- Société
Radio-Canada. « 1942, le plan de la Terre brûlée ».
Reportage à la télévision mis en onde au Téléjournal
de Radio-Canada de 22 h 00 (sur RDI), lundi 1er juin
1998.
1942, le plan de la
Terre brûlée
LE TÉLÉJOURNAL (SRC) Lundi
1er juin 1998
- Bernard Derome :
- Il faut vraiment se remettre dans le contexte de lépoque pour
comprendre une information comme celle-là : en 1942,
au plus fort, au sommet de la puissance nazie, Ottawa était prêt
en cas dinvasion des Allemands à raser
Saint-Jean Terre-Neuve, et même (si les choses se gâtaient)
Halifax, Saint-Jean au Nouveau-Brunswick
et comme cela jusquà Québec.
Et cette révélation-là, elle provient des documents
jusquici secrets qui ont été rendus publics aujourdhui
par les Archives nationales. Sylvie Lépine va nous décrire
le plan.
DÉBUT DU REPORTAGE :
- Sylvie Lépine :
- Lorsque Mackenzie King accueillit
en 43 Winston
Churchill et Franklin Roosevelt
à Québec, il avait déjà en mains des plans
de destruction des territoires habités des côtes atlantiques
et pacifiques. Le gouvernement craignait, lors de la deuxième Guerre
mondiale, une invasion des Nazis à lest ou des Japonais à
louest. Les Allemands sillonnaient le golfe [du Saint-Laurent]
et la menace était assez importante aux yeux du gouvernement pour
adopter en 42 la politique de la Terre
brûlée. Le gouvernement canadien se conformait
ainsi à une directive du gouvernement britannique à ses colonies.
À lépoque, Terre-Neuve ne faisait pas partie de la Confédération;
cela ne se fera quen 49.
-
- Kerry Badgley, des Archives nationales, a fouillé les documents
secrets de la Défense. La tactique de lépoque était
de tout brûler.
-
- Kerry Badgley :
- There were plans to fill the harbour with gasoline
[1]
- Sylvie Lépine : [traduit]
- Il y avait des plans, dit-il, pour inonder le port de carburant et
dy mettre le feu. Dailleurs, dans lun des documents, on peut lire que
le feu «
se propagerait sur une étendue impossible
à mesurer
et quen raison de la forte présence de bois
dans les édifices et les maisons de Saint-Johns [Terre-Neuve],
le feu constituerait le moyen de destruction le plus simple et le plus
rapide de la ville. »
- Kerry Badgley :
-
basically to destroy everything that the enemy could use
[2]
- Sylvie Lépine :
-
les ponts, les mines, la nourriture, les télécommunications,
les voitures. Lennemi, jurait-on, se retrouverait devant une terre de
désolation. Les militaires envisageaient aussi de couler des navires
et de les remplir de pierre ou de ciment pour empêcher laccès
au port.
- Pour éviter toute panique, très peu de civils ont été
mis au courant. En 44, la menace dinvasion
sest dissipée. Hormis les documents de Terre-Neuve, tous les plans
de destruction des autres villes comme Gaspé, Halifax ou Québec
ont été brûlés par les militaires.
- Sylvie Lépine, Radio-Canada, Ottawa.
Notes :
[1] Il y avait des plans pour inonder le port de carburant
[2]
ni plus ni moins pour détruire tout ce qui
pourrait être utile à lennemi.
- Société
Radio-Canada. « 1942, le plan de la Terre brûlée ».
Reportage à la télévision mis en onde au Téléjournal
de Radio-Canada de 22 h 00 (sur RDI), lundi 1er juin
1998.






Dernière
mise à jour : 29 décembre 1999, 16h22