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Le 2e dimanche du temps de l'Église A

20 janvier 2008,


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 29-34

( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)




Chers soeurs et frères dans la foi,

 

 


“ Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur”




Nous avons ce matin l'une des plus belles phrases de la Bible dans la première lecture. C'est tiré du prophète Isaïe: Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur. Il arrive souvent que nous-mêmes ou des gens autour de nous se sentent dépréciés. On se sent humilié, bon à rien, ou mis au rancart. C'est pour beaucoup d'entre nous que le prophète Isaïe a écrit cette belle phrase:
Oui, en fait, j'ai beaucoup de prix aux yeux du Seigneur.


En fait, le prophète parle ici d'un serviteur que Dieu enverra un jour auprès de son peuple, un Messie-serviteur dont le rôle sera d'abord de libérer le peuple de Dieu de l'esclavage, pour ensuite le rassembler comme un peuple uni et fidèle.

Dans le texte d'Isaïe, le rôle de ce serviteur promis implique beaucoup de souffrance et d'humiliation. Pourtant, le serviteur est heureux de savoir que Dieu compte sur lui, qu'il lui fait confiance, et c'est alors qu'il dit cette merveilleuse phrase:
Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur.

La lecture d'évangile, d'autre part, met en scène Jean Baptiste qui révèle à ses disciples l'identité de Jésus. Jean Baptiste a été témoin d'une manifestation de Dieu lors du baptéme de Jésus. Il a vu l'Esprit Saint descendre et reposer sur lui. Il en tire la seule conclusion qui s'impose: cet homme de Nazareth, ce fils de Marie et de Joseph, c'est lui le Messie, c'est lui l'élu de Dieu, son envoyé. Il est le Fils de Dieu.

La belle phrase d'Isaïe: Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur,
s'applique d'abord à ce Fils par excellence, au bien-aimé de Dieu. C'est par l'Esprit qui repose sur lui que Jésus est reconnu par Jean Baptise comme le bien-aimé de Dieu. Mais il ne garde pas cet Esprit pour lui seul. Il le transmet aux autres. Jésus baptisera dans l'Esprit Saint ceux qui croient en lui. Il leur communiquera cet Esprit qu'il a lui-même en plénitude.

Ainsi, tous les baptisés deviennent précieux aux yeux de Dieu. Nous pouvons donc tous répéter la parole du prophète ce matin: Oui, moi aussi, j'ai beaucoup de prix aux yeux du Seigneur !

Les premiers chrétiens étaient sans doute plus conscients que nous de leur dignité de fils et de filles de Dieu. Saint Paul le répétait avec joie ce matin: Vous avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles qui êtes le peuple saint avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ.

Nous aussi, donc, nous avons été sanctifiés par le même baptême dans l'Esprit. Nous formons aussi le peuple choisi, le peuple de Dieu. Et donc nous aussi, nous avons du prix, beaucoup de prix aux yeux de Dieu. Comment pourrait-il en être autrement? Par notre baptême, nous sommes devenus fils et filles de Dieu. Il nous aime comme ses enfants. Quel enfant n'a pas de prix aux yeux de sa mère et de son pére ? Et même si cela arrivait parmi les humains, il n'en serait jamais ainsi pour Dieu. Parce que si Dieu nous aime, c'est pour toujours.

Nous pourrions penser parfois: Nous ne sommes pas toujours des enfants sages... Nous sommes parfois déplaisants envers le Seigneur... Nous ne sommes pas toujours des modèles . .. C'est vrai ! Mais est-ce à dire que nous ne valons rien ?

Ou que le Seigneur nous rejette ou bien qu'il nous déteste ? Ou simplement qu'il nous laisse dans l'oubli ? Sûrement pas ! A lire l'évangile et à examiner le comportement du Fils de Dieu, nous voyons très bien que même les pécheurs, les faibles, les déviants, les brebis égarées, sont aimés d'une manière toute particulière de la part de Dieu. Il part à leur recherche. Il souffre de les voir souffir. Il s'attriste de leur éloignement. Il les attend. Il est toujours prêt à leur ouvrir les bras.

D'autre part, il ne suffit pas de nous dire que nous avons toujours du prix aux yeux du Seigneur, si nous cessons de nous occuper de lui en ceux et celles qui nous entourent. Il faut bien le reconnaître, si toute personne a du prix aux yeux de Dieu, alors toute personne aussi doit avoir du prix à nos yeux à nous.

Nous vivons en effet dans une société où trop d'êtres humains sont mis au rancart, oubliés et dépréciés. Devant cette injustice, il y a des organismes internationaux qui se forment et qui proclament les droits et la dignité de la personne. Encore aujourd'hui, pourtant, dans notre société, des hommes et des femmes sont constamment mis au rancart parce que devenus inutiles. Nous en connaissons tous, et nous avons le devoir de les aider.

Une manière très simple d'aider les autres est de nous joindre à un mouvement d'action bénévole qui se préoccupe des besoins les plus visibles du milieu. L'action bénévole est un excellent moyen de se sentir utile et de l'être aussi.

Les lectures d'aujourd'hui offrent donc une belle occasion de penser à redonner aux personnes leurs droits et leur dignité. Nous n'avons qu'à regarder autour de nous pour voir des gens
qui ont besoin d'estime, d'appui et d'attention. Chaque personne a du prix aux yeux du Seigneur et doit donc avoir du prix pour nous aussi.

C'est en même temps une belle occasion de regarder ce qui a du prix à nos yeux à nous. Regardons près de nous pour bien voir ce qui nous tient à coeur. Est-ce le bonheur des autres ou notre confort? Nos biens? Nos profits? Nous verrons que bien des choses auxquelles nous tenons beaucoup sont secondaires. Nous les regarderons cette semaine avec les yeux de Dieu pour voir ce qui a du prix à ses yeux à lui.

C'est en même temps l'occasion de prendre conscience une fois de plus de notre dignité de fils et de filles de Dieu. Jésus est devenu notre frère à Noël, et depuis ce jour-là, nous avons du prix à ses yeux malgré tous nos malheurs et malgré toutes nos faiblesses.

Enfin, la Parole de Dieu aujourd'hui est l'occasion de nous redire que nous sommes invités à regarder les autres avec les yeux de Dieu. Nous pouvons donc prier ainsi: Seigneur, quand je serai seul et que personne ne s'intéressera à moi; quand je serai mis au rancart et que les gens diront: il ne vaut plus rien, il est fini; alors, Seigneur, fais que je n'oublie jamais que je suis ton enfant et que j'aurai toujours du prix à tes yeux.

Même si j'ai été désagréable, ou comme une brebis égarée, même si j'ai caché mon visage devant toi, si je n'ai pas toujours assez prié et pas assez aimé, donne-moi de ne jamais oublier que je suis ton enfant bien-aimé et que j'aurai toujours beaucoup de prix à tes yeux. Amen.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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 Voir version brève avec Évangile

Dernière mise à jour à 16:03 hrs. le 15 septembre 2007 par JL.