieux tricot de laine
   tiré fil par fil
      du banc de neige


après le tremblement de terre
   la girouette
      pointe vers le sol


aube de décembre–
la forme de la plate-bande
sous la nouvelle neige


j'éteins le dernier film. . .
     le coussin du sofa
     reprend sa forme


champ vide
un support à foin
garni d'amarantes


une pomme ratatinée
prise dans un vieux râteau
. . . fleurs qui tombent

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.