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reflet de neige sur le casque du scaphandre à l'hôtel de Rimouski les feuilles tombent j'ai acheté un agenda Blueline 2009 les canards s'enfoncent dans le miroir de l'eau un goût de châtaigne avec sa canne il souffre sa mort debout des arbres les couleurs tombées s'enfoncent sous la terre toute la nuit ils ont « callé » l'orignal la chasse est ouverte soir d'automne suivre sur l'écran la chute du TSX à Toronto ils sont tous morts parents, oncles, tantes nous sommes seuls elle entend le train à chaque fois qu'il passe il en parlait souvent ce bleu au centre de l'œil étang qui attire les oies en partance d'un deuil à l'autre le blanc des marguerites se perd dans la blancheur |
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parc viennois sifflant un air de Mozart gamin sur patins jazz langoureux nous quittons la route pour un champ de blé algue flottante dans bain bouillonnant ta chevelure nue sous tes perles tes baisers aux framboises sur tapis turc clair de lune son corps au seuil de la mort plus blanche la neige jour du Souvenir les feuilles mortes brûlées - sanglots pour papa il pleut à torrents sent-elle l'humidité l'âme du défunt action de grâces champagne et vieux films vers Tokyo dimanche flâner dans l'avenue des geishas - parfum d'Edo nuit érotique tempête de neige et de vent au cœur de tes côtes |
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sentir le silence que la neige réinvente en tombant grand ciel de neige qui appartient tout entier à une corneille arbres morts on peut aussi mourir debout les invités partis fin de soirée tranquille avec les lucioles tailler les asters juste pour leur parfum qui colle aux mains ne pèse pas plus que le ciel sur mon bras la chenille tendus vers le ciel un même enracinement le pin solitaire et moi ciel bavard deux corneilles m'empêchent de broyer du noir les nuages passent m'apprenant du même coup à passer sans les oiseaux combien serait inachevée l'aube dans le jardin |
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jour de pluie l'enfant observe la vie à travers la vitre 10 degrés Celsius au kiosque de crème glacée la vendeuse somnole soleil levant seule à la mer elle nage dans le feu et l'eau un vent parfumé s'engouffre dans mon corsage des mouches noires aussi entre mouches noires et papillons blancs partager ses bleuets au pas de course elle fend le vent sur la plage cheveux en tempête quai de Matane sa chevelure au vent face aux éoliennes sous son œil avide elles se dandinent sur la plage trois outardes dodues gémissement du vent sous une pluie torrentielle beau temps sous la couette après le verglas le petit bois rabougri un palais de glace |
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dans la casquette du clochard endormi... une feuille morte un cellulaire sonne en même temps deux personnes fouillent dans leurs poches la souris par terre beaucoup plus qu'un double-clic la patte du chat autre jour de pluie tout seul sur la corde à linge un maillot de bain dans cette maison qu'occupent des étrangers ma petite enfance une autre nuit blanche elle regarde par la fenêtre tomber la neige le chien à l'étang son museau fait onduler les nuages blancs surface du lac soudain baignée d'accalmie l'automne à l'envers soleil levant dans la vitre givrée un amas d'étoiles nuit à Bethléem soudain les bergers s'arrêtent… un mur de huit mètres ! |
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Cris clairs des enfants à la plage au soleil vieux assis à l'ombre. Nuit de canicule seul le son d'un maringouin comme moi sans sommeil. Dans la nuit d'été comme des miettes d'étoiles mille mouches à feu. Les oiseaux partis dans le vide aucun cri seulement la pluie. Le grand vent s'essouffle mais vite, reprend sa course les feuilles applaudissent. Au milieu du champ le pin recroquevillé dit d'où vient le vent. Sol couvert de neige seul quelques traces de pas cherchent leur chemin. Plus l'hiver dure plus mon manteau pèse lourd comme un carcan. Être par erreur d'un voyage organisé quelle aventure ! À l'abri du froid en dessous des feuilles mortes les nouvelles pousses ! |
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livre ouvert gelé le nord gémit dans le vent sur la page blanche au temps de l'amour mes rêves d'espace libre meublé de fantômes tes mains sur ma peau parmi les rayons lunaires font du cinéma un ciel bleu baiser croit au leurre transparent de l'éternité boulevard vivant ma peur a couleur de fièvre et goût de violon jouer sur ton corps au silence des étoiles un air de guitare mes mains te regardent étrange photographie où mes yeux te touchent tu connais par coeur la grammaire de mon corps et son dictionnaire pendant ton sommeil je joue avec les nuages et tu n'en sais rien entre les étoiles il faut bien un peu de ciel de lumière tue |
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mon père un fruit et l'odeur de l'usine dans sa boîte à lunch enfin seule ma main beaucoup trop petite pour ma peine et mon front à l'horizon il ouvre le paysage le marcheur matinal jusqu'à mon bureau le vent transporte le rire de deux vieillards en rouleaux au pied de la montagne l'été fauché première gorgée les mains enveloppent la tasse et le jour nouveau dans mon cahier ce soir elle prend toute la place l'ombre de ma main grand voyage le long de l'étagère boutique de thés dans la boîte vocale le silence de son père trois fois dernier jour d'école sous l'escalier de secours un nid d'hirondelle |
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quatre heures moins treize - retour au lit en croquant une grosse fraise à tâtons la nuit se heurter le gros orteil sur le pied du lit mousse au chocolat - tirer la langue en cachette dans le fond du plat ce long bout de route s'est fait en un rien de temps - j'ai dormi sans doute au creux de la main tenir des millions d'années - fossile marin bol de café crème dont le bord est barbouillé d'un peu d'elle-même l'hiver qui s'amène - l'heure normale de l'Est en fin de semaine réveil à Trouville en Normandie et coucher près de Drummondville fenêtre assez basse - un téléphone à la main il passe et repasse panonceau routier - un corbeau plonge et se pose droit sur Valcartier |
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les gris de l'ombre un long paletot qui prend toute la rue sur la pellicule se régale un gros ours brun pub de framboises y coller ses lèvres tout est près de s'effacer devant le souffle ce petit homme qui m'offre sa lumière rien qu'un pictogramme ? après ton départ les jours rallongent sur le web ta main dans la mienne bouquet petite croix dans ma poche l'invisible au cimetière une rangée de peupliers code à barres bouteille à la mer celle qui manque au cellier héron de bout sur le rocher point d'interrogation |
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bavarder au temps des lucioles sur la véranda au bout de son fil l'araignée oscille sport extrême ton nom sur le sable une agate y met l'accent monotone la cadence sur les rails le paysage aussi trois janvier un homme tond son gazon où s'en va le nord près du champ de seigle des touffes de camomille tisane ou bouquet sur la table les couleurs du verger cerclées de cristal des gouttes de thé baptisent les draps blancs tout neufs soir de novembre sur les murs et les miroirs la vapeur du bain nouveau chaton dans la maison mes pas sous surveillance |
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le monde ce soir premier plaisir d'automne peler des pommes sur les vitres des traces de nez et de doigts regardent encore la pluie fragment de rêve champlain et bashô prennent le thé sur la pointe nepean trottoir verglacé à petits pas sur d'autres pas mon ombre avec de plus longues jambes ne me distancie pas la nouvelle lampe de chevet ranime les cicatrices du vieux mur le vendeur si étonné que je veuille acheter le journal d'hier tout à coup songeur devant un plat de fraises voici l'été l'eau de l'arroseur se répand sur le gazon et sur le trottoir après des années une rencontre par hasard nos courts cheveux gris |
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la bise faisait les joues couleur de corail le corps marbre blanc maison dans la neige odeurs des lointains espaces le ciel sert de toit pieds et coeur nomades l'espace à l'abandon une fois de plus la pierre bien chaude sous les pieds juillet s'avance au coeur de l'instant des fougères exquises leur ombre serait d'argile tes jambes de plomb si le vert est vert un arbre un arbre pourquoi suis-je une femme un engoulevent son vol découpe le ciel en deux pans de gris elle court longtemps la plume pendant que l'oie reste seule au sol il y a du vent il me faut (l')écrire mais les feuilles s'envolent j'entends ma voix mais quelle est cette femme que le miroir renvoie |
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le sentier s'est enfui avec la première neige le chasseur reste seul il pleut dans la chaloupe deux épouvantails à chapeau pêchent leurs ombres les coeurs de pommes sur la balançoire à deux des restes d'automne les pas du marcheur s'égrènent à la verticale l'horizon recule les chiens aboient les oiseaux se taisent passe la mongolfière des poissons rouges au jardin japonais un goéland attend l'orchidée suit la pente puis c'est la nuit qui l'aspire ton corps se moule au mien nous brûlons à côté d'une bougie qui s'incline le chat rêveur s'avance vers toi la lune dans ses yeux stridence d'août des cigales flamboyantes aiguisent le silence |
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Rocher percé Où passent toute pensées Assis dans l'eau froide Soir d'Halloween abeille et coccinelle main dans la main Neige si légère glace si lourde toutes les deux si froides Pluie glaciale le chat patine sur le trottoir La glace sculpte un paysage nordique monochrome L'eau devient glace glace dans l'eau redevient eau Locataires de retour au grenier brindilles aux becs Des mouches à feu éclairent notre chemin à travers le champ La cigale chante le climatiseur lui tient tête Dans le sous-bois méditer parmi les contemplatifs |
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au milieu du verger le voisin marie sa fille une autre fleur blanche une femme marche le poids de la vie devant défiant le monde la jupe se soulève le ventilateur tourne la tête partout où je vais elle me suit pas à pas ma lumière est une ombre décoller lentement les cuisses chaise en plastique voile brumeux de la douche nos corps confondus sous l'averse froide le tournesol s'incline l'abeille boit le soleil tremblement de terre extirper les corps enfouis puis les enterrer la neige a tout recouvert sauf les corneilles aube solitaire entre les flocons et l'espace ton visage |
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Carol LeBel est né à Québec en 1949 et il y vit de nouveau, écrit et peint, après une carrière comme professeur de philosophie au Cégep de Chicoutimi. Il participe régulièrement à différentes manifestations culturelles. Ses œuvres poétiques sont habituellement accompagnés de ses œuvres visuelles (photographies, aquarelles, acryliques, etc.). Ses recueils de poèmes sont: Ivresse en miettes (1981), Curriculum vidé (Éditions de l'A.Z., 1982), Difficile de respirer dans les yeux des autres (Sagamie/Québec, 1984), À la sortie du corps (Sagamie/Québec, 1986), Arrêtez vos mots, je descends (Éditions de l'A.Z., 1991), L'Espoir du doute (illustrations de Jean-Guy Barbeau; Le Loup de Gouttière, 1992), La nuit est un objet étrange (L'Hexagone, 2007). Il a publié divers recueils de haïkus: Errances (œuvres de Gernot Nebel; Le Loup de Gouttière, 1994), Petites éternités où nous passons (œuvres de Jayanta Guha; Le Loup de Gouttière, 1997), Des mondes nous échappent (œuvres de Yunjeung Yang; Le Loup de Gouttière, 2000), Clapotis du temps (David, 2003), Tout peut recommencer (illustration de Jean-Guy Barbeau; Le Loup de Gouttière, 2004), Où commence où finit le réel (Éditions de l'A.Z., 2006), Le temps nous échappe, le temps nous reprend (haïkus et tankas; Éditions de l'A.Z., 2007). Et des recueils de renkus: De l'un à l'autre (en coécriture avec André Duhaime, encres de Gernot Nebel; David, 1999), Comme papiers au vent (en coécriture avec Anne Peyrouse ; œuvre de Gernot Nebel, Le Loup de Gouttière, 2005), Sur la toile de l'ordinaire (en coécriture avec Brigitte Therrien, Le Loup de Gouttière, 2007).
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seul au motel des silences étrangers et un robinet bavard en vitesse   elle quitte le café dans le cendrier   une lettre déchirée deux adolescents se renvoient du pied un oiseau mort dimanche   il pleut funérailles nationales des milliers de personnes apprennent le nom d'un poète je ferme un livre je vais à la fenêtre la nuit est grande des fleurs à la main saluer une inconnue au cimetière sur le même banc deux vieillards font silence le parc est désert lueurs de l'aube quelqu'un marche seul sur la plage soir de lancement trois ans de solitude ce mince recueil par la fenêtre un gros glaçon s'égoutte lentement   patiemment |
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corde à linge le vent tente d'enfiler un pantalon il pleut ce court silence sous le viaduc avec une roche un garçon brouille un lac et une montagne enfoncer la pagaie dans un nuage une montagne avance sur l'annonce de la halte routière huit moineaux une vigne traverse la ruelle sur un fil pluie d'été un mot s'agrandit dans mon calepin au téléphone le bruit d'un avion dans le ciel de l'autre traverser le pont le va et vient du regard de la route au fleuve je t'écris un courriel mon ombre joue du piano |
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Dans le parc soudain très vide, un parapluie s'éloigne. Les bruits des voitures, je les entends de la même oreille que les oiseaux. Tous dorment. Je nage dans la nuit que verse la fenêtre. La pluie passe dans la rue, papier qu'on froisse. Dans la neige fraîche près du métro, mille flèches: pattes de pigeons. Les fourmis courent, courent sur le patio tellement immense. Dans un verre d'eau, 3 tulipes, fanées, plus ou moins. Un vieil homme promène, à pas lents, un vieux chien dans la pluie de 8 heures. Là, puis là, encore, disparaît, apparaît, là, ici, la luciole. Train de nuit: le cognement des boogies sur les rails - woogie. |
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si prenante, à l'aube, au flanc du mont bleu, l'odeur des eucalyptus retenant leur souffle en entendant le hoquet des kalachnikovs la forêt bruissait de fées, d'elfes et de faunes; Puck parlait à Pan noire déchirure hurlant sur la toile blanche d'un grand Borduas l'hyène ricane; dans ses vieux murs, Harrar dort; Rimbaud rôde encore à l'heure où les faons vont boire - au risque des fauves, à l'insu de l'aube le Petit Prince à l'allumeur de réverbères: «N'éteins pas la nuit!» giclées d'or safran, bronze bruissant, spasmes fauves, grands râles porphyre mon cœur en exil, comme l'été banni, comme un voilier d'outardes gargouille alanguie, sphinx à l'affût, noire énigme, tu dors ? tu m'épies ? |
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Dans le pot de miel des miettes de pain grillé qui resteront là Au bord de la rue six ballons d'anniversaires le rouge est crevé Des grains jonchent le sol l'oreiller de sarrasin a deux petits trous Métro St-Laurent ses talons claquent sur le quai elle n'a pas quinze ans Devant son miroir l'amoureuse aux yeux cernés soupire doucement La pluie annoncée vient frapper à la vitre comme une vieille amie Relevant la tête pour voir la neige, je reçois ton premier baiser Le feu lèche la bûche rien ne bouge dans la maison seulement les ombres Comme il est touchant l'étranger qui dort dans le bus sa tête sur mon épaule Le froid et le vent me pincent fortement les joues comme de méchantes tantes |
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midi - la ville ignore les cloches d'église mon premier café - la reine miaule pour son domestique visiteur imprévu - le divan grogne sous son poid proche de l'érable un gamin joue cache-cache avec son ombre soirée à la maison - sonate de hautbois avec tondeuse ton visage ce matin - la vérité matin ensoleillé - mon livre se trouve seul dans la maison dans le vieux quartier un autre meurtre - l'hiver trop long la vérité de la boussole - ce vent d'hiver parc de ville - les canards ensemble photo du dimanche |
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Originaire de France, Bertrand Nayet vit au Manitoba depuis 1975. Il enseigne actuellement la littérature et les arts plastiques au Collège Louis-Riel à Saint-Boniface. Il est aussi comédien, peintre, écrivain. Il a publié le recueil de nouvelles La Vie quotidienne et autres champs de mines (Éd. du Blé, 1998), un recueil de trois récits épistolaires avec Charles Leblanc et France Adams : Voyages en papier (Éd. du Blé, 2003), deux recueils de haïkus Juste un grand vent et La lune en mille gouttes (Éd. David, 2003, 2009). Il a publié nouvelles et poèmes dans diverses revues, participé à quelques recueils collectifs de haïkus, de théâtre et de nouvelles. De septembre 2010 à juin 2011 il a été écrivain en résidence à la Maison Gabrielle-Roy de Saint-Boniface, 375, rue Deschambault où il organise toujours des soirées de lecture et où il anime le Kukaï Rouge. Bertrand anime aussi des ateliers de création littéraire. En 1999, en hommage à Louis Riel et à l'exubérance littéraire, il fonde avec ses collègues écrivains franco-manitobains Le Collectif des écrivains post-néo-riélistes dont il devient le secrétaire perpétuel. (Photo: Martine Pelletier)
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sur l'amas de troncs poussés par la Rouge en crue un peu de neige un merle a sifflé, le chat suit du regard la chute d'un pétale une femme en bleu aux seins lourds et ronds derrière une poussette un bruit la nuit dans la maison, mon fils grince des dents l'enfant tousse dans la nuit, un angle aigu sur ma montre matin d'hiver gris, odeur d'orange fraîche sur tes doigts trois matins que la petites nonne grise ne nettoie plus le trottoir derrière cet homme, dans l'air sec et glacé, l'odeur du tabac brûlé au bout du sentier le passage de mon souffle, givre sur ma barbe rivière en étiage les piles du vieux pont sont visibles à nouveau |
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tu as froid dans mes bras tu veux que je réchauffe le vent une rognure d'ongle sur la tuile bleue une lune devant tes yeux ta petite question au dessus de mon livre: tu lis le blanc ou le noir ? dans la glace, une mitaine quelque part dans la ville une petite main gercée buvant mon café une pensée pour celle qui en a cueilli les grains d'une flaque d'eau repêcher un billet de loto on ne sait jamais banc de parc un vieux monsieur bedonnant bouddha ordinaire cimetière enneigé l'allée déblayée pour les vivants soir de pharmacie croiser un sourire d'homme devant tant de condoms hotmail supprimer l'adresse d'une amie morte la veille |
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l'artiste a peint une nuit elle sèche au soleil au cœur de la toundra en silence pas à pas la mousse me suit l'enfant dort à sa fenêtre des lapins voilent la lune entre nous une table deux verres vides l'immensité boréale sur les meubles une pellicule de poussière ma page toujours blanche mouvements de taï chi de ses bras elle pousse les nuages du ciel au creux du brouillard le pont Laviollette et mes pensées mon cri silence de la couleuvre et tombe une framboise papillonnant de couleur en couleur l'enfant dessine des fleurs sur la paroi rocheuse Jésus et Marie coincés dans un cœur |
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je marche d'ombres d'arbres en ombres d'arbres une lettre intime sur un petit chèque mangée par le guichet pas encore cette belle femme cette belle affiche résonnance des feuilles mortes dans mon cœur ma chatte jalouse de mon crayon je lis marie uguay et je m'avise elle meure dans quatre pages une main dans un dos caresse du pouce les yeux mi-clos des flocons dans les cils ma mère ne sait pas la guêpe posée sur elle tout va bien au matin ma lampe allumée je suis habillé mes livres sur mon lit |
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la brise d'avril porte un parfum de café - s'asseoir au soleil nouvelles neiges - je trace le sentier où j'en ai envie tranche d'orange dans l'assiette bleu de ciel - gris matin d'octobre famille élargie au super écran HD - « Super Bowl » la lune se voile - en panne sur l'autoroute sans sa p'tite laine nuit de canicule - insomniaque je dessine un extra-terrestre chanteur ennuyeux - croquer la graine de carvi prise entre mes dents orage sur l'étang - tout trempé, l'enfant s'inquiète des poissons le banc du parc - assez grand pour trois amis ou deux inconnus en fond d'écran le palmier d'un vert parfait - neige à la fenêtre |
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Originaire du quartier Saint-Sauveur à Québec, Michel Pleau consacre sa vie à la poésie. Depuis 1992, il a publié une dizaine de livres de poèmes. Il a reçu les prix Alphonse-Piché, Octave-Crémazie et Félix-Antoine Savard du Festival International de la poésie de Trois-Rivières.
Il anime des ateliers de création.
Lauréat 2007 de la Résidence d'écriture Québec-Paris, il a séjourné 3 mois à la Cité internationale des Arts de Paris entre avril et juin 2007.
Il est finaliste du Prix du Gouverneur général du Canada pour son recueil de poèmes La lenteur du monde (2007; Prix du Gouverneur général) publié aux Éditions David, lesquelles éditions ont déjà publié ses deux recueils de haïkus Soleil rouge (2004) et Arbres lumière (2005). |
sur cette photo jaunie mon père a mon âge c'est toi dit ma blonde je touche le ciel une mésange vient de se poser dans ma main il sort de la terre le bel arbre père ressuscité salicaire depuis que je connais son nom plus belle encore mon ombre s'allonge devenir un vieux poète sur le mur l'ombre du pommier donne des pommes la lumière de mai ce matin je prends le temps de la toucher bouleau de décembre la neige devenue arbre silence la lune est prise dans les branches tout à coup les arbres parlent d'autre chose j'entre dans le bois |
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Alain Raimbault est né à Paris en 1966. Après avoir été enseignant de français, d'histoire et de géographie à Bressuire (Poitou-Charente), il a émigré au Canada en 1998. Il enseigne à l'école Rose-des-Vents, en Nouvelle-Écosse. Il a publié une quinzaine de romans (pour adultes et pour la jeunesse), parmi lesquels Le ciel en face (Éditions Bouton d'or, 2005 - finaliste au Prix France-Acadie et lauréat du Prix Émile-Ollivier 2007), et Confidence à l'aveugle (Hurtubise HMH, 2008 - finaliste au Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie).
Il a publié quatre recueils de poèmes aux Éditions David, dont les deux recueils de haïkus Mon île muette (2001) et New York loin des mers (2002).
Ses haïkus ont été publiés divers ouvrages collectifs:
Haïkus et francophonie canadienne (Éditions David, 2000), Chevaucher la lune (Éditions David, 2001), Dire le Nord (Éditions David, 2002), Dire la faune (Éditions David, 2003), L'Érotique (Éditions Biliki, 2006) et Carpe Diem (Éditions David/Borealis Press, 2008).
Il a publié des poèmes et des nouvelles dans diverses revues de la francophonie.
En 2006, il a obtenu le Prix Grand-Pré pour l'ensemble de son œuvre et, en 2007, le Prix de mérite pour un artiste établi (remis par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse).
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un château de mer clandestine exubérance des rochers fouettés des formes de paille pour effrayer les rapaces de la péninsule cette littorine cherche l'abri du ressac la griffe du sel ce sont les Christs blancs des chapelles de montagne qui portent les neiges contre la fenêtre les reflets se jouent du givre un fossile d'ange plus aucun sentier un hameau trop fréquenté par l'hiver en pointe on ne peut savoir si l'hiver confond ses glaces avec ses aurores un pays sans sud aux frontières maladroites encre sur papier depuis l'autre rive le phare paraît mesquin kitsch et nostalgique on voit que ces barques sur cette eau où tout se presse sont mêlées de nuit |
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Terrasse au soleil oublier vrombissement et conciliabules Beauté des plages assis sur un gros caillou les yeux en éveil D'un mur à l'autre des arabesques à l'ombre et toi au soleil Clameur et soleil dans le cercle six taureaux te saluent - meurent Parmi les jasmins les orangers enivrants nos pas incertains Des rues désertes que n'atteint pas le soleil s'y perdre parfois Courbes éparpillées quand les plages s'animent sous le ciel bleu pâle Dans un matin chaud les cheveux ébouriffés parmi les livres Gardienne des corps la lune plus pâle qu'eux sur le sable brun L'après flamenco la nuit s'est faite intime Séville m'émeut |
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après l'averse odeurs de tisane sous les tilleuls brise sur le lac dans le reflet des mélèzes quelques rides là-bas repose entre deux montagnes de feuilles un merle matin limpide dans le ciel d'automne, la lune s'attarde un peu sur le VTT siège arrière, moustache au vent un petit chien blanc soleil d'automne sans se presser, un renard traverse mon jardin pleine lune toute la nuit, je rêve de chapeaux deux guêpes sur l'eau l'une s'échappe, l'autre appartient au poisson vieille clôture un pied de framboise s'est échappé Wenn der Abend kommt sitz ich unterm Baum und höre was die Amsel singt tombée du soir assise sous mon frêne, j'écoute ce que chante le merle |
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fonte des neiges les objets perdus réapparaissent après l'orage il pleut encore longtemps sous l'arbre vacances d'été une sauterelle et des cris d'enfants brouillard matinal sur la montagne un seul arbre sur la gelée blanche les oiseaux passent et repassent épouvantail sur ses maigres épaules la ligne d'horizon bourrasque la tête de l'épouvantail change de direction coucher de soleil moitié ombre moitié lumière l'épouvantail nuit d'hiver le vent ouvre et ferme la boîte aux lettres rafales il neige seulement sous le vieux pin |
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à la une du journal une femme un enfant et un blindé mariage afghan mitraillette en bandoulière le frère du marié en larmes le cortège nuptial au cimetière en gros plan la chevelure hirsute du président déchu photo couleur le rouge de la catastrophe rien d'autre entourant un enfant une femme à la burka un homme à la kalachnikov un prisonnier des fils électriques aux mains Abou Ghraïb les enfants des munitions plein les mains la routine par terre des grenades et d'autres armes inconnues notre ignorance anniversaire du jour J un peloton de vieillards sur un char d'assaut |
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Jocelyne Villeneuve est née en 1941 à Val d'Or, Québec; elle a vécu à Sudbury, Ontario, de 1953 jusqu'à sa mort, en mai 1998. Elle a publié ses livres en français et en anglais chez divers éditeurs ontariens et québécois: Des gestes seront posés (Prise de Parole, 1977), Contes des quatre saisons (Héritage, 1978), Le Coffre (Prise de Parole, 1979), Nanna Bijou: le géant endormi (Prise de Parole, 1981), Nanna Bijou: The Sleeping Giant (Penumbra, 1981), La Princesse à la mante verte (Prise de Parole, 1983), La Ménagerie (Plaines, 1985), Terres des songes (Vermillon, 1986), Contes de Noël (Plaines, 1987), Greenmantle (Penumbra, 1988), Les Friperies (Prise de Parole, 1989), Le Geai bleu et le papillon (Vermillon, 1992) et Vie première (Meera, 1992). Des extraits de ses ouvrages ont été diffusés sur les ondes de Radio-Canada. Dans le domaine du haïku, ses poèmes ont paru dans diverses revues et anthologies au Canada, aux États-Unis et au Japon; elle a publié les recueils: La Saison des papillons (Naaman, 1980), Feuilles volantes (Naaman, 1985) et Marigolds in Snow (Penumbra, 1993); elle a laissé le recueil inédit Bagatelles. |
J'entends la grive - Derrière moi, les notes oubliées d'un autre été. Des phrases composées dans le soleil qui flâne sous ma plume. Du soleil couchant des mouettes en courbes roses obliquent vers demain. Les érables en feu. Ma main ralentit sa marche sur la page blanche. Le geai s'envole. La branche où il était perché continue de vibrer. |
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hunger moon watching as I turn forty first day of Spring - the neighbour's child walks in unannounced my parents chatting in the swing day of golden sunlight Labour Day back from the cottage June on the calendar friends sharing one tea bag this winter's day |
la lune de la faim me regarde dormir j'ai quarante ans premier jour du printemps - l'enfant du voisin entre chez nous à l'improviste mes parents jasent blottis au fond de la balançoire soir couleur âge d'or Fête du Travail découverte au retour du chalet le calendrier indique juin jour d'hiver un couple se partage un seul sachet de thé |
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«Née en Bretagne, Évelyne Voldeng est venue s'établir à Ottawa en 1968. Elle est professeure au Département des études françaises à l'Université Carleton. Elle s'intéresse à la poésie des 19e et 20e siècles, aux écritures féminines et au conte populaire. Romancière mais surtout poète, elle a publié cinq recueils: Les Plaquebières (Rougerie, 1980), La Rose épervière (Rougerie, 1983), Les Étoiles d'eau (Rougerie, 1987), Mes Amérindes (Éditions Louis Riel, 1988) et La Cosse blanche du temps (Rougerie, 1992). Elle préfère le poème court, dense, lyrique, néo-surréaliste. Profondément influencée par la nature, elle fait souvent appel à une imagerie florale. Elle passe ses moments de loisir à poursuivre ses recherches universitaires, à écrire et à voyager, souvent en Asie et au Japon notamment où elle a parlé récemment du haïku en France, au Japon et au Québec. Son recueil Haïkus de mes cinq saisons est paru aux Éditions David (2001).» Elle est décédée accidentellement le 1er juillet 2002.
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Jardin botanique un oiseau sur mon collier de coquillages. Les poissons séchés fragrance sauvagine marché de Tôkyô Banquet raffiné un éclair de baguettes du boeuf de Kôbe. Deux lions enlacés une crinière rouge une scène de kabuki. Le papillon bleu au coeur du volubilis essaime le temps. Une cataire la plante des décombres rendez-vous des chats. Les boutons rouges éclosent en feuilles vertes et ma robe déteint. Marée de souliers le bouddha d'émeraude sourit aux lotus. La fleur de misère croît au pied des palais blancs les chiens l'arrosent. Le vaste océan salure des revenants grande tombe bleue. |
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