quebec .

CANADA



Micheline BEAUDRY
Janick BELLEAU
Hélène BOUCHARD
Yves BRILLON
Pierre CADIEU
Lisa CARDUCCI
Diane DESCÔTEAUX
Jean DORVAL

André DUHAIME
Célyne FORTIN
Jacques GAUTHIER
Carol LEBEL
Hélène LECLERC
Robert MELANÇON
Guy MÉNARD
Mike MONTREUIL
Bertrand NAYET

Jeanne PAINCHAUD
Luce PELLETIER
Michel PLEAU
Alain RAIMBAULT
Patrick SIMON
Monika THOMA-PETIT
Jocelyne VILLENEUVE
Évelyne VOLDENG



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Micheline BEAUDRY     beaudrymicheline@hotmail.com

Née à Montréal en 1942, Micheline Beaudry habite en Montérégie. A publié l'essai Les maisons des femmes battues au Québec (Éditions Saint-Martin, 1984) traduit en anglais sous le titre Battered Women (Black Rose Book, 1985). Elle publie dans des revues, telles Arcade, XYZ, Brèves littéraires, Planète Rebelle, etc. Elle a participé à des anthologies de haïkus françaises, québécoises, canadiennes, roumaines et internationales, ainsi qu'à la fondation du journal Gong et de l'Association française du haïku. On peut la lire sur de nombreux sites électroniques en particulier sur Temps libres de Serge Tomé, Haïku sans frontières d'André Duhaime, Lynx de W. et Jane Reichhold, Simply Haiku, etc. Elle a publié Blanche Mémoire (renku en coécriture avec Jean Dorval; Éditions David, 2002) et Les couleurs du vent (haikus; Éditions David, 2004). Elle projette un nouvel essai poétique sur l'œuvre d'André Duhaime.



reflet de neige
sur le casque du scaphandre
à l'hôtel de Rimouski


les feuilles tombent
j'ai acheté un agenda
Blueline 2009


les canards
s'enfoncent dans le miroir de l'eau
un goût de châtaigne


avec sa canne
il souffre sa mort
debout


des arbres
les couleurs tombées
s'enfoncent sous la terre


toute la nuit
ils ont « callé » l'orignal
la chasse est ouverte


soir d'automne
suivre sur l'écran la chute
du TSX à Toronto


ils sont tous morts
parents, oncles, tantes
nous sommes seuls


elle entend le train
à chaque fois qu'il passe
il en parlait souvent


ce bleu au centre de l'œil
étang qui attire les oies
en partance


d'un deuil à l'autre
le blanc des marguerites
se perd dans la blancheur


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Janick BELLEAU

Montréalaise de naissance et Belge d'adoption. Diplômée de l'Université d'Ottawa en Lettres françaises et en Communications sociales. Ses articles de fond (rappelant souvent la contribution des femmes en littérature) paraissent dans des revues alternatives ou littéraires depuis 1985. A fait paraître des recueils personnels : L'en-dehors du désir (du Blé, Winnipeg, 1988) et Humeur… haïku & tanka (Carte blanche, Montréal, 2003); tous deux illustrés par Diane Desmarais. A codirigé, avec Micheline Beaudry, un ouvrage collectif L'Érotique poème court / haïku (Biliki, Bruxelles, 2006); ce thème étant une première dans la Francophonie (77 poètes, 182 poèmes inédits, 9 illustrations). Le livre s'est classé finaliste au Prix Gros Sel du Public (Belgique). En 2008, a dirigé Regards de femmes - haïkus francophones (AFH, Lyon et Adage, Montréal); également une première dans la Francophonie (86 femmes poètes, 283 poèmes inédits en français langue originale, 14 illustrations). Le corpus principal est précédé d'une étude de l'auteure, « Francophone et féminin, le haïku ». Depuis 2006, rédactrice en chef adjointe de la revue du poème court dirigée par Dorothy Howard, casse-pieds. Lauréate du prestigieux concours de haïku du Mainichi Daily News (Japon), section internationale : 2e prix (2006) et Mention Honorable (2007). Initiatrice et coorganisatrice du 3e Festival du haïku francophone de l'Association française de haïku tenu à Montréal, en octobre 2008.    (Photo : © Adena Franz, 2008)


parc viennois
sifflant un air de Mozart
gamin sur patins


jazz langoureux
nous quittons la route
pour un champ de blé


algue flottante
dans bain bouillonnant
ta chevelure


nue sous tes perles
tes baisers aux framboises
sur tapis turc


clair de lune
son corps au seuil de la mort
plus blanche la neige


jour du Souvenir
les feuilles mortes brûlées -
sanglots pour papa


il pleut à torrents
sent-elle l'humidité
l'âme du défunt


action de grâces
champagne et vieux films
vers Tokyo


dimanche flâner
dans l'avenue des geishas -
parfum d'Edo


nuit érotique
tempête de neige et de vent
au cœur de tes côtes



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Hélène BOUCHARD     helene.bouchard@globetrotter.net

Hélène Bouchard vit à Sept-Îles, sur la Côte-Nord du Saint-Laurent. Les grands espaces, la nature sauvage, la fragilité de l'être l'habitent et l'inspirent. Depuis qu'elle a découvert le haïku, en 2000, ses poèmes ont été publiés dans des revues spécialisées telles Gong, casse-pieds, Arcade, Haïkaï et dans une dizaine d'ouvrages collectifs. Pour entretenir et partager sa passion littéraire, elle participe annuellement au Camp Haïku de Baie-Comeau. Elle anime des ateliers d'écriture à Sept-Îles. L'année 2008 est une année charnière pour elle : elle publie son premier recueil Percées de soleil (Éditions David), et on retrouve aussi ses haïkus dans les collectifs Carpe Diem (Éditions David et Borealis Press), Toucher l'eau et le ciel (Éditions David), dans La page jaune (Éditions Tire-Veille) et Regards de femmes (AFH et Adage).


jour de pluie
l'enfant observe la vie
à travers la vitre


10 degrés Celcius
au kiosque de crème glacée
la vendeuse somnole


soleil levant
seule à la mer elle nage
dans le feu et l'eau


un vent parfumé
s'engouffre dans mon corsage
des mouches noires aussi


entre mouches noires
et papillons blancs
partager ses bleuets


au pas de course
elle fend le vent sur la plage
cheveux en tempête


quai de Matane
sa chevelure au vent
face aux éoliennes


sous son œil avide
elles se dandinent sur la plage
trois outardes dodues


gémissement du vent
sous une pluie torrentielle
beau temps sous la couette


après le verglas
le petit bois rabougri
un palais de glace


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Yves BRILLON     brillon@videotron.ca

Yves Brillon est né à Montréal en 1938. Il a fait des études de sociologie à l'Université de Genève, et de criminologie aux Universités de Lausanne et de Montréal, où il a obtenu un doctorat. Chercheur et professeur titulaire, il a travaillé à l'Université de Montréal, au Centre international de criminologie comparée et au Centre de recherche en droit public, de 1971 à 1999. Il a publié de nombreux articles et deux livres dont Ethnocriminologie de l'Afrique noire (Éditions J.Vrin, 1980). En novembre 1997, il a ouvert le site de poésie L'Île de Calliope où, en plus de présenter ses poèmes, il a élaboré une anthologie des poètes du web. Il a publié des haïkus dans les collectifs Haïku et francophonie canadienne (Éditions David, 2000), Chevaucher la lune (Éditions David, 2001) et, en anglais, Sun Through The Blinds (Shoreline, 2003). Certains de ses haïkus ont été traduits en russe, en juillet 2004, et figure sur un site littéraire.



au coucher du jour
grand-mère endormie dans l'ombre -
le tricot achevé


nouvelle voisine -
des soutiens-gorge plus longs
sur la corde à linge


au jardin public
les traces dans la neige
d'anges envolés


une autre nuit blanche -
elle regarde par la fenêtre
tomber la neige


l'arbre de Noël
clignotement de couleurs
dans les yeux du chat


première neige -
sous le noyer du jardin
des traces d'écureuils


matin frisquet -
dans la buée du pare-brise
deux cœurs entrelacés


surface du lac
soudain baignée d'accalmie
l'automne à l'envers


la pluie a cessé -
il n'y a dans le jardin
qu'un saule pleureur


flaque d'eau -
la voiture éclabousse
un coin de ciel bleu


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Pierre CADIEU    pierrecadieu@tlb.sympatico.ca

Poète, éditeur et ex-enseignant, Pierre Cadieu est né en 1947 à St-Jérôme dans les Laurentides. Il donne des récitals de poésie depuis 1965 et a publié plusieurs recueils de poésie dont : Clopec (Éditions du Cri, 1969), La Campagne du Parti Poétik (Éditions Neigeuses, 1970), Entre voyeur et voyant (Parti Pris, 1979), Pluies (Éditions Université libre, 1996) et La musique des mots (Éditions Université libre, 2005). En 2001, il a participé au film Archives de l'âme, documentaire sur la Nuit de la poésie (1970). Ses poèmes s'inspirent du langage quotidien et explorent l'inconscient collectif. En quête d'un verbe québécois, il est avant tout un poète de l'oralité. Vieux routier des grands spectacles de poésie, Pierre Cadieu a côtoyé, sur scène et dans la vie, Claude Gauvreau, Gérald Godin, Gilbert Langevin, Plume Latraverse, Guy Mauffette et Pierre Morency. Il a découvert le bouddhisme et le haïku au milieu des années 60 en lisant adolescent les romans de Jack Kerouac, il a été alors fasciné par leur extrême dépouillement en même temps que par leur immense pouvoir d'évocation; depuis l'hiver 2006, il se consacre au haïku, et a publié dans les revues Haïkaï et Gong. Bien que l'écriture de haïkus soit plutôt le fruit de la littérarité, les siens sont à l'occasion teintés d'oralité. Que de lieux communs à revisiter, à ramener à l'état sauvage. La voie est parfois escarpée, c'est souvent là que la beauté se cache! Depuis 2007, il est coordonnateur de l'équipe SlamOutaouais. Voir sa page web.


Cris clairs des enfants
à la plage au soleil
vieux assis à l'ombre.


Nuit de canicule
seul le son d'un maringouin
comme moi sans sommeil.


Dans la nuit d'été
comme des miettes d'étoiles
mille mouches à feu.


Les oiseaux partis
dans le vide aucun cri
seulement la pluie.


Le grand vent s'essouffle
mais vite, reprend sa course
les feuilles applaudissent.


Au milieu du champ
le pin recroquevillé
dit d'où vient le vent.


Sol couvert de neige
seul quelques traces de pas
cherchent leur chemin.


Plus l'hiver dure
plus mon manteau pèse lourd
comme un carcan.


Être par erreur
d'un voyage organisé
quelle aventure !


À l'abri du froid
en dessous des feuilles mortes
les nouvelles pousses !




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Lisa CARDUCCI     carducci_lisa@yahoo.fr

Lisa Carducci est née à Montréal en 1943. Après 30 ans d'enseignement du français et de l'italien au Québec et en Chine, elle a travaillé à la Télévision Centrale de Chine, à Beijing, puis à la revue Beijing Information. Depuis 2007, toujours en Chine, elle se consacre au voyage et à l'écriture. Auteure de 48 livres en diverses langues, elle a aussi publié près de 3 000 articles et textes littéraires dans des revues, journaux et anthologie de par le monde. Elle a tâté de tous les genres: poésie, roman, nouvelle, journalisme, essai, théâtre, littérature pour enfants et même dessins animés. Mentionnons le recueil de renkus D'une saison à l'autre (avec André Duhaime; Le Loup de Gouttière, 1993). Pour la liste à jour de ses œuvres, aller à sa page sur l'Île. Elle a dirigé et coécrit le renku à quatre voix La Corbeille.



livre ouvert gelé
le nord gémit dans le vent
sur la page blanche


au temps de l'amour
mes rêves d'espace libre
meublé de fantômes


tes mains sur ma peau
parmi les rayons lunaires
font du cinéma


un ciel bleu baiser
croit au leurre transparent
de l'éternité


boulevard vivant
ma peur a couleur de fièvre
et goût de violon


jouer sur ton corps
au silence des étoiles
un air de guitare


mes mains te regardent
étrange photographie
où mes yeux te touchent


tu connais par coeur
la grammaire de mon corps
et son dictionnaire


pendant ton sommeil
je joue avec les nuages
et tu n'en sais rien


entre les étoiles
il faut bien un peu de ciel
de lumière tue


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Diane DESCÔTEAUX     dianedxx@sympatico.ca

Née en 1956 et ayant grandi dans la métropole, Diane Descôteaux vit dans la région de Drummondville depuis 1977. Diplômée de l'Université du Québec à Trois-Rivières en communication écrite, elle a publié : La magie du cœur (1990); De cœur et de chair (Prix de la Fondation Yolaine et Stephen Blanchard, Dijon, 2000); Trios (Les Adex, 2004); Averse d'étoiles (Teichtner, 2005 - Prix Marie Noël, 2006); L'heure du thé (Karedas, coll. kaiseki, 2008); Automne prélude (rensaku coécrit avec Luce Pelletier et Line Michaud, 2008) et Au-delà du décor (édition bilingue; Editura Confluente; Prix d'excellence en poésie de Roumanie, 2009). Elle a été codirectrice de la revue Carquois en 2004 et 2005. Elle anime des ateliers d'écriture en région et à l'étranger (Haïti et République dominicaine en 2008; Sénégal en 2009). Voir son site : www.dianedescoteaux.com


quatre heures moins treize -
retour au lit en croquant
une grosse fraise


à tâtons la nuit
se heurter le gros orteil
sur le pied du lit


mousse au chocolat -
tirer la langue en cachette
dans le fond du plat


ce long bout de route
s'est fait en un rien de temps -
j'ai dormi sans doute


au creux de la main
tenir des millions d'années -
fossile marin


bol de café crème
dont le bord est barbouillé
d'un peu d'elle-même


l'hiver qui s'amène -
l'heure normale de l'Est
en fin de semaine


réveil à Trouville
en Normandie et coucher
près de Drummondville


fenêtre assez basse -
un téléphone à la main
il passe et repasse


panonceau routier -
un corbeau plonge et se pose
droit sur Valcartier



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Jean DORVAL     jeandorval@hotmail.com

Jean Dorval vit à Québec. Il a publié Carnet du promeneur (poèmes avec photographies de Patrice Fortier, Éditions Mémoire Vive, 1997), Blanche mémoire (renku en coécriture avec Micheline Beaudry, Éditions David, 2002), Debout la lumière (poèmes, Écrits des Hautes-Terres, 2003), La trilogie échiquéenne (poèmes, Éditions David, 2004) et Quelle heure est-il ? (haïkus, Éditions Le Sablier, 2008). Ses haïkus et articles se retrouvent dans de nombreux collectifs (dont l'anthologie de haïkus Carpe diem, Éditions David et Borealis Press, 2008) et diverses revues ( casse-pieds, Gong, Ploc, Haïku Canada, Revue Tanka francophone). En 2004-2005, il a conçu et animé l'émission radiophonique Haïku de foudre sur les ondes de CKIA 88,3 FM de Québec. Il est conférencier et animateur d'ateliers d'écriture; il offre actuellement l'atelier La promenade du regard dans les bibliothèques de la région de Québec.


les gris de l'ombre
un long paletot qui prend
toute la rue


sur la pellicule
se régale un gros ours brun
pub de framboises


y coller ses lèvres
tout est près de s'effacer
devant le souffle


ce petit homme
qui m'offre sa lumière
rien qu'un pictogramme ?


après ton départ
les jours rallongent
sur le web


ta main
dans la mienne
bouquet


petite croix
dans ma poche
l'invisible


au cimetière
une rangée de peupliers
code à barres


bouteille à la mer
celle qui manque
au cellier


héron
de bout sur le rocher
point d'interrogation



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André DUHAIME     haiku999@hotmail.com

André Duhaime pratique les formes classiques de la poésie japonaise (haïku, renku, tanka et haïbun) en les acclimatant à la sensibilité occidentale. Il a publié plusieurs recueils individuels, pour les enfants comme pour les adultes, édité diverses anthologies, rédigé des articles à caractère pédagogique, tout en assumant depuis une dizaine d'années la direction littéraire de ce site Web Haïku sans frontières. Il anime des ateliers d'écriture. Ses plus récentes publications sont : Marcher le silence - Carnets du Japon, (en coécriture avec André Girard, Montréal, Éditions Leméac, 2006 - Prix Canada-Japon 2008) ), Pissenlits et mauvaises herbes (haïkus, livre-jeunesse, illustrations de Romi Caron, Christian Feuillette éditeur, novembre 2007), Des têtes des queues des pattes (haïkus, livre-jeunesse, illustrations de Romi Caron, Christian Feuillette éditeur, novembre 2007), Pixels (en co-direction avec Hélène Leclerc, Éditions Vents d'Ouest, 2008).



le monde ce soir
premier plaisir d'automne
peler des pommes


sur les vitres
des traces de nez et de doigts
regardent encore la pluie


fragment de rêve
champlain et bashô prennent le thé
sur la pointe nepean


trottoir verglacé
à petits pas
sur d'autres pas


mon ombre
avec de plus longues jambes
ne me distancie pas


la nouvelle lampe de chevet
ranime les cicatrices
du vieux mur


le vendeur si étonné
que je veuille acheter
le journal d'hier


tout à coup songeur
devant un plat de fraises
voici l'été


l'eau de l'arroseur
se répand sur le gazon
et sur le trottoir


après des années
une rencontre par hasard
nos courts cheveux gris


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Célyne FORTIN

Née en 1943, Célyne Fortin a coanimé les Éditions du Noroît de 1971 à 1991. Elle a publié les recueils de poésie: Femme fragmentée (Noroît, 1982), L'Ombre des cibles (Noroît, 1984), Au coeur de l'instant (haïkus, Noroît, 1986), D'Elle en elles (Noroît, 1989), Voir (L'Arbre à paroles, 1991) et Les Intrusions de l'oeil (Noroît, 1993). Elle a également publié, soit des textes, soit des dessins dans des revues au Québec, en France, en Allemagne et aux États-Unis,. Elle a aussi réalisé de nombreuses conceptions graphiques et/ou illustrations, fait trois livres d'artiste, à tirage limité, et participé à des lectures publiques.Elle a coécrit le renku La Corbeille.



la bise faisait
les joues couleur de corail
le corps marbre blanc


maison dans la neige
odeurs des lointains espaces
le ciel sert de toit


pieds et coeur nomades
l'espace à l'abandon
une fois de plus


la pierre bien chaude
sous les pieds juillet s'avance
au coeur de l'instant


des fougères exquises
leur ombre serait d'argile
tes jambes de plomb


si le vert est vert
un arbre un arbre pourquoi
suis-je une femme


un engoulevent
son vol découpe le ciel
en deux pans de gris


elle court longtemps
la plume pendant que l'oie
reste seule au sol


il y a du vent
il me faut (l')écrire mais
les feuilles s'envolent


j'entends ma voix mais
quelle est cette femme que
le miroir renvoie


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Jacques GAUTHIER     jacgau@sympatico.ca

Jacques Gauthier, né en 1951, a été professeur durant vingt ans à l'Université Saint-Paul d'Ottawa. Il se consacre maintenant à l'écriture et à la parole. Il a publié près de cinquante livres, dont plusieurs recueils de poèmes aux Écrits des Forges et aux éditions du Noroît, notamment La joie blessée (1992), Les lieux du cœur (1993), Marcheur d'une autre saison (1995), Ce jour qui me précède (1997 - Prix de l'Alliance française d'Ottawa-Hull), L'empreinte d'un visage (1999 - Prix du Café Quatre Jeudis), L'invisible chez-soi (2002), Chemins du retour (2006 - Prix Jacques-Poirier Outaouais), ainsi que L'ensoleillé (2008) aux éditions du Passage. Il a aussi publié le récit Le voyage de l'absente (Écrits des Hautes-Terres, 1999) et le roman Le secret d'Hildegonde (Vents d'Ouest, 2000). Son essai Les défis du jeune couple (Le Sarment-Fayard, 1991) est traduit en quatre langues (néerlandais, italien, portugais, espagnol); il a fait paraître à cette même maison d'édition La crise de la quarantaine (1999), constamment réédité. Spécialiste du poète Patrice de La Tour du Pin et de Thérèse de Lisieux, ses livres sont édités en France et traduits en plusieurs langues. Il a lancé la collection Les chemins de la prière aux Presses de la Renaissance à Paris dont il a écrit les cinq livres. Il a publié les recueils de haïkus Pêcher l'ombre (David, 2002) et Haïkus aux quatre vents (David, 2004) dont sont tirés les haïkus qui suivent. Pour plus de renseignements, voir sa page web.



le sentier s'est enfui
avec la première neige
le chasseur reste seul


il pleut dans la chaloupe
deux épouvantails à chapeau
pêchent leurs ombres


les coeurs de pommes
sur la balançoire à deux
des restes d'automne


les pas du marcheur
s'égrènent à la verticale
l'horizon recule


les chiens aboient
les oiseaux se taisent
passe la mongolfière


des poissons rouges
au jardin japonais
un goéland attend


l'orchidée suit la pente
puis c'est la nuit
qui l'aspire


ton corps se moule au mien
nous brûlons à côté
d'une bougie qui s'incline


le chat rêveur
s'avance vers toi
la lune dans ses yeux


stridence d'août
des cigales flamboyantes
aiguisent le silence


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Hélène LECLERC     heleneleclerc72@yahoo.ca

Née en 1972, Hélène Leclerc a grandi à Saint-Hyacinthe et habite maintenant à Drummondville. Après des études en arts visuels à l'Université Laval, elle se tourne vers l'écriture et c'est en 2005 qu'elle découvre le haïku et le renku (La montagne bleue, Le vieil érable). Dès 2006, en collaboration avec André Duhaime, elle travaille sur plusieurs collectifs de haïku publiés dans la revue Haïkaï, puis sur le site Web Haïku sans frontières (Chacun sa bicyclette, Sur la route, Buffet chinois). Au printemps 2007, elle publie son premier recueil de haïkus, Lueurs de l'aube, aux Éditions David. En janvier 2008, elle obtient une mention honorable au volet international du concours de haïku Mainichi, au Japon. Ses haïkus font partie de l'Anthologie canadienne du haïku - Carpe Diem (Éditions David et Borealis Press, 2008). Elle participe également aux collectifs Regards de femmes (Éditions de l'AFH et Adage, 2008) et Toucher l'eau et le ciel (Éditions David, 2008). En collaboration avec André Duhaime, elle assure la codirection du collectif Pixels, un recueil de haïkus sur le thème des nouvelles technologies (Vents d'Ouest, 2008). Enfin, en octobre 2008, dans le cadre du 5e GalArt organisé par la CDCCQ (Centre de développement culturel du Centre-du-Québec), elle reçoit le Prix Début de carrière professionnelle.



corde à linge
le vent tente d'enfiler
un pantalon


il pleut
ce court silence
sous le viaduc


avec une roche
un garçon brouille un lac
et une montagne


enfoncer la pagaie
dans un nuage
une montagne avance


sur l'annonce
de la halte routière
huit moineaux


une vigne
traverse la ruelle
sur un fil


il pleut
un mot s'agrandit
dans mon calepin


au téléphone
le bruit d'un avion
dans le ciel de l'autre


traverser le pont
le va et vient du regard
de la route au fleuve


je t'écris un courriel
mon ombre
joue du piano


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Carol LEBEL     carollebel@hotmail.com

Carol LeBel est né à Québec en 1949 et il habite à Chicoutimi. Il enseigne la philosophie au Cégep de Chicoutimi. Il participe régulièrement à différentes manifestations culturelles. Il a publié divers recueils de poésie: Ivresse en miettes (1981), Curriculum vidé (Éditions de l'A.Z., 1982), Difficile de respirer dans les yeux des autres (Sagamie/Québec, 1984), À la sortie du corps (Sagamie/Québec, 1986), Arrêtez vos mots, je descends (Éditions de l'A.Z., 1991), L'Espoir du doute (Le Loup de Gouttière, 1992), Errances (haïkus; Le Loup de Gouttière, 1994), Petites éternités où nous passons (haïkus; Le Loup de Gouttière, 1997) et Des mondes nous échappent (haïkus; Le Loup de Gouttière, 2000) ainsi que De l'un à l'autre (renku, avec André Duhaime, encres de Gernot Nebel; David, 1999).



seul au motel
des silences étrangers
et un robinet bavard


en vitesse   elle quitte le café
dans le cendrier   une lettre déchirée


deux adolescents
se renvoient du pied un oiseau mort
dimanche   il pleut


funérailles nationales
des milliers de personnes
apprennent le nom d'un poète


je ferme un livre
je vais à la fenêtre
la nuit est grande


des fleurs à la main
saluer une inconnue
au cimetière


sur le même banc
deux vieillards font silence
le parc est désert


lueurs de l'aube
quelqu'un marche seul sur la plage


soir de lancement
trois ans de solitude
ce mince recueil


par la fenêtre
un gros glaçon s'égoutte
lentement   patiemment


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Robert MELANÇON

Né à Montréal en 1947, y vit. Robert Melançon a publié, entre autres: Peinture aveugle (VLB éditeur, 1979), Au petit matin (renga avec Jacques Brault; Hexagone, 1993), L'avant-printemps à Montréal (VLB éditeur, 1994), Notes sur un jour d'hiver (Éditions du Silence, 1997) et Neuf limericks neufs (Des Antipodes, 1998).



       Dans le parc soudain
très vide, un parapluie
       s'éloigne.


       Les bruits des voitures,
je les entends de la même
       oreille que les oiseaux.


       Tous dorment.
Je nage dans la nuit que
       verse la fenêtre.


       La pluie passe
dans la rue, papier
       qu'on froisse.


       Dans la neige fraîche
près du métro, mille flèches:
       pattes de pigeons.


       Les fourmis courent,
courent sur le patio
       tellement immense.


       Dans un verre d'eau,
3 tulipes, fanées,
       plus ou moins.


       Un vieil homme promène,
à pas lents, un vieux chien
       dans la pluie de 8 heures.


       Là, puis là, encore,
disparaît, apparaît, là,
       ici, la luciole.


       Train de nuit:
le cognement des boogies
       sur les rails - woogie.


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Guy MÉNARD
Guy Ménard est né à Granby, en 1948. Après des études de philosophie, de théologie et d'anthropologie, il enseigne quelques années en Afrique (Éthiopie), il est, depuis 1982, professeur au département des sciences religieuses de l'Université du Québec à Montréal et directeur de la revue Religiologiques. Il a publié des essais (De Sodome à l'Exode, Guy Saint-Jean, 1993; Les ruses de la technique (avec C. Miquel), Montréal et Paris, Boréal et Méridiens-Klincksieck, 1988; Petit traité de la vraie religion - à l'usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le XXIe siècle, Montréal, Liber, 1999). Il est également l'auteur de deux romans (L'accent aigu, Montréal, Leméac, 1983; Jamädhlavie, Montréal, Boréal, 1990), d'un recueil de poésie (Fragments, Montréal, Hurtubise HMH, 1978) et des recueils de haïkus Hiéroclips. Haïkus baroques (Montréal, Ex Libris + Poésie, 1998) et Les cloîtres (dessins en coffrets de Christiane Lemire et haïkus de Guy Ménard.) Voir son site.



si prenante, à l'aube,
au flanc du mont bleu, l'odeur
des eucalyptus


retenant leur souffle
en entendant le hoquet
des kalachnikovs


la forêt bruissait
de fées, d'elfes et de faunes;
Puck parlait à Pan


noire déchirure
hurlant sur la toile blanche
d'un grand Borduas


l'hyène ricane;
dans ses vieux murs, Harrar dort;
Rimbaud rôde encore


à l'heure où les faons
vont boire - au risque des fauves,
à l'insu de l'aube


le Petit Prince à
l'allumeur de réverbères:
«N'éteins pas la nuit!»


giclées d'or safran,
bronze bruissant, spasmes fauves,
grands râles porphyre


mon cœur en exil,
comme l'été banni, comme
un voilier d'outardes


gargouille alanguie,
sphinx à l'affût, noire énigme,
tu dors ? tu m'épies ?


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Bertrand NAYET     bnayet@atrium.ca

Originaire de France, Bertrand Nayet vit au Manitoba depuis 1975. Il a été agriculteur et traducteur; il enseigne actuellement le français et le théâtre au Collège Louis-Riel à Saint-Boniface. Il fait preuve d'éclectisme puisqu'il est comédien, peintre, écrivain (nouvelles, contes, pièces de théâtre et poésie). Il a publié le recueil de nouvelles La Vie quotidienne et autres champs de mines (Éditions du Blé, 1998) et le recueil de haïkus Juste un grand vent. Ses textes ont paru dans la revue littéraire Prairie Fire et dans des collectifs: Blé (publié par Les Éditions du Blé lors de leur 25e anniversaire), Théâtre en pièces (publié par les Éditions du Blé pour le 75e anniversaire de la troupe du Cercle Molière) et le recueil Haïku et francophonie canadienne (Éditions David, Éditions du Blé et Éditions Perce-Neige, 2000). Dans l'hebdomadaire La Liberté, il a publié une série de contes de Noël, les romans épistolaires Klondike et, en collaboration avec Charles Leblanc, Correspondances. En 1999, en hommage à Louis Riel et à l'exubérance littéraire, il fonde avec d'autres écrivains franco-manitobains Le Collectif des écrivains post-néo-riélistes dont il devient le secrétaire perpétuel. (Photo: Martine Pelletier)



sur l'amas de troncs
poussés par la Rouge en crue
un peu de neige


un merle a sifflé,
le chat suit du regard
la chute d'un pétale


une femme en bleu
aux seins lourds et ronds
derrière une poussette


un bruit
la nuit dans la maison,
mon fils grince des dents


l'enfant tousse dans la nuit,
un angle aigu
sur ma montre


matin d'hiver gris,
odeur d'orange fraîche
sur tes doigts


trois matins
que la petites nonne grise
ne nettoie plus le trottoir


derrière cet homme,
dans l'air sec et glacé,
l'odeur du tabac brûlé


au bout du sentier
le passage de mon souffle,
givre sur ma barbe


rivière en étiage
les piles du vieux pont
sont visibles à nouveau


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Jeanne PAINCHAUD     jeannepainchaud@hotmail.com

Jeanne Painchaud vit à Montréal. Elle a publié le recueil de récits Le tour du sein (Triptyque, 1992), les recueils de haïkus Je marche à côté d'une joie (Les Heures bleues, 1997) et Soudain (David, 2002) ainsi que Sous nos pas (renku en collaboration avec Francine Chicoine, David, 2003). Elle a monté une exposition de haïkus écrits par des poètes québécois, Haïkus, poèmes en trompe-l'oeil, des années 20 à aujourd'hui; d'abord présentée à Montréal en 1997, cette exposition a voyagé dans plusieurs villes du Québec. Son travail se caractérise par une approche ludique de la langue et par l'exploration de sujets tout à fait féminins, comme le sein et la relation mère-enfant.



Si j'avais gardé tout le sable
De tes souliers
Le temps n'aurait plus compté


Tu as froid dans mes bras
Tu veux que je réchauffe
Le vent


Une rognure d'ongle
Sur la tuile bleue
Une lune devant tes yeux


Dans tes cheveux   je découvre
Une lente   un pou
Comme on en trouve
Dans les très vieux haïkus


Chaque nuit depuis 2000 nuits
Sentir ton cou humide
Endormi


Des pleurs de perdant:
Au milieu des échelles
Tu tombes sur des serpents


Je n'ai pas pu imaginer
Ce tigre invisible
Que tu vois sur mon nez


Tranquillement
Tu pêches dans l'étang
Où une truite mange ses enfants


Entre nous deux
Une coccinelle inerte
Et ta petite tristesse


Tu aimes marcher
Devant moi dans mon ombre
Comment t'expliquer qu'à midi
Elle est cachée sous mes pieds?


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Luce PELLETIER     lucepelletier@live.ca

Originaire de la Mauricie et rédactrice commerciale de métier, Luce Pelletier est poète autodidacte. Elle pratique le haïku et d'autres formes de poésie japonaise depuis 2005. Elle a été primée au Grand Concours international de haïku organisé par Marco Polo magazine où elle obtient successivement les prix Hiver 2005, Paix 2006, Gourmandise 2007 et Belleville Galaxie 2008. Elle a également été lauréate du prix Femmes 3000, décerné à Paris en 2005. On retrouve de ses textes (poésie libre, haïku et autres) dans quelques collectifs au Québec et en France, dont Regards de femmes (AFH et Adage, 2008) et Pixels (Vents d'Ouest, 2008), ainsi que dans les revues Carquois, Haïkaï, Revue du Tanka francophone et Haiku Canada Review. Elle fait partie du cercle des Poètes de la Montérégie et du Groupe Haïku Montréal. Elle a également été codirectrice de la revue Carquois pendant un an et demi. Elle vient de publier Automne Prélude, un rensaku écrit en collaboration avec Diane Descôteaux et Line Michaud.


la brise d'avril
porte un parfum de café -
s'asseoir au soleil


nouvelles neiges -
je trace le sentier
où j'en ai envie


tranche d'orange
dans l'assiette bleu de ciel -
gris matin d'octobre


famille élargie
au super écran HD -
« Super Bowl »


la lune se voile -
en panne sur l'autoroute
sans sa p'tite laine


nuit de canicule -
insomniaque je dessine
un extra-terrestre


chanteur ennuyeux -
croquer la graine de carvi
prise entre mes dents


orage sur l'étang -
tout trempé, l'enfant s'inquiète
des poissons


le banc du parc -
assez grand pour trois amis
ou deux inconnus


en fond d'écran
le palmier d'un vert parfait -
neige à la fenêtre


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Michel PLEAU     pleaupoesie@yahoo.ca

Originaire du quartier Saint-Sauveur à Québec, Michel Pleau consacre sa vie à la poésie. Depuis 1992, il a publié une dizaine de livres de poèmes. Il a reçu les prix Alphonse-Piché, Octave-Crémazie et Félix-Antoine Savard du Festival International de la poésie de Trois-Rivières. Il anime des ateliers de création. Lauréat 2007 de la Résidence d'écriture Québec-Paris, il a séjourné 3 mois à la Cité internationale des Arts de Paris entre avril et juin 2007. Il est finaliste du Prix du Gouverneur général du Canada pour son recueil de poèmes La lenteur du monde (2007; Prix du Gouverneur général) publié aux Éditions David, lesquelles éditions ont déjà publié ses deux recueils de haïkus Soleil rouge (2004) et Arbres lumière (2005).



sur cette photo jaunie
mon père a mon âge
c'est toi dit ma blonde


je touche le ciel
une mésange vient de se poser
dans ma main


il sort de la terre
le bel arbre
père ressuscité


salicaire
depuis que je connais son nom
plus belle encore


mon ombre
s'allonge
devenir un vieux poète


sur le mur
l'ombre du pommier
donne des pommes


la lumière de mai
ce matin je prends le temps
de la toucher


bouleau de décembre
la neige
devenue arbre


silence
la lune est prise
dans les branches


tout à coup
les arbres parlent d'autre chose
j'entre dans le bois


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Alain RAIMBAULT     ralain@ercg.ednet.ns.ca

Alain Raimbault est né à Paris en 1966. Après une enfance méditerranéenne et des études de Lettres et de Langues à l'université de Poitiers, il s'est dirigé vers l'enseignement. Résident du Canada depuis 1998, il habite à Grand-Pré et enseigne actuellement à Greenwood, en Nouvelle-Écosse, dans une école francophone. Il a fait paraître des poèmes et des nouvelles dans diverses revues en France (Albatroz, Mires, Verso), en Belgique (Inédit), aux États-Unis (River/Rivière) et au Canada (Éloizes, Envol, Exit, Feux Chalins, Moebius, Possibles, Virages. Il a publié deux romans-jeunesse: Herménégilde l'Acadien (Hurtubise-HMH, 2000) et L'arbre à chaussettes (Hurtubise-HMH, 2001). Il a également publié les recueils de haïkus Mon île muette (David, 2001) et New York loin des mers (David, 2002).



dessiner le soir
la feuille si maladroite
boit sec l'ambroisie


l'oeillet nu frissonne
il trahira ses dentelles
insomnie du rose


un calendrier
brûlent les lunes les mois
morts, de bonne foi


elle collectionne
additionne les miroirs
soustrait les rayons


la mélodie lasse
l'innocente après-midi
indécise attente


souvenirs perdus
la quête de l'arbre absent
un matin pluvieux


sourire d'avril
un film français noir et blanc
un dortoir d'école


tu n'écriras plus
à quoi bon se mal aimer
le témoin s'éloigne


la pie du couvent
au désert la cloche sonne
l'oubli de l'enfance


ni retour ni ombre
tu ne me laisses rien de tangible
la plume tremble


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Patrick SIMON

Né le 5 mars 1953, à Metz en Lorraine (France), Patrick Simon vit maintenant au Québec. C'est avant tout un humaniste et qui revendique la tolérance et l'ouverture sur l'autre comme projet de vie. L'écriture ainsi utilise plusieurs registres de la sensation, de l'émotion et des sentiments pour nous parler de l'existence humaine à travers des interrogations que nous pouvons nous poser en ce nouveau siècle. Le choix est clair. C'est celui de la quête d'humanité. En auteur sensitif et passionné, il apporte sa contribution humaniste dans un monde à la recherche de nouvelles valeurs. Valeurs augurées à travers ses écrits. Essayiste, romancier et poète, Patrick Simon a publié son premier ouvrage, Toxicomanie : mythes et réalités, en 1984. Et depuis, une quinzaine d'ouvrages sont parus, les plus récents étant À deux pas de moi - haïku et tanka (Éditions Mille poètes, 2006) et Tout près de moi - tanka (Éditions RTF, 2008). En 1970, il crée une première revue littéraire et artistique, Graffiti; en 2007, il crée la Revue du tanka francophone et se consacre de plus en plus à cette forme de poème fixe et court, proche, selon lui, à l'impressionnisme dont il est amateur. Voir son site.


Terrasse au soleil
oublier vrombissement
et conciliabules


Beauté des plages
assis sur un gros caillou
les yeux en éveil


D'un mur à l'autre
des arabesques à l'ombre
et toi au soleil


Clameur et soleil
dans le cercle six taureaux
te saluent - meurent


Parmi les jasmins
les orangers enivrants
nos pas incertains


Des rues désertes
que n'atteint pas le soleil
s'y perdre parfois


Courbes éparpillées
quand les plages s'animent
sous le ciel bleu pâle


Dans un matin chaud
les cheveux ébouriffés
parmi les livres


Gardienne des corps
la lune plus pâle qu'eux
sur le sable brun


L'après flamenco
la nuit s'est faite intime
Séville m'émeut



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Monika THOMA-PETIT

Originaire d'Allemagne, Monika Thoma-Petit vit à Montréal depuis plus de trente ans. Elle est membre de l'Association Française du Haïku et de Tanka Canada, et elle participe aussi aux rencontres du Groupe Haïku Montréal (GHM). Elle est lauréate des Prix Marco Polo : Vent (2005) et Originalité (2006). On trouve ses haïkus, senryûs, haïbuns et tankas dans des revues spécialisées et des anthologies ainsi que sur les sites internet Haïku sans frontières et Temps libres. On peut la lire au jour le jour sur son blogue.


après l'averse
odeurs de tisane
sous les tilleuls


brise sur le lac
dans le reflet des mélèzes
quelques rides


là-bas repose
entre deux montagnes de feuilles
un merle


matin limpide
dans le ciel d'automne, la lune
s'attarde un peu


sur le VTT
siège arrière, moustache au vent
un petit chien blanc


soleil d'automne
sans se presser, un renard
traverse mon jardin


pleine lune
toute la nuit, je rêve
de chapeaux


deux guêpes sur l'eau
l'une s'échappe, l'autre appartient
au poisson


vieille clôture
un pied de framboise
s'est échappé


Wenn der Abend kommt
sitz ich unterm Baum und höre
was die Amsel singt

      tombée du soir
      assise sous mon frêne, j'écoute
      ce que chante le merle



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Jocelyne VILLENEUVE

Jocelyne Villeneuve est née en 1941 à Val d'Or, Québec; elle a vécu à Sudbury, Ontario, de 1953 jusqu'à sa mort, en mai 1998. Elle a publié ses livres en français et en anglais chez divers éditeurs ontariens et québécois: Des gestes seront posés (Prise de Parole, 1977), Contes des quatre saisons (Héritage, 1978), Le Coffre (Prise de Parole, 1979), Nanna Bijou: le géant endormi (Prise de Parole, 1981), Nanna Bijou: The Sleeping Giant (Penumbra, 1981), La Princesse à la mante verte (Prise de Parole, 1983), La Ménagerie (Plaines, 1985), Terres des songes (Vermillon, 1986), Contes de Noël (Plaines, 1987), Greenmantle (Penumbra, 1988), Les Friperies (Prise de Parole, 1989), Le Geai bleu et le papillon (Vermillon, 1992) et Vie première (Meera, 1992). Des extraits de ses ouvrages ont été diffusés sur les ondes de Radio-Canada. Dans le domaine du haïku, ses poèmes ont paru dans diverses revues et anthologies au Canada, aux États-Unis et au Japon; elle a publié les recueils: La Saison des papillons (Naaman, 1980), Feuilles volantes (Naaman, 1985) et Marigolds in Snow (Penumbra, 1993); elle a laissé le recueil inédit Bagatelles.



J'entends la grive -
Derrière moi, les notes oubliées
d'un autre été.


Des phrases composées
dans le soleil qui flâne
sous ma plume.


Du soleil couchant
des mouettes en courbes roses
obliquent vers demain.


Les érables en feu.
Ma main ralentit sa marche
sur la page blanche.


Le geai s'envole.
La branche où il était perché
continue de vibrer.
hunger moon
watching
as I turn forty


first day of Spring -
the neighbour's child walks in
unannounced


my parents
chatting in the swing
day of golden sunlight


Labour Day
back from the cottage
June on the calendar


friends
sharing one tea bag
this winter's day

la lune de la faim
me regarde dormir
j'ai quarante ans


premier jour du printemps -
l'enfant du voisin entre chez nous
à l'improviste


mes parents
jasent blottis au fond de la balançoire
soir couleur âge d'or


Fête du Travail
découverte au retour du chalet
le calendrier indique juin


jour d'hiver
un couple se partage
un seul sachet de thé

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Évelyne VOLDENG

«Née en Bretagne, Évelyne Voldeng est venue s'établir à Ottawa en 1968. Elle est professeure au Département des études françaises à l'Université Carleton. Elle s'intéresse à la poésie des 19e et 20e siècles, aux écritures féminines et au conte populaire. Romancière mais surtout poète, elle a publié cinq recueils: Les Plaquebières (Rougerie, 1980), La Rose épervière (Rougerie, 1983), Les Étoiles d'eau (Rougerie, 1987), Mes Amérindes (Éditions Louis Riel, 1988) et La Cosse blanche du temps (Rougerie, 1992). Elle préfère le poème court, dense, lyrique, néo-surréaliste. Profondément influencée par la nature, elle fait souvent appel à une imagerie florale. Elle passe ses moments de loisir à poursuivre ses recherches universitaires, à écrire et à voyager, souvent en Asie et au Japon notamment où elle a parlé récemment du haïku en France, au Japon et au Québec. Son recueil Haïkus de mes cinq saisons est paru aux Éditions David (2001).» Elle est décédée accidentellement le 1er juillet 2002.



Jardin botanique
un oiseau sur mon collier
de coquillages.


Les poissons séchés
fragrance sauvagine
marché de Tôkyô


Banquet raffiné
un éclair de baguettes
du boeuf de Kôbe.


Deux lions enlacés
une crinière rouge
une scène de kabuki.


Le papillon bleu
au coeur du volubilis
essaime le temps.


Une cataire
la plante des décombres
rendez-vous des chats.


Les boutons rouges
éclosent en feuilles vertes
et ma robe déteint.


Marée de souliers
le bouddha d'émeraude
sourit aux lotus.


La fleur de misère
croît au pied des palais blancs
les chiens l'arrosent.


Le vaste océan
salure des revenants
grande tombe bleue.


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