![]() |
|
Le fleurdelisé : |
![]() |
|
LUnion Jack : |
l y a cinquante ans,
le
21
janvier 1948, à 15 heures, le drapeau fleurdelisé
remplaçait lUnion Jack sur
la tour de lhôtel du Parlement, à Québec. Un décret
du gouvernement du premier ministre Maurice
Duplessis lavait choisi, le matin même, comme emblème
officiel du Québec. Ce jeune drapeau est cependant lhéritier
dune longue lignée. Conçu en 1902,
sous linspiration dune bannière découverte en 1848
qui, elle, remémorait un fait darmes de 1758,
il nous reporte aux lis des rois de France que lon reconnaissait déjà
aux environs de lan mille.
Cest Louis
VII, roi de 1137 à 1180,
qui choisit pour létendard royal la couleur bleue semée
de fleurs de lis dor. Celles-ci seront plus tard réduites au nombre
de trois sur la bannière qui accompagnera au combat tous les rois
de France jusquà Henri IV (1589-1610).
À Gaspé,
le 24 juillet 1534, Jacques
Cartier plante une croix portant lécu à fleurs
de lis. Sur son navire flotte le pavillon de la nation française,
rouge comme loriflamme de Saint-Denis. Sa croix blanche rappelle celle
que les soldats cousaient sur leur cotte darmes, pour sidentifier, depuis
lépoque des croisades.
Un nouveau pavillon
français, celui des navires de commerce, accompagne Champlain
lorsquil remonte le Saint-Laurent pour la première fois, en 1603.
Les vaisseaux du roi, quant à eux, utilisent alors le pavillon tout
blanc.
Cet étendard
blanc apparaît en Nouvelle-France avec les premiers soldats du roi,
en 1665. Pour impressionner les peuples
quils visitent, certains explorateurs, dont La
Vérendrye, font peindre sur le drapeau blanc quils transportent,
les grandes armes du roi Louis XV.
Des comités
de patriotes créent, en 1832,
le tricolore vert, blanc et rouge du Bas-Canada. En 1834
naît la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
qui en fait son drapeau. Sa présence lors des combats de 1837
et 1838 va lui conférer un caractère
révolutionnaire qui amène son abandon.
Émotion
lors du défilé du 24 juin 1848,
à Québec : on y déploie un drapeau qui aurait
accompagné larmée de Montcalm
lors de la victoire de Carillon, en 1730.
Il est lancêtre direct du drapeau québécois.
1854 :
la guerre de Crimée réunit la France et la Grande-Bretagne
contre la Russie. Les Anglais de Montréal célèbrent
les victoires en hissant le drapeau français. 1855 :
Québec accueille triomphalement le premier navire français
à remonter le fleuve depuis 1760.
Les Canadiens français adoptent le tricolore.
Vers 1900
se multiplient les projets de drapeau distinctif sur lesquels se font la
lutte fleur de lis, Sacré-Cur, feuille dérable, castor,
blasons et devises. Labbé Frédéric
Baillairgé en propose un bleu semé de fleurs de
lis dargent et frappé au centre des armoiries du Québec.
Le curé
de Saint-Jude, près de Saint-Hyacinthe, Elphège
Filiatrault, propose en 1902
un étendard quil appelle « le Carillon ».
il a emprunté à la bannière du même nom ses
fleurs de lis et sa couleur. La croix blanche est celle des anciens drapeaux
français.
![]() |
|
Le Red Ensign, |
Au lendemain du deuxième conflit mondial, une campagne en faveur du fleurdelisé est entreprise. Le choix par le Canada du « Red Ensign » de la marine marchande britannique, mal accueilli au Québec, amène le député indépendant René Chaloult à soumettre une résolution réclamant un drapeau « véritablement québécois ». À louverture de la séance, le 21 janvier 1948, le premier ministre Maurice Duplessis rend tout débat inutile en annonçant que le fleurdelisé flotte déjà sur la tour du parlement
Le décret adoptant le drapeau spécifiait « que les lis soient placés en position verticale », une présentation plus conforme aux lois de lhéraldique. Ce nest que deux ans plus tard, le 9 mars 1950, que lAssemblée législative adopta la loi du drapeau officiel.
Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 18h44