L'homélie doit mettre en lumière la Parole de Dieu
Mieux lire l'évangile
pour mieux le comprendre
et le faire aimer
En des cas exceptionnels, elles pourraient être présentées sur le ton d'un véritable entretien pastoral. Mais nous sommes tous conscients qu'aucun maître ne conseille de lire un texte en guise d'homélie. À moins que l'on n'ait une solide expérience du théâtre, le ton serait faux et il y manquerait surtout la conviction du pasteur. Il est toujours préférable de s'imprégner de la Parole de Dieu et d'en parler d'abondance.
Mais encore faut-il avoir quelque chose à dire.
Tous répètent que la ligne la plus difficile à écrire est toujours la première, et il faut bien choisir son point de départ, de même que son point d'arrivée, pour que l'assemblée chrétienne s'y retrouve.
Il arrive également que les commentaires d'évangile ne portent pas vraiment sur la Parole de Dieu. On commente le thème de l'Avent, d'une journée ou d'une fête, on s'exprime sur des préoccupations sociales ou sur toute autre question de vie chrétienne. Ainsi la célébration de la Parole risque de perdre son sens premier.
Si nous lisions ce même évangile pour la première fois, alors nos questions seraient neuves: De quoi saint Matthieu veut-il parler? Quelle était la situation? Quels mots a-t-il employés? S'il a introduit une citation biblique, à quel personnage ou à quel événement voulait-il nous faire penser? Enfin, quelles applications pouvons-nous en faire dans la vie courante?
Ce qui augmente encore la difficulté est que l'hébreu et le grec bibliques sont des langues imagées alors que le français est plus conceptuel. En cours de traduction, des mouvements, des images et des gestes sont remplacés par des mots abstraits. En quoi les versions anglaises, espagnoles, italiennes ou allemandes rendent-elles mieux le sens des mots choisis par l'auteur?
C'est en répondant à ces questions que nous avons cherché, depuis trois ans, à mettre nos lecteurs et lectrices sur une bonne piste de lecture et d'interprétation à partir du texte grec initial. Nous avons également publié une Traduction interlinéaire de l'Évangile selon saint Marc (Fides, Montréal, 1996) à l'intention de toute personne cultivée et intéressée au sens précis de la Parole de Dieu.
Jésus prit part à cet entretien et les deux se dirent l'un à l'autre: Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous tandis qu'il nous parlait sur la route et nous faisait comprendre les écritures? (Luc 24, 32). Puis, ayant retrouvé les autres disciples à Jérusalem, Jésus poursuivit avec eux cette homélie: il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des écritures (24, 45).
Pouvons-nous faire aujourd'hui ce que le Seigneur a fait? Nous serions tentés de dire que commenter les textes et ouvrir l'esprit à l'intelligence des écritures, c'est de l'exégèse trop savante pour une assemblée chrétienne, d'où chacun pourrait conclure qu'il ne faut pas vraiment chercher à comprendre, ni à expliquer les lectures de chaque dimanche. Ainsi l'homéliste pourrait se dire: Les idées de saint Luc sur l'Eucharistie n'intéresseront pas les gens de la paroisse; je leur parlerai plutôt d'un autre thème que je connais mieux, ou bien de notre projet d'action communautaire.
Le but de l'homélie est pourtant de stimuler l'esprit à l'intelligence des écritures. Nous sommes des motivateurs voués à la promotion de la culture chrétienne, pour que toute personne saisisse mieux les aspects variés du langage, des illustrations et du sens premier des textes bibliques. L'homéliste doit ainsi transmettre à la fois le contenu et le goût de la Parole de Dieu.
Enfin, puisque les évangélistes ont rapporté les discours et les actions de Jésus dans un contexte précis, nous devons aujourd'hui en faire l'application chez nous. Car c'est maintenant que cette Parole de Dieu nous est adressée.
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