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reflet de neige sur le casque du scaphandre à l'hôtel de Rimouski les feuilles tombent j'ai acheté un agenda Blueline 2009 les canards s'enfoncent dans le miroir de l'eau un goût de châtaigne avec sa canne il souffre sa mort debout des arbres les couleurs tombées s'enfoncent sous la terre toute la nuit ils ont « callé » l'orignal la chasse est ouverte soir d'automne suivre sur l'écran la chute du TSX à Toronto ils sont tous morts parents, oncles, tantes nous sommes seuls elle entend le train à chaque fois qu'il passe il en parlait souvent ce bleu au centre de l'œil étang qui attire les oies en partance d'un deuil à l'autre le blanc des marguerites se perd dans la blancheur |
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parc viennois sifflant un air de Mozart gamin sur patins jazz langoureux nous quittons la route pour un champ de blé algue flottante dans bain bouillonnant ta chevelure nue sous tes perles tes baisers aux framboises sur tapis turc clair de lune son corps au seuil de la mort plus blanche la neige jour du Souvenir les feuilles mortes brûlées - sanglots pour papa il pleut à torrents sent-elle l'humidité l'âme du défunt action de grâces champagne et vieux films vers Tokyo dimanche flâner dans l'avenue des geishas - parfum d'Edo nuit érotique tempête de neige et de vent au cœur de tes côtes |
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jour de pluie l'enfant observe la vie à travers la vitre 10 degrés Celcius au kiosque de crème glacée la vendeuse somnole soleil levant seule à la mer elle nage dans le feu et l'eau un vent parfumé s'engouffre dans mon corsage des mouches noires aussi entre mouches noires et papillons blancs partager ses bleuets au pas de course elle fend le vent sur la plage cheveux en tempête quai de Matane sa chevelure au vent face aux éoliennes sous son œil avide elles se dandinent sur la plage trois outardes dodues gémissement du vent sous une pluie torrentielle beau temps sous la couette après le verglas le petit bois rabougri un palais de glace |
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au coucher du jour grand-mère endormie dans l'ombre - le tricot achevé nouvelle voisine - des soutiens-gorge plus longs sur la corde à linge au jardin public les traces dans la neige d'anges envolés une autre nuit blanche - elle regarde par la fenêtre tomber la neige l'arbre de Noël clignotement de couleurs dans les yeux du chat première neige - sous le noyer du jardin des traces d'écureuils matin frisquet - dans la buée du pare-brise deux cœurs entrelacés surface du lac soudain baignée d'accalmie l'automne à l'envers la pluie a cessé - il n'y a dans le jardin qu'un saule pleureur flaque d'eau - la voiture éclabousse un coin de ciel bleu |
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Cris clairs des enfants à la plage au soleil vieux assis à l'ombre. Nuit de canicule seul le son d'un maringouin comme moi sans sommeil. Dans la nuit d'été comme des miettes d'étoiles mille mouches à feu. Les oiseaux partis dans le vide aucun cri seulement la pluie. Le grand vent s'essouffle mais vite, reprend sa course les feuilles applaudissent. Au milieu du champ le pin recroquevillé dit d'où vient le vent. Sol couvert de neige seul quelques traces de pas cherchent leur chemin. Plus l'hiver dure plus mon manteau pèse lourd comme un carcan. Être par erreur d'un voyage organisé quelle aventure ! À l'abri du froid en dessous des feuilles mortes les nouvelles pousses ! |
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livre ouvert gelé le nord gémit dans le vent sur la page blanche au temps de l'amour mes rêves d'espace libre meublé de fantômes tes mains sur ma peau parmi les rayons lunaires font du cinéma un ciel bleu baiser croit au leurre transparent de l'éternité boulevard vivant ma peur a couleur de fièvre et goût de violon jouer sur ton corps au silence des étoiles un air de guitare mes mains te regardent étrange photographie où mes yeux te touchent tu connais par coeur la grammaire de mon corps et son dictionnaire pendant ton sommeil je joue avec les nuages et tu n'en sais rien entre les étoiles il faut bien un peu de ciel de lumière tue |
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quatre heures moins treize - retour au lit en croquant une grosse fraise à tâtons la nuit se heurter le gros orteil sur le pied du lit mousse au chocolat - tirer la langue en cachette dans le fond du plat ce long bout de route s'est fait en un rien de temps - j'ai dormi sans doute au creux de la main tenir des millions d'années - fossile marin bol de café crème dont le bord est barbouillé d'un peu d'elle-même l'hiver qui s'amène - l'heure normale de l'Est en fin de semaine réveil à Trouville en Normandie et coucher près de Drummondville fenêtre assez basse - un téléphone à la main il passe et repasse panonceau routier - un corbeau plonge et se pose droit sur Valcartier |
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les gris de l'ombre un long paletot qui prend toute la rue sur la pellicule se régale un gros ours brun pub de framboises y coller ses lèvres tout est près de s'effacer devant le souffle ce petit homme qui m'offre sa lumière rien qu'un pictogramme ? après ton départ les jours rallongent sur le web ta main dans la mienne bouquet petite croix dans ma poche l'invisible au cimetière une rangée de peupliers code à barres bouteille à la mer celle qui manque au cellier héron de bout sur le rocher point d'interrogation |
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le monde ce soir premier plaisir d'automne peler des pommes sur les vitres des traces de nez et de doigts regardent encore la pluie fragment de rêve champlain et bashô prennent le thé sur la pointe nepean trottoir verglacé à petits pas sur d'autres pas mon ombre avec de plus longues jambes ne me distancie pas la nouvelle lampe de chevet ranime les cicatrices du vieux mur le vendeur si étonné que je veuille acheter le journal d'hier tout à coup songeur devant un plat de fraises voici l'été l'eau de l'arroseur se répand sur le gazon et sur le trottoir après des années une rencontre par hasard nos courts cheveux gris |
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Née en 1943, Célyne Fortin a coanimé les Éditions du Noroît de 1971 à 1991. Elle a publié les recueils de poésie: Femme fragmentée (Noroît, 1982), L'Ombre des cibles (Noroît, 1984), Au coeur de l'instant (haïkus, Noroît, 1986), D'Elle en elles (Noroît, 1989), Voir (L'Arbre à paroles, 1991) et Les Intrusions de l'oeil (Noroît, 1993). Elle a également publié, soit des textes, soit des dessins dans des revues au Québec, en France, en Allemagne et aux États-Unis,. Elle a aussi réalisé de nombreuses conceptions graphiques et/ou illustrations, fait trois livres d'artiste, à tirage limité, et participé à des lectures publiques.Elle a coécrit le renku La Corbeille.
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la bise faisait les joues couleur de corail le corps marbre blanc maison dans la neige odeurs des lointains espaces le ciel sert de toit pieds et coeur nomades l'espace à l'abandon une fois de plus la pierre bien chaude sous les pieds juillet s'avance au coeur de l'instant des fougères exquises leur ombre serait d'argile tes jambes de plomb si le vert est vert un arbre un arbre pourquoi suis-je une femme un engoulevent son vol découpe le ciel en deux pans de gris elle court longtemps la plume pendant que l'oie reste seule au sol il y a du vent il me faut (l')écrire mais les feuilles s'envolent j'entends ma voix mais quelle est cette femme que le miroir renvoie |
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le sentier s'est enfui avec la première neige le chasseur reste seul il pleut dans la chaloupe deux épouvantails à chapeau pêchent leurs ombres les coeurs de pommes sur la balançoire à deux des restes d'automne les pas du marcheur s'égrènent à la verticale l'horizon recule les chiens aboient les oiseaux se taisent passe la mongolfière des poissons rouges au jardin japonais un goéland attend l'orchidée suit la pente puis c'est la nuit qui l'aspire ton corps se moule au mien nous brûlons à côté d'une bougie qui s'incline le chat rêveur s'avance vers toi la lune dans ses yeux stridence d'août des cigales flamboyantes aiguisent le silence |
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corde à linge le vent tente d'enfiler un pantalon il pleut ce court silence sous le viaduc avec une roche un garçon brouille un lac et une montagne enfoncer la pagaie dans un nuage une montagne avance sur l'annonce de la halte routière huit moineaux une vigne traverse la ruelle sur un fil il pleut un mot s'agrandit dans mon calepin au téléphone le bruit d'un avion dans le ciel de l'autre traverser le pont le va et vient du regard de la route au fleuve je t'écris un courriel mon ombre joue du piano |
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Carol LeBel est né à Québec en 1949 et il habite à Chicoutimi. Il enseigne la philosophie au Cégep de Chicoutimi. Il participe régulièrement à différentes manifestations culturelles. Il a publié divers recueils de poésie: Ivresse en miettes (1981), Curriculum vidé (Éditions de l'A.Z., 1982), Difficile de respirer dans les yeux des autres (Sagamie/Québec, 1984), À la sortie du corps (Sagamie/Québec, 1986), Arrêtez vos mots, je descends (Éditions de l'A.Z., 1991), L'Espoir du doute (Le Loup de Gouttière, 1992), Errances (haïkus; Le Loup de Gouttière, 1994), Petites éternités où nous passons (haïkus; Le Loup de Gouttière, 1997) et Des mondes nous échappent (haïkus; Le Loup de Gouttière, 2000) ainsi que De l'un à l'autre (renku, avec André Duhaime, encres de Gernot Nebel; David, 1999).
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seul au motel des silences étrangers et un robinet bavard en vitesse   elle quitte le café dans le cendrier   une lettre déchirée deux adolescents se renvoient du pied un oiseau mort dimanche   il pleut funérailles nationales des milliers de personnes apprennent le nom d'un poète je ferme un livre je vais à la fenêtre la nuit est grande des fleurs à la main saluer une inconnue au cimetière sur le même banc deux vieillards font silence le parc est désert lueurs de l'aube quelqu'un marche seul sur la plage soir de lancement trois ans de solitude ce mince recueil par la fenêtre un gros glaçon s'égoutte lentement   patiemment |
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Dans le parc soudain très vide, un parapluie s'éloigne. Les bruits des voitures, je les entends de la même oreille que les oiseaux. Tous dorment. Je nage dans la nuit que verse la fenêtre. La pluie passe dans la rue, papier qu'on froisse. Dans la neige fraîche près du métro, mille flèches: pattes de pigeons. Les fourmis courent, courent sur le patio tellement immense. Dans un verre d'eau, 3 tulipes, fanées, plus ou moins. Un vieil homme promène, à pas lents, un vieux chien dans la pluie de 8 heures. Là, puis là, encore, disparaît, apparaît, là, ici, la luciole. Train de nuit: le cognement des boogies sur les rails - woogie. |
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Guy Ménard est né à Granby, en 1948. Après des études de philosophie, de théologie et d'anthropologie, il enseigne quelques années en Afrique (Éthiopie), il est, depuis 1982, professeur au département des sciences
religieuses de l'Université du Québec à Montréal et directeur de la revue
Religiologiques. Il a publié des essais (De Sodome à l'Exode, Guy
Saint-Jean, 1993; Les ruses de la technique (avec C. Miquel), Montréal et Paris, Boréal et Méridiens-Klincksieck, 1988; Petit traité de la vraie religion - à l'usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le XXIe siècle, Montréal, Liber, 1999). Il est également l'auteur de deux romans (L'accent aigu, Montréal, Leméac, 1983; Jamädhlavie, Montréal,
Boréal, 1990), d'un recueil de poésie (Fragments, Montréal, Hurtubise HMH, 1978) et des recueils de haïkus Hiéroclips. Haïkus baroques (Montréal, Ex
Libris + Poésie, 1998) et Les cloîtres (dessins en coffrets de Christiane Lemire et haïkus de Guy Ménard.) Voir son site.
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si prenante, à l'aube, au flanc du mont bleu, l'odeur des eucalyptus retenant leur souffle en entendant le hoquet des kalachnikovs la forêt bruissait de fées, d'elfes et de faunes; Puck parlait à Pan noire déchirure hurlant sur la toile blanche d'un grand Borduas l'hyène ricane; dans ses vieux murs, Harrar dort; Rimbaud rôde encore à l'heure où les faons vont boire - au risque des fauves, à l'insu de l'aube le Petit Prince à l'allumeur de réverbères: «N'éteins pas la nuit!» giclées d'or safran, bronze bruissant, spasmes fauves, grands râles porphyre mon cœur en exil, comme l'été banni, comme un voilier d'outardes gargouille alanguie, sphinx à l'affût, noire énigme, tu dors ? tu m'épies ? |
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Originaire de France, Bertrand Nayet vit au Manitoba depuis 1975. Il a été agriculteur et traducteur; il enseigne actuellement le français et le théâtre au Collège Louis-Riel à Saint-Boniface. Il fait preuve d'éclectisme puisqu'il est comédien, peintre, écrivain (nouvelles, contes, pièces de théâtre et poésie). Il a publié le recueil de nouvelles La Vie quotidienne et autres champs de mines (Éditions du Blé, 1998) et le recueil de haïkus Juste un grand vent. Ses textes ont paru dans la revue littéraire Prairie Fire et dans des collectifs: Blé (publié par Les Éditions du Blé lors de leur 25e anniversaire), Théâtre en pièces (publié par les Éditions du Blé pour le 75e anniversaire de la troupe du Cercle Molière) et le recueil Haïku et francophonie canadienne (Éditions David, Éditions du Blé et Éditions Perce-Neige, 2000). Dans l'hebdomadaire La Liberté, il a publié une série de contes de Noël, les romans épistolaires Klondike et, en collaboration avec Charles Leblanc, Correspondances. En 1999, en hommage à Louis Riel et à l'exubérance littéraire, il fonde avec d'autres écrivains franco-manitobains Le Collectif des écrivains post-néo-riélistes dont il devient le secrétaire perpétuel. (Photo: Martine Pelletier)
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sur l'amas de troncs poussés par la Rouge en crue un peu de neige un merle a sifflé, le chat suit du regard la chute d'un pétale une femme en bleu aux seins lourds et ronds derrière une poussette un bruit la nuit dans la maison, mon fils grince des dents l'enfant tousse dans la nuit, un angle aigu sur ma montre matin d'hiver gris, odeur d'orange fraîche sur tes doigts trois matins que la petites nonne grise ne nettoie plus le trottoir derrière cet homme, dans l'air sec et glacé, l'odeur du tabac brûlé au bout du sentier le passage de mon souffle, givre sur ma barbe rivière en étiage les piles du vieux pont sont visibles à nouveau |
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Si j'avais gardé tout le sable De tes souliers Le temps n'aurait plus compté Tu as froid dans mes bras Tu veux que je réchauffe Le vent Une rognure d'ongle Sur la tuile bleue Une lune devant tes yeux Dans tes cheveux je découvre Une lente un pou Comme on en trouve Dans les très vieux haïkus Chaque nuit depuis 2000 nuits Sentir ton cou humide Endormi Des pleurs de perdant: Au milieu des échelles Tu tombes sur des serpents Je n'ai pas pu imaginer Ce tigre invisible Que tu vois sur mon nez Tranquillement Tu pêches dans l'étang Où une truite mange ses enfants Entre nous deux Une coccinelle inerte Et ta petite tristesse Tu aimes marcher Devant moi dans mon ombre Comment t'expliquer qu'à midi Elle est cachée sous mes pieds? |
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la brise d'avril porte un parfum de café - s'asseoir au soleil nouvelles neiges - je trace le sentier où j'en ai envie tranche d'orange dans l'assiette bleu de ciel - gris matin d'octobre famille élargie au super écran HD - « Super Bowl » la lune se voile - en panne sur l'autoroute sans sa p'tite laine nuit de canicule - insomniaque je dessine un extra-terrestre chanteur ennuyeux - croquer la graine de carvi prise entre mes dents orage sur l'étang - tout trempé, l'enfant s'inquiète des poissons le banc du parc - assez grand pour trois amis ou deux inconnus en fond d'écran le palmier d'un vert parfait - neige à la fenêtre |
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Originaire du quartier Saint-Sauveur à Québec, Michel Pleau consacre sa vie à la poésie. Depuis 1992, il a publié une dizaine de livres de poèmes. Il a reçu les prix Alphonse-Piché, Octave-Crémazie et Félix-Antoine Savard du Festival International de la poésie de Trois-Rivières.
Il anime des ateliers de création.
Lauréat 2007 de la Résidence d'écriture Québec-Paris, il a séjourné 3 mois à la Cité internationale des Arts de Paris entre avril et juin 2007.
Il est finaliste du Prix du Gouverneur général du Canada pour son recueil de poèmes La lenteur du monde (2007; Prix du Gouverneur général) publié aux Éditions David, lesquelles éditions ont déjà publié ses deux recueils de haïkus Soleil rouge (2004) et Arbres lumière (2005). |
sur cette photo jaunie mon père a mon âge c'est toi dit ma blonde je touche le ciel une mésange vient de se poser dans ma main il sort de la terre le bel arbre père ressuscité salicaire depuis que je connais son nom plus belle encore mon ombre s'allonge devenir un vieux poète sur le mur l'ombre du pommier donne des pommes la lumière de mai ce matin je prends le temps de la toucher bouleau de décembre la neige devenue arbre silence la lune est prise dans les branches tout à coup les arbres parlent d'autre chose j'entre dans le bois |
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Alain Raimbault est né à Paris en 1966. Après une enfance méditerranéenne et des études de Lettres et de Langues à l'université de Poitiers, il s'est dirigé vers l'enseignement. Résident du Canada depuis 1998, il habite à Grand-Pré et enseigne actuellement à Greenwood, en Nouvelle-Écosse, dans une école francophone. Il a fait paraître des poèmes et des nouvelles dans diverses revues en France (Albatroz, Mires, Verso), en Belgique (Inédit), aux États-Unis (River/Rivière) et au Canada (Éloizes, Envol, Exit, Feux Chalins, Moebius, Possibles, Virages. Il a publié deux romans-jeunesse: Herménégilde l'Acadien (Hurtubise-HMH, 2000) et L'arbre à chaussettes (Hurtubise-HMH, 2001). Il a également publié les recueils de haïkus Mon île muette (David, 2001) et New York loin des mers (David, 2002).|
dessiner le soir la feuille si maladroite boit sec l'ambroisie l'oeillet nu frissonne il trahira ses dentelles insomnie du rose un calendrier brûlent les lunes les mois morts, de bonne foi elle collectionne additionne les miroirs soustrait les rayons la mélodie lasse l'innocente après-midi indécise attente souvenirs perdus la quête de l'arbre absent un matin pluvieux sourire d'avril un film français noir et blanc un dortoir d'école tu n'écriras plus à quoi bon se mal aimer le témoin s'éloigne la pie du couvent au désert la cloche sonne l'oubli de l'enfance ni retour ni ombre tu ne me laisses rien de tangible la plume tremble |
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Terrasse au soleil oublier vrombissement et conciliabules Beauté des plages assis sur un gros caillou les yeux en éveil D'un mur à l'autre des arabesques à l'ombre et toi au soleil Clameur et soleil dans le cercle six taureaux te saluent - meurent Parmi les jasmins les orangers enivrants nos pas incertains Des rues désertes que n'atteint pas le soleil s'y perdre parfois Courbes éparpillées quand les plages s'animent sous le ciel bleu pâle Dans un matin chaud les cheveux ébouriffés parmi les livres Gardienne des corps la lune plus pâle qu'eux sur le sable brun L'après flamenco la nuit s'est faite intime Séville m'émeut |
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après l'averse odeurs de tisane sous les tilleuls brise sur le lac dans le reflet des mélèzes quelques rides là-bas repose entre deux montagnes de feuilles un merle matin limpide dans le ciel d'automne, la lune s'attarde un peu sur le VTT siège arrière, moustache au vent un petit chien blanc soleil d'automne sans se presser, un renard traverse mon jardin pleine lune toute la nuit, je rêve de chapeaux deux guêpes sur l'eau l'une s'échappe, l'autre appartient au poisson vieille clôture un pied de framboise s'est échappé Wenn der Abend kommt sitz ich unterm Baum und höre was die Amsel singt tombée du soir assise sous mon frêne, j'écoute ce que chante le merle |
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Jocelyne Villeneuve est née en 1941 à Val d'Or, Québec; elle a vécu à Sudbury, Ontario, de 1953 jusqu'à sa mort, en mai 1998. Elle a publié ses livres en français et en anglais chez divers éditeurs ontariens et québécois: Des gestes seront posés (Prise de Parole, 1977), Contes des quatre saisons (Héritage, 1978), Le Coffre (Prise de Parole, 1979), Nanna Bijou: le géant endormi (Prise de Parole, 1981), Nanna Bijou: The Sleeping Giant (Penumbra, 1981), La Princesse à la mante verte (Prise de Parole, 1983), La Ménagerie (Plaines, 1985), Terres des songes (Vermillon, 1986), Contes de Noël (Plaines, 1987), Greenmantle (Penumbra, 1988), Les Friperies (Prise de Parole, 1989), Le Geai bleu et le papillon (Vermillon, 1992) et Vie première (Meera, 1992). Des extraits de ses ouvrages ont été diffusés sur les ondes de Radio-Canada. Dans le domaine du haïku, ses poèmes ont paru dans diverses revues et anthologies au Canada, aux États-Unis et au Japon; elle a publié les recueils: La Saison des papillons (Naaman, 1980), Feuilles volantes (Naaman, 1985) et Marigolds in Snow (Penumbra, 1993); elle a laissé le recueil inédit Bagatelles. |
J'entends la grive - Derrière moi, les notes oubliées d'un autre été. Des phrases composées dans le soleil qui flâne sous ma plume. Du soleil couchant des mouettes en courbes roses obliquent vers demain. Les érables en feu. Ma main ralentit sa marche sur la page blanche. Le geai s'envole. La branche où il était perché continue de vibrer. |
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hunger moon watching as I turn forty first day of Spring - the neighbour's child walks in unannounced my parents chatting in the swing day of golden sunlight Labour Day back from the cottage June on the calendar friends sharing one tea bag this winter's day |
la lune de la faim me regarde dormir j'ai quarante ans premier jour du printemps - l'enfant du voisin entre chez nous à l'improviste mes parents jasent blottis au fond de la balançoire soir couleur âge d'or Fête du Travail découverte au retour du chalet le calendrier indique juin jour d'hiver un couple se partage un seul sachet de thé |
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«Née en Bretagne, Évelyne Voldeng est venue s'établir à Ottawa en 1968. Elle est professeure au Département des études françaises à l'Université Carleton. Elle s'intéresse à la poésie des 19e et 20e siècles, aux écritures féminines et au conte populaire. Romancière mais surtout poète, elle a publié cinq recueils: Les Plaquebières (Rougerie, 1980), La Rose épervière (Rougerie, 1983), Les Étoiles d'eau (Rougerie, 1987), Mes Amérindes (Éditions Louis Riel, 1988) et La Cosse blanche du temps (Rougerie, 1992). Elle préfère le poème court, dense, lyrique, néo-surréaliste. Profondément influencée par la nature, elle fait souvent appel à une imagerie florale. Elle passe ses moments de loisir à poursuivre ses recherches universitaires, à écrire et à voyager, souvent en Asie et au Japon notamment où elle a parlé récemment du haïku en France, au Japon et au Québec. Son recueil Haïkus de mes cinq saisons est paru aux Éditions David (2001).» Elle est décédée accidentellement le 1er juillet 2002.
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Jardin botanique un oiseau sur mon collier de coquillages. Les poissons séchés fragrance sauvagine marché de Tôkyô Banquet raffiné un éclair de baguettes du boeuf de Kôbe. Deux lions enlacés une crinière rouge une scène de kabuki. Le papillon bleu au coeur du volubilis essaime le temps. Une cataire la plante des décombres rendez-vous des chats. Les boutons rouges éclosent en feuilles vertes et ma robe déteint. Marée de souliers le bouddha d'émeraude sourit aux lotus. La fleur de misère croît au pied des palais blancs les chiens l'arrosent. Le vaste océan salure des revenants grande tombe bleue. |
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