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Le douzième dimanche du temps ordinaire B

le 24 juin 2012


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 35-41


Toute la journée,

Jésus avait parlé à la foule en paraboles.

35 Le soir venu, il dit à ses disciples:

Passons sur l'autre rive.

36 Quittant la foule,

ils emmènent Jésus dans la barque,

comme il était;

et d'autres barques le suivaient.

37 Survient une violente tempête.

Les vagues se jetaient sur la barque,

si bien que déjà elle se remplissait d'eau.

38 Lui dormait sur le coussin à l'arrière.

Ses compagnons le réveillent et lui crient:

Maître, nous sommes perdus;

cela ne te fait rien?


39 Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer:

Silence, tais-toi.


Le vent tomba,

et il se fit un grand calme.

40 Jésus leur dit:

Pourquoi avoir peur?

Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi?


41 Saisis d'une grande crainte,

ils se disaient entre eux:

Qui est-il donc,

pour que même le vent et

la mer lui obéissent?




( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,


 

 


“Même le vent et la mer lui obéissent”


Une fois de plus un extrait de saint Marc nous aide à comprendre que ses récits palpitants deviennent aisément paraboles en action et livres d'images. Il paraît clair que le rédacteur du second évangile et ses premiers lecteurs pensaient ici au prophète Jonas qu'on est allé réveiller(1) au fond de son navire; Jésus accomplit alors un miracle en haute mer en tout semblable à ceux que Dieu réalisait autrefois.
Rappelons-nous Jonas: “Yahvé lança sur la mer un vent violent, et il y eut une grande tempête... Prenez-moi et jetez-moi à la mer, dit-il, et la mer s'apaisera pour vous... S'emparant de lui, ils le jetèrent à la mer, et la mer apaisa sa fureur.” Pensons au psaume d'aujourd'hui: “Le Seigneur parle, et provoque la tempête, un vent qui soulève les vagues: portés jusqu'au ciel, retombant aux abîmes, ils étaient malades à rendre l'âme... Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse, réduisant la tempête au silence, faisant taire les vagues.”(2)
L'autorité de Jésus sur le vent et la mer rappelle aussi le passage de la mer Rouge, la traversée vers la vie: “Moïse étendit la main sur la mer, et Yahvé refoula la mer toute la nuit par un fort vent d'est... et les eaux formaient une muraille à droite et à gauche, alors que les Égyptiens les poursuivaient.”(3)
Car pour les anciens, les fonds marins étaient le domaine où résidaient les puissances du mal et de la mort. Ainsi les psaumes font souvent d'une victoire sur la mer un signe de la domination de Dieu.(4) En rapprochant le récit d'aujourd'hui de l'expulsion d'un esprit impur à Capharnaüm, nous trouvons les mêmes mots: “Tais-toi!” et la même réaction des disciples: “Qu'est-ce que cela veut dire? Il commande même aux esprits impurs et ils lui obéissent” (1, 27).
Ce texte nous ramène à la question initiale et fondamentale de l'évangile: l'identité du Messie. Le centurion romain répondra en regardant le crucifié, à la fin du livre: “Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu” (15, 39). Le sens profond de ce livre d'images et de paraboles en action sera dévoilé aux initiés: à ceux et celles qui regardent de l'intérieur le Royaume de Dieu.
(1) Egeirô signifie faire se lever, réveiller ou ressusciter. Ce sera le “signe” de Jonas, qui annonce la mort et la résurrection de Jésus.
(2) Jonas 1, 4-5.12.15 et Psaume 106, 25-26.28.
(3) Voir le livre de l'Exode 14, 21-23.
(4) Relire par exemple les Psaumes 76, 17-20; 88, 10; 92, 3-4; 103, 6-9.

Bernard Lafrenière, c.s.c.

 

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Dernière mise à jour à 09:09 hrs. le 9 novembre 2011 par Jacques Lafrenière