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matin encore nuit elle consulte l'horaire des bus en buvant le thé ombre épouvantable des tilleuls taillés sur le mur de l'école premier fauchage la rouille de l'année disparaît dans l'herbe abeille! abeille! quand on les appelle elles ne viennent pas première chaleur la boulangère a piqué une pâquerette à son décolleté herbe jaunie coquelicots plus pâles la saison s'efface collines de ses seins je les ai parcourues du bout des doigts l'univers est un grand mystère dit-il en regardant un carré de poireaux feuilles mortes dans la lumière d'automne tranquillement vieux calvaire au carrefour de deux routes laquelle choisir? |
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Printemps enneigé Fleurs si roses des pommiers Dans les soirs, jadis... Un oiseau d'argile Posé sur la cheminée: Fragments de mémoire. Sous le bleu du ciel L'absence chère a pesé De son poids d'acier. Longues allées d'arbres, Sur la route désertée La chanson du vert. Les grands sapins bleus Un émoi parmi le vent: Bonheur d'être en vie. Échos d'autrefois Parmi le silence blanc Et l'aube endormie. Être ce passage Embouchure et océan: Éclats dans le soir. Au coeur de l'été L'angoisse du temps qui passe: Mémoire d'automne. Roche qui craquelle Fracture de la douleur Milieu de la vie. Un géranium blanc La jeune fille si belle Dans le soir tombant. |
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Daniel Biga est né le 23 mars 1940 (bélier 1er décan, ascendant scorpion) à Nice (Occitania) et, après bien des métiers, bien des amours et bien des errances, vit actuellement à Nantes (Breiz) où il enseigne à l'École Régionale des Beaux-Arts. Peintre, artiste multimédia et poète de langue (approximativement) française. il a publié une trentaine d'ouvrages depuis Oiseaux Mohicans (1966 - dernière réédition en 1984 aux éditions du Cherche-Midi) et autres bad sellers (hic!) de l'underground.
On retrouve notamment ses haïkus dans C'est l'été! (Cadex, 1991), Éclairs entrevues (Tarabuste, 1991) et La chasse au haïku (Le chat qui tousse, 1998). Publications récentes: Carnet des refuges (L'Amourier, 1997), Sept anges (L'arbre, 1997), Détache-toi de ton cadavre (Tarabuste, 1998), Éloges des joies ordinaires (Wigwam, 1999) et Le chant des batailles (L'Amourier, 1999). Longtemps marginal par vocation, à jamais rebelle par nécessité, demeuré humaniste - malgré tout et sans aucune illusion sur l'homme! - , il souscrit toujours pleinement à la définition de son ami Robert Filiou: «l'art c'est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art» comme à l'affirmation de William Carlos Williams: «le lieu du poème c'est le monde»! Et sa poévie - c'est le Conte (ou le compte) des jours ordinaires. (Photo: Marc Dieulangard)
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au matin dans le tonneau un hublot de glace en s'endormant le ronfleur s'est réveillé je bêche mon jardin le rouge-gorge patiente longtemps après la péniche la vague atteint la rive pédalant seul avec le vent et le fleuve à l'ombre de la digue la mer est plus fraîche instant fugitif l'oiseau passe éclipse d'avion un brin de coriandre dans ma dent creuse voyage en Orient mangeant des olives crachant des noyaux face à l'orage l'ombre et le stylo se rejoignent au bout de la plume |
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Les reflets du soir sur le ventre de la pie quand les jours s'allongent La couleur des pivoines usée par les pluies de mars Une aube de brume Le braiment d'un âne s'accroche aux grands peupliers Est-ce déjà l'aube? Nuit de canicule Sur le derrière de ma femme l'éclat de la lune Un festin de graines! Ces petites mains des rats si semblables aux nôtres Une limace ivre parmi le raisin pourri Pluvieuses vendanges Le chrysanthème blanc devenu au fil des jours un chrysanthème mauve Matin de Noël Les cris de l'enfant autiste chantent un peu plus Le tilleul s'est tu De la neige dans la cour n'en reste presque plus Guère facile d' apprendre l'humilité Moineau printanier |
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Né en 1961 à Brazzaville (Congo), Jean-Louis Bouzou partage sa prime enfance entre l'Afrique et la côte d'Azur (Hyères) d'où un goût prononcé pour les couleurs vives et les lumières intenses - ainsi qu'une paresse notoire qu'en bon Provençal il revendique - mais dont il rejette la faute - bien entendu - sur ce sacré soleil. De retour à Hyères depuis quelques années, la seule véritable passion dans la vie de ce nonchalant dilettante, est la création; d'où une activité de barbouilleur, de bricolo et très accessoirement de scribouilleur... quand le soleil ne tape pas trop fort. Il a notamment publié les recueils Tout petits riens (Atelier Mistral, 1999) et
De jour… comme de nuit (2000). Il a été responsable de la revue électronique Carpe Diem et d'une anthologie de poésie française.
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Sa façon à lui de me dire bonjour - Tu veux un café? Parlant avec l'océan coquillage contre l'oreille - la petite fille. Sur le portemanteau la casquette et la veste qu'il ne mettra jamais plus. Les dents du clochard hilare - un clavier de piano. Méditant sur l'éternité je n'ai pas vu le temps passer. Aujourd'hui quelques bulbes sales demain de jolies fleurs. Ennemis jurés des châteaux de sable - les pieds des enfants. Grand coup de frein - sur la route l'enfant riant récupère son ballon. Dans l'atelier à côté des miennes - des toiles d'araignée. Saucisson et pain aux olives - un vrai régal! |
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Serge Brindeau est né en 1925 au Mans; il est décédé à Paris le 27 avril 1997. Sa carrière de professeur de philosophie l'a conduit de Charleville à Soissons, et au lycée Albert Schweitzer du Raincy, en banlieue de Paris. Écrivant des poèmes depuis son adolescence, il a partagé sa vie entre l'enseignement et la poésie. Il a collaboré à de nombreuses revues, a participé à des conférences et à des colloques universitaires en France et à l'étranger, a été membre de jurys et a animé des clubs de poésie. Il a reçu le Prix Foulon de Vaulx de la Société des Gens de Lettres pour l'ensemble de son oeuvre. Infatigable lecteur de la poésie des autres et le maître d'oeuvre de La poésie contemporaine de langue française depuis 1945 (Saint-Germain-des-Prés/Bordas, 1973). Il est l'auteur de plusieurs recueils de poésie; on pourra lire notamment: L'ordre des mots (Millas-Martin, 1954), Mentions marginales (Les Hommes sans épaules, 1954), Soleils en biais (Guy Chambelland, 1962), Poèmes pour quelques temps (Millas-Martin, 1968), Où va le jour (Guy Chambelland, 1968), Quand nous parlons à peine (Éditions des Prouvaires, 1979), Une pierre traversée par le le gouffre (Saint-Germain-des-Prés, 1979), Rivière de tout bois - poésie 1953-1985 (Saint-Germain-des-Prés, 1985), Un rouge-gorge dans le froid (Corps Puce, 1989), Autour des cellules (Éditions La Bruyère, 1989), D'un bois de paulownia (extraits ci-bas; Éditions La Bruyère, 1990), Le toit résiste (L'Harmattan, 1995) et Empreintes d'un parcours (Les Amis de la Poésie, 1997). Un fonds Serge Brindeau a été créé à la Bibliothèque universitaire d'Angers. (Photo: Véronique Brindeau)
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L'arbre se penche Si le parcours Est sans limite * Il pleut La terre aspire La semence des dieux * La porte de la mer Et la porte de l'île Accueilleront les algues * L'eau des caresses Et l'eau qui coule Pour les morts * À chaque goutte d'eau L'ombrelle brise Un méridien * Cuirassé de varech Le Temps A traversé la place * Coffret d'air pur Signature bleu ciel En marge de la soie * Brocart et soie La femme seule Se tient debout * Au trébuchet des nuits L'homme et la femme Auront franchi la mer * La parole S'unit à la rivière Comme un rouleau de paysage |
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Sam Cannarozzi (nom de scène: Yada) est né à Chicago, États-Unis, en 1951; en Europe depuis 1974, il habite à Parcieux, près de Lyon. Diplômes en langues et linguistique (1973). Formation dans les arts de la scène (1974-1980). Conteur professionnel, il fait aussi des spectacles de poésie sonore et anime des carnavals. Il écrit des haïkus depuis plus de vingt ans. Il a publié: Un coup de dé à coudre (Verso, 1988), Dis-moi dix devinettes (Le pré de l'âge, 1990) et The Best of The Only Of 1980-1990 (Norton Coker, 1992). Ses haïkus ont paru dans diverses revues littéraires (Canada, États-Unis, France, Japon, Nouvelle-Zélande, Roumanie et Yougoslavie).
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un seul tournesol regarde dans le sens contraire en cherchant la lune la brume matinale est striée de givre... ah non lignes blanches sur la route le faucon planant guettait sa proie immobile le coq du clocher ruminant la brume des vaches couchées dans des prés morceaux de paysage premier froid d'hiver ciel immobile, nuages fixes même mon souffle se gèle la vitesse du train fait fondre en un seul flou ciel, brume, vaches et herbes deux grandes corneilles passent coups de pinceaux sur paysage la terre s'embellit des cygnes se regardent dans le reflet du ruisseau et voient un nuage sur la corde à linge derniers fantômes de l'hiver dansant dans le vent le givre travaille toute la nuit le soleil le fond en un court clin d'oeil |
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Né à Mulhouse en 1955, Philippe Caquant a voyagé un peu partout en Europe, également en Afrique, Israël, Afghanistan... Ayant constaté que le Coca-Cola avait partout le même goût, a fini par se faire informaticien en région parisienne. Amoureux de la langue, de toutes les langues, sauf de la langue de bois. Son personnage fétiche: Alceste. Ses auteurs de prédilection: Alexandre Vialatte, San-Antonio, Apollinaire, Michaux et les poètes japonais. Rédacteur en chef de la revue Europoésie. Lit beaucoup, écrit peu et publie moins encore. A publié Classé sans suite (Europoésie/Éditions En Marge, 1996), ainsi que trois mini-recueils de haïkus: Petites fumées, Mouches violettes et Guerriers assoupis (1996).
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Les tulipes closes inclinent leurs lances mauves guerriers assoupis Petites fumées grelottantes sur les toits dans l'aube glacée Voyageur, tu entres au royaume du brouillard et des apparences Trop vite grandi le brin d'herbe impétueux s'est brisé en deux Regardant le ciel livre clos sur les genoux fin d'un long dimanche Traversant le rêve du vieux cerisier en fleur passe un chat tout blanc Quatre ballons jaunes leurs destins entortillés voguent vers le sud Chuinte la pluie sur les rails et les feuillages fuyants souvenirs Vivants, regardez! N'est-ce pas que mon tombeau les dépasse tous? Pas trop mal, ma foi ma tête sur ces photos d'il y a vingt ans |
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Né le 11 décembre 1962, dans le sud de la France. Après un doctorat de sociologie (sur la science-fiction) et un détour par le cinéma, il se consacre exclusivement à l'écriture, privilégiant les formes brèves : haïkus, contes, aphorismes, histoires pour enfants, poésie. Il a publié une dizaine de livres, dont : Le rire des lucioles et Quoi de neuf aujourd'hui ? (Opale éditions), Le petit cul tout blanc du lièvre, L'enfant qui avait peur du silence et Mon ami Merlin (éditions Motus), Le val aventureux - Chevaliers, troubadours et cathares en terre d'Oc (éditions E&C), Olga et les Masques (éditions Sarbacane), Monsieur Truc (éditions La Renarde Rouge). Il a écrit plusieurs essais sur le haïku, dont Le vide dans le cercle de la corde à sauter (revue L'Infini, n° 81, éditions Gallimard) et L'arc-en-ciel sur la balançoire (sur la poétesse japonaise Niji Fuyuno). Il anime des ateliers d'écriture sur le haïku dans les écoles et les bibliothèques.|
La petite fille Enterre l'oiseau mort Puis rentre chez elle à cloche-pied Suspendue à la baraque du pêcheur La mâchoire de requin Happe le vent frais Nuages de toutes tailles Insectes de toutes tailles Solitude Vache Sur un tas de fumier Ses cils plus longs que les miens Ceux d'ici me regardent passer Comme un marchand de navets Dépourvu de navet À deux pas du village Cet arbre donne ses fruits Ignorant tout de nos coutumes Nuit d'été Un homme regarde sa maison brûler Il n'a pu sauver que la porte L'araignée morte Sa toile continue d'attraper Les insectes Absence de chemin Le chat lève haut ses pattes Dans la neige Naître Mourir Y a-t-il une troisième chose à faire? |
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Né en 1964, peu après le solstice d'été.
Rares publications sur les sites dédiés au haïku, aucune sur papier, mais y
travaille.
Parisien, installé depuis peu en Sarthe, ce qui change beaucoup le regard,
et donc la production de haïkus.
Fier d'avoir participé au démarrage de l'Association Française de Haïku, et
de sa revue Gong.
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Le noisetier désormais bien feuillu Le vent peut souffler Feu clignotant au passage à niveau Quelques coquelicots Au jardin en compagnie de mon ombre Un mariage, au loin Le moineau tout au bout de ma bêche Pas un souffle Midi Tintamarre des bourdons sur les campanules Papillon de nuit sur les veines du parquet Soleil d'août Brume d'automne La rangée des peupliers borde le néant Cent fois piétiner le paillasson Crachin d'automne Autour de Noël le rythme lent des repas Nappes blanches Sortie de l'hiver Le balai du cantonnier frotte l'asphalte |
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carte postale - le ciel bleu gris à la fenêtre vent d'une pierre à l'autre poussières soir de carnaval des confettis jusque dans le lit l'hiver approche ne plus pouvoir distinguer les branches mortes vaste paysage - il a oublié les pylônes sur son aquarelle roulant vers l'ouest la lune sur l'horizon un peu plus longtemps ton numéro que j'efface du portable en mémoire tempête d'automne un chapeau suivi d'un homme l'automne déjà sur l'étal du brocanteur de vieux souvenirs insomnie - ta nuisette trop courte tout un rêve |
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Clod'Aria est née à Paris en 1916. Vit à L'Orbrie, en Vendée. Enseignante pendant 25 ans, elle s'est consacrée ensuite à la poésie. Parmi une trentaine d'ouvrages, mentionnons les plus récents: L'ombre tourne (Le Dé Bleu, 1989), Bonsaï (Traces, 1990), Micro-climat (Écho Optique, 1992), Ciel de traîne (Soc et Foc, 1993), L'enfance inépuisable (Traces, 1994), Solo pour un petit Prince (Éditions en Forêt, 1995), Le coeur s'obstine (Écho Optique, 1997), Mon chat, son chien et le cochon du voisin (Le Dé Bleu, 1998), Mes mots vous regardent (Soc et Foc, 1999), ainsi que le récit de son enfance L'art de rater (Littera, 1996) et l'essai Que devient la poésie? (Pays d'Herbes, 1998).
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Le vent remuait encore les plumes de l'oiseau mais l'oiseau était mort Elle bêche ses chats en sphinx autour d'elle Dans ma tête l'enfance bouche ouverte comme un cri Oeuvre bateau de papier sur mer d'éternité Des mots des mots et avec ça faire du silence J'ai vieilli mon style a changé mes amis aussi Poèmes autant de tentatives d'être heureux Un haïku bien rond comme une larme Silence blanc la mouche bleue respire La pluie a volé le parfum des lias lune rousse |
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Né en 1951, Pierre Courtaud, fondateur et animateur de la collection «La Main Courante», vit et écrit à La Souterraine, Creuse. Ses ouvrages les plus récents: La Machine Proust (Aiou, 1996), Onze Preuves d'Amour (illustrations de Jean-Marc Scanreigh; Olivier & Laurent Monceaux, 1996), Couloir (MEM/Arte facts, 1996), La Creuse est partout autour de nous (illustrations de Jean-Marc Scanreigh; Thomas Anshelm, 1996), Souvenirs d'enfrance (avec Jacques Barry, illustrateur; Jean-Pierre Huguet, 1996), Lilas (La Main Courante, 1997), A... ou la traduction continue (La Main Courante, 1998) et Chine (Æncrages and Co, 1998). Nombreux textes en revues et anthologies. Des extraits de Herbier de sagesse:
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les branches nues et ce tapis de feuilles rouges parlent d'un autre monde tant de beauté un frôlement de feuille rouge fraîcheur du soir dans un profond silence la seconde feuille hésite encore sur l'herbe mouillée sans troubler le chant des grues tombe une feuille rouge par deux ou trois dans les six directions elles volent feuilles sans poids du jeune moine la tristesse du maître le chef-d'oeuvre feuilles éparpillées à la cloche du matin combien de feuilles as-tu encore perdues cerisier dans la brume une feuille tombe et la pleine lune s'agrandit quelle vanité dispersant les feuilles de ne penser qu'à soi-même après le coup de vent pourquoi es-tu si calme cerisier sans âge |
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Dagadès, pseudonyme de Roland Guyot, est né en 1933 dans un village de la Sarthe où il a passé son enfance. Il est décédé au Mans. Il est l'auteur d'une trentaine de recueils dont: D'autres encore (le dé bleu, 1976), Dans cette nuit (Traces, 1978), Morceaux (le dé bleu, 1980), Sous un ciel de marbre (L.O. Four, 1983), Toi aussi la lumière (Le pré de l'âge, 1984), Aujourd'hui dimanche (Le pré de l'âge, 1986), Ainsi (Le pré de l'âge, 1987), Croquis (Le Pavé, 1987), Jeux (Le Pavé, 1987), Semis (Le Pavé, 1988), Femmes (Le Pavé, 1988), Jardins (Le Pavé, 1990), Miettes (Corps Puce, 1992), Écrans (Traces, 1994), Ouverts (Encres vives, 1994), Lieux mêlés (Encres vives, 1995), De terre et de chair ((Encres vives, 1998), Tout ce qui résiste (Le dé bleu, 1998). En préparation: Simples.
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Assis sous les arbres mains croisées enserrant leurs genoux. * Derrière les volets une femme inclinée essorant ses cheveux. * Femme assise lisant l'index sur la tempe un pied nu lissant l'herbe. * Le réveil qu'on remonte poussière sur la lampe les souliers sous le lit. * L'hiver au jardin la bêche qui rouille parmi les mottes blanches. * Pas pesants le troupeau chien langue pendante et puis l'homme tout voûté. * Poussières qui flottent une femme ses doigts dans les fleurs qui flambent. * Sous son parapluie la vieille tout en noir toits d'ardoises qui luisent. * Toc sur les vitres comme elles se cognent les mouches. * Tombe vole la neige sur la route blanche rien qu'un homme. |
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Cris de martinets qui font des entailles dans un matin de juillet. Cheminant au bord du ciel sur sa bicyclette le facteur rural. Poussant à la roue dans la vieille côte, l'oncle et le neveu. Il tonne. Un navet dans la main, une servante fait le signe de la croix. La mer retirée, la lune est entrée dans les flaques d'eau. Dans les jupes de l'aurore, l'enfant de choeur court vers le clocher de l'église. Un moineau s'envole d'une poche du manteau de l'épouvantail. Cueillant des fraises des bois, mademoiselle Lacombe les complimente à mi-voix. Sous la lampe, à pas comptés, sur votre poème a passé une fourmi. Dans les lointains chante le coucou. Les enfants jouent à cache-cache à la cave. |
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Jean Marc Demabre vit à Nyons dans le sud de la France. La luminosité du ciel s'y marie avec un paysage de petites montagnes. Il a publié, en collaboration avec Patrick Blanche et Bruno Hulin, deux amis de l'École du Crapaud, le recueil de haïkus Un caillou dans l'herbe (1991). Ses haïkus ont été publiés dans plusieurs revues et livres collectifs. Il pratique l'art du haïku et de la peinture à l'encre de Chine depuis plus de vingt ans.
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Les arbres gris dans le brouillard ne refusent pas le froid Canicule... La petite fontaine sous la mousse se cache et transpire Première pluie d'automne... Cette odeur dans la poussière comme un souvenir Un grand mystère: essuyant la vaisselle le soir tombe Juste un sac et la lune... Et de folles branches à l'arbre La colline grimpée pas d'ermite chez l'ermite... Mésanges et souris Ils ne disent mot... Parfois d'une branche de pin tombe un peu de neige Au soleil somnolant des croassements passent dans le vent C'est si simple la pluie tombe doucement le thé que l'on boit Un nuage voyage sur le capot rutilant de l'automobile |
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Jacques Ferlay, né à Paris en 1929, vit en Provence depuis une trentaine d'années. Formé très jeune à un métier manuel, mais dévoré depuis l'enfance par un besoin, toujours inassouvi, de lire, il acquiert une solide culture et accède à une formation universitaire. Devenu psychologue du travail, il fut aussi chargé d'enseignement à l'Université d'Aix-en-Provence. Il a publié ses premiers poèmes dès l'âge de 17 ans et, en dépit de ses obligations familiales et professionnelles, il est demeuré fidèle à l'écriture (poèmes, nouvelles, récits et essais). On compte notamment les recueils de haïkus: Équinoxes I(L'Amourier, 1996), Équinoxes II (L'Amourier, 1996) et Équinoxes & Solstices (L'Amourier, 1998). Parmi ses plus récentes publications, mentionnons les essais: Brindeau, un prince en Avignon (Clapàs, 1997), Sadi de Gorter ou l'éloge de la vie (Clapàs, 1998) et Norge ou le sourire d'Icare (Clapàs, 1998); les recueils de poèmes: Vent de feuilles rousses (Les Dits du Pont, 1994), Espagne Phénix (Encres vives, 1995), Automne rouge (Clapàs, 1995), Écrit dans la fourrure de feuilles (Clapàs, 1996), Tout bêtement (Clapàs, 1999); le recueil de nouvelles Destins et ramage (Clapàs, 1995).
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Entre tout, j'hésite toi, bourgeon, tu t'épanouis Où l'as-tu appris? Un banc d'anémones accompagne vers l'école des rires d'enfants Sous la chute d'eau un rocher aussi costaud qu'un patois parlé Le ciel est trop haut Il commence, dit le sage, au ras de la terre Tu lisses tes plumes bambou de jade fluide Oh! ne t'envole pas Plaine de colza page tombée du soleil Des abeilles ânonnent Sur le tronc du chêne troussant le jupon des feuilles La main du soleil Vêtu de cascade je frissonne de lumière Nu de tout regret Malgré l'escalier même si le bois gémit: l'odeur de la soupe Arrête et médite Le chemin dans au soleil Laisse-toi danser |
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Hans-Hubert Form(m), pseudonyme de Christophe Manon, est né quelque part le 19 mars 1971. Après quelques errances, il vit et travaille actuellement à Paris. Depuis 1992, il publié des poèmes dans de nombreuses revues (Décharge, Ouste!, Midi, Comme ça et autrement, Pris de peur, Exit, etc.). Il est également l'auteur de deux recueils: ce qui demeure (Comme ça et autrement, 1998) et Les treize empereurs (Les Deux-Siciles, 1998). Un troisième livre est à paraître prochainement aux éditions de l'Atelier de l'agneau. Les cyber-haïku ont uniquement été publiés en revue (Ouste!). L'intention: «Celle d'un hors-la-loi, d'un pilleur de formules toutes faites. Sentinelle corrigeant, humanisant un monde pseudo-virtuel télégouverné par une forme abrutie de "novlangue", celle des sirènes chantant la promesse envoûtante d'un futur anesthésié et stérile. C'est en s'amusant avec les modes d'emploi de "Big Bill Brother" que Hans-Hubert Form(m) devient sans doute le plus grand "geeks", un "hacker" de la langue informatique.» (Olivier Rachet, Préface).
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La route est longue des boucles simples aux virgules flottantes. Évite les petits caractères. Le survol d'une image par la souris peut déclencher des événements complexes. Tu es maintenant prêt à réaliser des captures d'écran. Si le champ est vierge personne n'est autorisé à exécuter des agents restrictifs. Toute erreur de saisie aboutit à une erreur. Le Presse-papiers devient un instrument de torture. Change de police pour réduire la taille des caractères. Va jusqu'à la fin de la ligne de temps. L'anneau virtuel provoque une tempête de paquets. |
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Né le 27 mars 1945 à Libourne, Georges C. Friedenkraft est poète d'une nature changeante souvent incarnée par la fée Mélusine. Son mariage avec la journaliste de Malaisie Wan Hua Goh a donné à sa poésie des accents plus asiatiques. C'est dans ce cadre qu'il a publié de très nombreux haïkus. Père de quatre enfants, Georges C. Friedenkraft est, de profession, chercheur scientifique. Principaux recueils de poèmes:
Mélusine ou ta saveur et ma lutte (Éditions de l'Olivier, 1971),
La saison avec Miralna (poèmes en quatre actes, illustrations de Denise Majorosi; Éditions Poésie Vivante, 1972),
Un deux, trois, nous n'irons au bois (poème bilingue français/anglais, illustrations de Wan Hua Goh-Chapouthier; Éditions Poésie vivante, 1977),
Pour toi l'inconnue, pour toi l'étrangère (haïkus; Éditions du Charbon Blanc, 1988),
La loi du lérot (haïkus; Éditions du Charbon Blanc, 1988),
Prélude à la vie/Prelude to Life (haïkus, Éditions Peccadilles, 1997) et
Monostiches pour l'Asie en rêve/Monostiches on an Asian Dream World (haïkus, Éditions Peccadilles, 1999).
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D'avoir déchiffré la symbolique des fleurs j'ai perdu ma route Je m'inclinerai devant les ruses du vent mais non sous le joug La braise grimace nous irons ravir les mûres aux rouges limaces Si la pluie le pousse l'escargot grimpe à son pas la fourche du buis Ton regard m'a plu ton rire fond dans ma bouche entre miel et mot D'aucunes trop vertes il en est de farineuses telle femmes: pommes Visages d'Asie aux pommettes comestibles lisses comme un lac En quatre saisons les chatons se font châtaignes: pauvre floraison! Pourquoi d'être saule pleurerais-je: le chat miaule aux rides de l'eau Tu allais volage j'avais l'humeur vagabonde: nous voilà plantés! |
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> Yves Gerbal est né à Marseille en 1959. Il est enseignant, journaliste culturel et critique d'art. Il est chargé actuellement de plusieurs chroniques dans un quotidien et des revues, en particulier concernant les arts visuels. Il a publié des poèmes et de nombreux textes sur l'art. En 1989, il a fondé le tract littéraire Sémaphore (40 numéros). Il anime des «cafés philos» et divers forums. Il a publié les recueils Haïkus de Provence (Autres Temps/Fondation Regards de Provence, 1999) et
Haïkus de Provence: autres saisons (Autres Temps/Fondation Regards de Provence, 2001). Le site Web, qu'il a créé et dirige, est un outil de promotion du haïku contemporain en général et du haïku de Provence en particulier.
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La Sainte-Victoire Ressemble Au Fuji-Yama Le ciel Monochrome Bleu Le lézard est passé Sur le mur De l'ombre à la lumière Qui la fait rire La fille au téléphone Un si beau cul! Au milieu des vignes Une cabane en pierres Vide Sous les platanes Un autre monde L'ombre Vague à l'âme Je noie mon chagrin Dans l'huile d'olive Il soulève toutes les jupes Le mistral Est un aveugle farceur Pendant l'amour Le chant des cigales Et après aussi Sur ce caillou Combien de fois ai-je posé Le pied |
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Fonte des neiges Le vieil épouvantail a les pieds dans l'eau Sans fierté aucune Dans un poulailler boueux Un corbeau picore Fantômes sous la lune les artichauts du jardin enveloppés de plastique Un vieil homme étale au bout d'un jardin de brumes les cendres de son poêle Heures accablantes rythmées par les coups de queue de la vache sous l'arbre Hiver, terre gelée La poule hésite à poser l'autre patte Sorti du fossé le crapaud fait un bond pour happer l'univers Soir bleuté Au cri du corbeau frémit le peuplier Le caneton est mort Les gosses au bout du jardin dignement l'enterrent Nuit de brume Pour quelques vagues étoiles un rossignol palabre |
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Est né à Saïgon en 1945. Diplômé de l'École Nationale des Langues Orientales Vivantes de Paris, il revient définitivement en Bretagne en 1973 où il enseigne le japonais, entre autres activités. Découvre fortuitement l'almanach poétique Saïjiki, un trésor de la sensibilité poétique japonaise inconnu en Occident, qui lui inspire un essai sur la permanence du haïku intitulé Malgré le givre (Folle Avoine, 1987), et dont il fait une adaptation en français sous le titre général Le Grand Almanach poétique japonais: Matin de neige (livre I; Folle Avoine, 1988), Le Réveil de la loutre (livre II; Folle Avoine, 1990), La Tisserande et le bouvier (livre III; Folle Avoine, 1992), À l'ouest blanchit la lune (livre IV; Folle Avoine, 1992) et Le Vent du nord (livre V; Folle Avoine, 1994). Avec Makoto Kemmoku, il a traduit plusieurs poètes des traditions classique et moderne du haïku (Anthologie japonaise du haïku contemporain, 1990); certains sont dans la section Japon de ce site. A également publié Bashô et le haïku (Bertrand-Lacoste, 1995). Tente d'acclimater les techniques du haïku (et du renku) à la sensibilité bretonne avec la publication des Portes du monde (Folle Avoine, 1992) et du Livre des âmes abandonnées (Folle Avoine, 1997), en collaboration avec le peintre Yasse Tabuchi.
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Plastiques et vieux bidons La mer Clochardisée Des matins de pollen Sans toi Dans les yeux de la guêpe Lovée Dans le coeur des rameurs La force du courant Sept guetteurs de pierre Trois messies boiteux Une alouette Les récifs Affûtent la nuit Qui fait parler les morts Nous habitons Un silence Où trébuche la mer Dans les algues et la morve Captifs au fond d'un sac Les astres carnivores D'un calvaire à l'autre Haute tension En réseau Tempête Répandues sur la plage Les entrailles de l'hiver Forceps marin L'horizon saigne Levant |
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«Née le 29 août 1969 à Marseille. Y vit. Aime sa fille (et tout ce que fait sa fille), son mari (et à peu près tout ce que fait son mari), Jean Cocteau (et une bonne partie de ce qu'a fait Jean Cocteau). Aime aussi le haïku et le renku (extraordinaires modes de communication...), le chocolat (aïe aïe aïe), Marseille (magnifique) en particulier et la Provence (magnifique aussi) en général. Et puis aime encore les vieilles maisons (un peu délabrées de préférence), les livres (délabrés aussi), les boîtes à lettres (qui débordent de lettres), Internet (génial ça...). Ainsi que l'Égypte ancienne (fascination), la mer (elle sent si bon), l'Écosse (sauvage et pleine de manoirs), les légendes et contes du monde entier (pour rêver aux autres). Et puis lire, écrire, flâner, rêver...» Voir Chez Marylène.
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Au coin de mes yeux mes sourires par contre ne s'effacent plus Regard sur elle son visage de bébé parfois se superpose Marseille minuit les bateaux dans le port saluent le nouvel an un matin d'hiver le souffle gelé du chat blanc sur le poil noir «je l'ai déjà fait!» réponse ensommeillée à: «on va à l'école!» le morceau de quartz que je balade avec moi: des millions d'années? la fin de la sieste ce sont ses pieds nus qui claquent sur les malons froids joyeuse elle accourt les deux chats s'éparpillent comme des moineaux Marseille d'or reflets sur les vitres au soleil couchant petits bruits la nuit le chat noir surgit du fond de la vieille armoire |
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Michel-François Lavaur est né en 1935 dans la poste de Saint-Martin-la- Méanne. Instituteur, directeur de l'école du Pallet. Facteur (fondateur, éditeur, directeur, rédacteur, imprimeur) de Traces, revue et éditions depuis 1960: 125 numéros et plus de 250 recueils. Auteur d'une trentaine de titres, en français et en occitan, et de dessins. A publié aux éditions Traces: Masque et miroir (1964), Catelin chante Lavaur (disque; 1968), Argos I (1969), Petite geste pour un homme nu (1971), Aubiat (1984), Quand l'isabelle encense (1988). Et chez d'autres éditeurs: Argos II (Plein chant, 1973), Argos VI (Le Pavé, 1984), Je de mots (le dé bleu, 1978), Ce cheveu d'ange (Littéra, 1991), L'O de Giotto (À chemise ouverte, 1994) et Mille poètes, mille poèmes brefs (L'arbre à paroles, 1997).
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Le héros est mort à la première ligne du roman que je voulais écrire. Nymphe innocente et nue comme une corde à linge sans chemise. Une tranche de seigle frottée d'ail et de lard me fut une joie simple. Ton sein gauche sommeille lui aussi dans ma main droite. N'écris jamais «brouette» au milieu d'un poème sans l'avoir roulée pleine. Les poteaux escaladent la pente. Sur les fils les nouvelles montent plus vite que mes yeux. Dans une tasse de tisane je bois aussi le pays même où j'ai cueilli mes simples. J'ai dit cinquante ans c'est peut-être le temps du haïku. Les moutons dans la neige broutent la vie sauvage à même le brouillard. La fille qui traverse ne te regarde pas mais elle sait que tu la déshabilles. |
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Seegan Mabesoone, nom de plume de Laurent Mabesoone. Français, né en 1968 d'un père flamand et d'une mère sicilienne pied-noir. Maîtrise de Lettres et Civilisation Japonaises, Université Paris VII, 1991.
Habite Nagano.
Poursuit actuellement un troisième cycle à l'Université Waseda, Tôkyô (prose et haïku chez Issa Kobayashi).
Écrit des haïkus et des nouvelles, exclusivement en japonais depuis 1995.
Jury régulier du World Children Haiku Contest organisé par la Japan Airlines, depuis 1996.
Depuis 1996, Seegan publie haïkus, nouvelles et essais dans la revue mensuelle Hakuen.
Depuis 1998, il participe aussi à la revue bi-mensuelle Haïku International.
Responsable et initiateur du programme «Nagano 1998: un haïku pour les Jeux Olympiques».
Traducteur d'un saïjiki («Ephéméride poétique») à l'intention des poètes composant des haïkus en langue française, publié sur Internet; l'intégralité de ce saijiki, l'essentiel de son oeuvre et plusieurs présentations de ses projets sont disponibles sur Le Saïjiki en français. Le rêve de Seegan: que de nombreux étrangers essaient, comme lui, d'écrire des haïkus en japonais.
Yukige gawa Ishi sore zore ni Uta ga aru
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La fonte des neiges: Chaque pierre du torrent Chante à sa façon! |
Haru no hiru Uma wa popura no Kage wo kuhu
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Un après-midi De printemps... Les chevaux broutent L'ombre des grands arbres. |
Haka areba Oku ni mura ari Haru no tabi
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Chaque cimetière Cache un village paisible... Voyage au printemps. |
Chichi no ki no Hamaki ippon Yû nagashi
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Long soir de printemps En fumant un long cigare... Le deuil de mon père. |
Haru arashi Ikoku ni mukahu Nijû kyû
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En terre étrangère, Aujourd'hui, j'ai vingt neuf ans; Tempête au printemps! |
Shanpan no Awa no iro shite Natsu no tsuki
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À travers la coupe De champagne, entre les bulles, La lune d'été! |
Asa suzushi Rôsoku tomosu Maria zô
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Sous le feu des cierges, Une vierge immaculée; Fraîcheur du matin. |
Hatsu shigure Kurumi no kara ni Tamari keri
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Dans une coquille De noix, il reste un peu de La première averse! |
Jari michi no Ishi mina hikaru Seiya kana
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Lune de la Toussaint; Les graviers des tombes brillent Comme des diamants. |
Kuchi ni mada Kimi no kuchibeni Yuki no asa
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Sur ma bouche, il reste Un peu de ton rouge à lèvres; Un matin de neige. |
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Brigitte Marmol est née en 1962 à Montpellier où elle vit actuellement, après dix-huit années passées dans l'arrière-pays héraultais dont les huit dernières - au pied du grandiose plateau du Larzac - ont nourri poésie et calligraphie. Professionnellement formatrice en communication, elle anime depuis sept ans, hors structures surtout, des ateliers d'écriture pour adultes et, depuis 1996, des ateliers d'initiation à la calligraphie, tous publics, au cours de formations, manifestations publiques, journées du Livre, etc. A participé à divers livres d'artistes en tant que poète ou calligraphe, organisé des lectures publiques, exposé ses premières calligraphies en 1996 en galerie privée. A écrit deux recueils non édités à ce jour: Fulgurances (poèmes très courts) et Zéolithe (prose et poèmes).
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Marécage d'amour l'empreinte luit l'homme est passé La pierre pêche le vent nul appât nulle prise Celui qui divise n'est pas là - il viendra - La silence a faim il trouble l'inquiétude L'éternité corps épais dans l'homme laboure du plomb Comment dire non au vent qui forcit? Ma contradiction? le flux né du refus Un bourdon se noie dans l'air l'œil de cuir éclate sous la table La mouche boit sang qui lui plaît toute l'eau du visage Pluie de pommes sur la Terre si petite - mes pas - |
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«Jean-Pierre Poupas, instituteur retraité. Ses aphorismes, à la fois tendres et décapants, se lisent, pour l'essentiel, aux Éditions Traces. Par ailleurs, sculpteur cherchant l'émotion dans l'abstrait et l'abstrait dans le quotidien.» ( Roland Counard, Ces gens-là). Depuis l'âge de raison, il essaie de prendre chaque moment avec le minimum de hâte, avec le maximum d'intensité. C'est ainsi qu'il devint humoureux des textes brefs en général et des haïkus en particulier. Né en 1939, mort en 2019. Vit à Vaux-sur-Seine. Il a publié: Journal de brouillon (Saint-Germain-des-Prés, 1982), Attention écoles (autoédition, 1987; Ces gens-là, 1998), Escales (Traces, 1992), Tous contes faits (Traces, 1995), Brocantes (Traces, 1997), Ce n'est qu'un je (Traces, 1997), Auto-stop (autoédition, 1998), Elle (S.U.E.L., 1998), Parurent (autoédition, 1998) et Ma tasse de thé (haïkus monostiques; Traces, 1998).
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Beaucoup d'or ce soir Dans la batée du ciel Et ma voix qui rouille La fillette jambes ballantes Assise sur le trot d'un mule Sa jupe jaune papillon Pruniers en fruits Sur le chemin de l'école Haleines sucrées La veste tombée Au pied de la patère Petit tas chaud de toi Cimetière pentu de montagne Un pied glissant dans le trou Nom de Dieu s'écrie le curé Rondes des hirondelles Un avion file au-dessus À trois millions d'années Quand je lui donne une bûche Il fait beau Le feu Me parfumant le nombril Cicatrice d'avec ma mère Décédée avant-hier Dans la nuit du jardin Les vers luisants Le hérisson les mange Sur le clair écran De l'étoffe en contre-jour Le Mont de Vénus |
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Né en 1948. Musicien professionnel: hautbois et cor anglais. A publié des poèmes en revues: Caractères, Verso, Triages, Encres Vagabondes, Isis, Comme ça et Autrement, Salmigondis, Traces, Europoésie, etc. en France et, à l'étranger, dans: Ophir (Afrique du Sud), Albatross (Roumanie), Woodpecker (Pays-Bas), Haiku International (Japon). A un projet de publication en Pologne. A auto-édité trois courts recueils (Elles, L'épervier du désir et Les enfants dans leurs voitures conduisent leurs parents au parc). A publié Acte (Millas-Martin 1973), Une suite en Isère (V. Hersault, 1997), Poissons de haïkus - Guerriers de maïs - Éclats de lune (coffret de trois recueils de haïkus en collaboration avec la peintre Joëlle Gits; 1998) et L'amour-l'île (Clapàs, 1999). Les haïkus ci-dessous sont extraits du recueil bilingue français/anglais Haiku 1999-2000 (Clapàs, 2001), illustré par des oeuvres d'Odette Py.
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Chaque poème une fleur qui perce la neige du papier Nue dans la chambre tu chasses les mouches Le fauteuil tout baigné de nuit tend ses bras au soleil Sur les pommes du matin le soleil vient boire Lavande noire et qui ne sent presque plus dans la main En haut du paysage deux vaches consciencieusement déjeunent Déjeuner de noix au petit matin de septembre dans le chemin Un train passe effaçant les gens du quai d'en face La tour Eiffel comme le mont Fuji vue de tous côtés Ses seins presque nus sous sa veste rouge, elle passe milieu de novembre |
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…contemplant la lune on s'avise par moments qu'elle a cheminé… Deux yeux grands ouverts dans une tête de mort: l'enfant meurt de faim. Pour l'heure ce sont sous le soleil des épis qu'on moissonnera. Sous ses cheveux blancs la vieille dame a des yeux de petite fille. L'arène est antique. La bête est un novillo. La foule est sans âge. Silence nocturne. Un cafard est dans l'évier tout seul, immobile. Deux contrevents verts, pour tamiser la chaleur, sont à demi clos. Des racines d'arbre émergent dans le sentier. Moi, rien ne me presse… L'instrument dont joue le musicien nommé vent est ma propre face. «Veni creator…» Quelle acoustique vous ont ces voûtes romanes! |
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Jean-Claude Touzeil est né en 1946 à Carquebut dans la Manche d'un père normand et d'une mère slovaque. Quand il était petit, il aimait jouer aux billes, aux osselets, et faire de la patinette. «À l'âge de 8 ans, nous dit-il, je sautais les haies et je courais les champs, disant à ma mère que j'allais faire le tour du monde». Voyageur infatigable, il est allé à la rencontre des gens en Asie, en Amérique et en Afrique. Il y a aussi rencontré des arbres, nombreux, dont il a su se faire des amis fidèles. C'est peut-être pour cela qu'il aime le vert. Il en plante régulièrement et les offre à ses amis qu'il adore rencontrer (autour d'une bouteille de bon vin) et qu'il a du mal à quitter. L'un de ses rêves serait de créer un arboretum. Mais il aimerait aussi parler aux écureuils et découvrir une île inconnue. Il déteste en revanche aller au supermarché! Cet amateur d'endives au jambon vit actuellement en Normandie où vous le croiserez peut-être avec sa casquette et son pantalon de velours. Il adore le vélo, aller dans les îles bretonnes. Quand il le peut, il réalise des collages et s'occupe de sa collection de timbres. C'est aussi une façon de voyager. Animateur d'ateliers d'expression poétique en milieu scolaire, il a créé la compagnie de l'Éolienne et le Printemps de Durcet en 1984. Il a le souci constant de rendre vivante la poésie. Il est l'auteur de: Dans la région du coeur (Poésie clandestine), Sortie d'animots (Donner à Voir, 1994), Piste de cirque (L'aventure carto, 1995), Apocryphes (Traces, 1995), Peuples d'arbres (Donner à Voir, 1997 - 3e édition), Haïkus doubles (l'épi de seigle, 1997), Itinerrances bis (Gros Textes, 1997), L' île, elle... (Poésie clandestine, 1998), Est-ce que (Donner à Voir, 1999) et Mine de rien (Clapàs, 1999). Il a aussi publié des poèmes sur différents supports: enveloppes, cartes postales, autocollants, affiches, etc.|
Sous le maquillage Le clown blanc a le nez rouge Il boit dans sa loge La contorsionniste Connaît chaque position du Kâma-sûtra Le soir les menhirs Se racontent des histoires À dormir debout Le bon jardinier Cultive sa différence Il reste modeste Gardien des collines À la cime du poirier Corbeau vieux sachem Les ailes brisées Une lettre de rupture Sur papier glacé Baiser sur la bouche Dans la salle et sur l'écran C'est la fin du film Priez pour ma pomme Pauvre pêcheur un peu bègue Et toujours bredouille Prolo à vélo Échappé d'une photo De Robert Doisneau Dans l'immense plaine Un bouquet d'arbres en fleurs Comme un île au loin |
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«Je suis âgé de 35 ans. Après un passage en lettres, tourisme et psychologie transpersonnelle, j'ai exercé dans le tourisme, le journalisme. Actuellement, thérapeute. Passionné par l'expérience d'expansion de conscience: art, écriture, dessin. Publié trois livres de poésie; le dernier: Une Arche sur l'Immortel (La Bartavelle), un prochain va éclore: Sous l'écorce des mots. J'intitule mes dessins lors d'expositions: Portraits d'âme. Profondément épris de l'Asie (pensée, art) et d'une bonne partie de l'Occident. Je suis d'origine indienne (de par mon père). Intensément amoureux de la Nature et des cinq éléments. Vif intérêt pour l'astrologie humaniste, le taï-chi, les voyages. Autant touché par l'Invisible que par le monde sensible. Vis actuellement à Paris après avoir vécu une dizaine d'années dans l'Océan Indien (Réunion, Maurice)».|
fraîcheur du soir - une feuille d'automne nage vers la rive le rhododendron fleurit la neige encore au sol sous la neige les sillons des champs dévoilent leur profondeur vol de l'aigle - de son passage nulle trace sur ma main de mortel se pose un papillon la rue - mes yeux tombent sur la lune d'un vieux cadran solaire dans le train un contrôleur - ciel immense sentier d'été - la vipère et mes pieds chacun leur chemin! soleil couchant des enfants courent derrière un train grillons dans la nuit chant des étoiles qui monte de la terre |
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