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Le treizième dimanche ordinaireA

29 juin 2008,


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 37-42

( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)




 

 


“ Chers soeurs et frères dans la foi, ”

Nous venons de terminer le dixième chapitre de saint Matthieu. Nous avons lu la suite et la fin du “discours apostolique”, où sont a consignées les directives du Messie aux apôtres, le jour de leur première mission. Cela fait trois semaines que nous lisons des extraits de ce chapitre.

Quel est le thème de ce “discours apostolique”? Le vrai disciple devra s'attacher à Jésus ressuscité et à sa mission plus qu'à tout au monde. Il devra préférer le service de l'évangile à toutes les richesses, et même aux liens familiaux les plus sacrés, et à sa propre vie. Jésus ressuscité aura la première place dans la vie des apôtres, et il enseigne que “celui qui veut garder sa vie pour soi la perdra.” Et qui la perd à cause de lui la sauvera.

C'est l'enjeu proposé aux apôtres, le jour de la première mission; c'est un message extrêmement exigeant qui mérite qu'on s'y arrête.

Pour nous y aider, l'Église nous propose un autre récit tiré de l'Ancien Testament, dans le second livre des Rois, qui est l'un des livres les plus attachants de la Bible. C'est un recueil d'histoires que les Hébreux racontaient, le soir au coin du feu, à leurs enfants et à leurs petits-enfants. Si vous avez quelques minutes, lisez au moins la suite du récit d'aujourd'hui sur la naissance et sur la mort d'un enfant, puis sur sa résurrection par Élisée.

Élisée est prophète. Il a répondu à l'invitation d'Élie. Avec passion et enthousiasme, il a mis sa vie au service de la Parole. Le livre des Rois l'appelle donc avec raison: “l'homme de Dieu.”

Mais la vie d'un “homme de Dieu” est exigeante. Élisée, le porteur de la Parole, doit se déplacer sur de longues distances. Comme les voyageurs de son temps, il doit braver les dangers, le froid et la pluie, et souvent coucher à la belle étoile. Il entre dans une petite localité appelée Sunam, dans la vallée d'Esdrelon, en vue du mont Thabor. Cette vallée fertile, au temps de Jésus, formera l'une des plus belles parties de la Galilée.

Pour nous situer en lien avec l'évangile, il est bon de nous rappeler que c'est à cet endroit que sera bâtie plus tard la ville de Naïm. Il y a donc un lien entre la résurrection du fils de la Sunamite par Élisée, après la lecture d'aujourd'hui, et la résurrection du fils de la veuve de Naïm, par Jésus.

Tout le récit de la première lecture s'éclaire maintenant.

L'histoire raconte qu'à Sunam, le prophète Élisée est accueilli par une femme très riche qui l'invite à manger chez elle. Un jour, elle insiste auprès de son mari en disant: “Écoute, je sais que celui qui s'arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu. Construisons-lui une petite chambre sur la terrasse; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s'y retirer.”

Élisée s'en réjouit. Il trouve dans cette maison l'accueil que Jésus trouvera plus tard chez Lazare, Marthe et Marie. Vous notez encore un lien avec l'évangile: c'est le lieu du don de la vie et d'une résurrection.

Comme Jésus, le prophète Élisée avait besoin d'une aire de repos, de paix, de détente. Et comme il l'apprécie, et qu'il est reconnaissant, il offre à ses hôtes le plus beau cadeau qui soit. Car le couple qui l'accueillait à Sunam, malgré sa richesse, n'avait pas d'enfant. Le prophète leur annonce que, l'année suivante, ils tiendront un bébé dans leurs bras. À Béthanie, Jésus fera également le don de la vie à ceux qui l'accueillent: ce sera la résurrection de Lazare.

En somme, la vie est un cadeau de Dieu. C'est aussi notre bien le plus précieux. Cela nous rappelle que tout être vivant est né de la bienveillance du Créateur. La Genèse enseigne là-dessus que l'homme et la femme ont été créés ensemble, à l'image de Dieu.

Que feront maintenant les apôtres de cette vie reçue de Dieu? L'évangile propose deux thèmes bien distincts. Nous pourrions résumer le premier en disant qu'il faut “suivre le Christ jusqu'à la croix.” Nous sommes appelés à monter avec lui vers la vraie vie, en route vers la résurrection. Le second thème serait d'“accueillir le Christ en nos frères.” Ces deux thèmes, comme on le voit, établissent les liens qui existent entre nous et le Christ. Ils éclairent nos liens actuels avec le Fils de Dieu.

Arrêtons-nous cependant sur le thème de l'accueil. Il est illustré aujourd'hui par le geste de la Sunamite qui reçoit Élisée à chaque fois qu'il entre dans son village. Elle prépare le repas. Elle lui offre une chambre où il pourra se reposer. La Sunamite et son mari sont récompensés de leur accueil par la promesse d'une vie: celle d'un enfant.

Quand le thème est repris par Jésus dans l'évangile, nous trouvons encore l'idée d'une récompense. Jésus lui-même promet quelque chose à qui accueillera un prophète en tant que ministre de Dieu et missionnaire de son Règne. Cette récompense sera le cadeau de la vie.

Que promet Jésus à qui accueille son envoyé? D'abord, il promet de venir lui-même: “Qui vous accueille m'accueille.” Il dit ailleurs: “Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait” (Matthieu 25, 40). De plus, il promet le Père: “Qui m'accueille accueille celui qui m'a envoyé.”

Le Messie attache beaucoup d'importance à l'accueil et il ajoute une fabuleuse promesse à ce geste humain tout simple de l'accueil fraternel. Il faut donc bien comprendre ce que veut dire accueillir une soeur ou un frère.

Faire bon accueil à un autre, c'est sortir de l'égoïsme pour s'intéresser activement à l'autre. C'est lui donner un peu de son temps, de son attention, de son estime. C'est souvent, l'écouter avec patience. On peut sortir rassuré d'une rencontre comme celle-là qui nous permet d'accueillir le Fils de Dieu, ainsi que le Père, dans notre vie de tous les jours.

Saint Paul recommandait aux chrétiens: “Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis” (Romains 15, 7). Voilà le modèle de notre accueil dans nos rapports avec nos semblables.

Comment le Christ nous a-t-il accueillis? Il l'a fait même si nous étions injustes, même si souvent nous lui avons tourné le dos, même si nous sommes encore lents à comprendre comme l'étaient les apôtres. Mais il nous a accueillis gratuitement. Il nous a accueillis malgré l'abîme social qui existait entre lui et nous. En retour, il nous demande d'accueillir les autres en son nom, comme il l'a fait pour nous.

Voilà le sens de cet évangile sur le don merveilleux de la vie et sur l'accueil des autres, comme membres de la famille de Dieu.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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 Voir version brève avec Évangile

Dernière mise à jour à 10:15 hrs. le 12 novembre 2007 par JL.