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Le vingt-troisième dimanche ordinaireA

4 septembre 2011,


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 15-20

( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)




 

 


“ Chers soeurs et frères dans la foi, ”

Si vous voyez quelqu'un parmi vos proches faire un péché, que faites-vous? Jésus nous dit ce matin: “Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute.” C'est ce qu'on appelle la loi de la correction fraternelle. Ézékiel, dans la première lecture, propose la même loi. Dieu lui dit: “Je fais de toi un guetteur.” Si j'ai quelque reproche à faire aux gens d'Israël, “tu les avertiras de ma part.

Nous pourrions nous demander ce matin: “Avons-nous déjà essayé de jouer ce rôle? Sommes-nous des guetteurs? Sommes-nous intéressés à guetter les autres, à les surveiller pour ensuite leur reprocher leur conduite?” Les psychologues auraient sûrement des choses à dire là-dessus. Les temps ont changé, semble-t-il. Et il n'est plus très à la mode de corriger les autres, de leur faire des reproches lorsqu'ils sont adultes, qu'ils ont droit à leurs idées et, surtout, à leur autonomie personnelle.

D'ailleurs, le péché lui-même pourrait nous sembler plus inconsistant qu'autrefois. Chacun semble le déterminer à sa manière, selon des choix personnels. Il semble que la morale a changé par rapport aux principes plus rigides rigides d'autrefois. Pourtant, à bien y penser, nous croyons encore au Christ. Il a sûrement encore bien des choses à nous dire et ses paroles, même aujourd'hui, nous enseignent des lois indispensables pour la conduite de notre vie.

Pour bien comprendre les lectures d'aujourd'hui, revenons d'abord à Ézékiel. Dans la première lecture, c'est Dieu qui parle le premier, qui s'adresse au prophète pour lui donner des ordres. Ceci est essentiel. Il n'appartient pas à n'importe quel membre de la communauté de se lancer dans la correction fraternelle à tout venant. Le prophète Ézékiel a été personnellement choisi et désigné par Dieu comme un “guetteur” pour son peuple. Son choix et son rôle dans la communauté sont parfaitement connus. Il est LE prophète. Il vivra pleinement à l'écoute de la Parole de Dieu et, si par la suite, cette parole concerne des égarements ou des fautes commises, le prophète, par fidélité à la Parole de Dieu, devra le dire à ceux qui ont péché. Et son rôle est tellement nécessaire que le salut personnel du prophète en dépend.

“Si tu ne l'avertis pas, dit le Seigneur, je te demanderai compte de son sang.” Si au contraire, tu avertis le méchant et que lui ne se corrige pas, alors lui mourra, “mais toi, tu auras sauvé ta vie.”

Nous distinguons deux points essentiels dans cet enseignement: d'abord, ce n'est pas le prophète qui choisit d'avertir un pécheur. Il reçoit une charge, un rôle bien connu dans la communauté; il n'exprime pas son jugement personnel, mais le jugement de Dieu. D'autre part, il n'est pas libre de remplir son rôle ou de le mettre de côté: Dieu en fait une condition de salut éternel. Si le prophète ne remplit pas son rôle, il devra en rendre compte.

Revenons maintenant à l'évangile, où le Christ, ce matin, ne s'adresse pas à toute la foule, aux juifs en général, mais seulement aux disciples. Les directives qu'il donne s'adressent à la communauté des croyants, et c'est en relation avec cette communauté que Jésus parle aujourd'hui.

Il nous parle de sa présence au milieu de la communauté: “Si deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux.En mon nom, cela veut dire que, dans la communauté, chaque personne choisie, connue et aimée du Seigneur accepte de vivre en lui, conformément à ses enseignements, dans un désir d'union très intime et très personnelle avec lui.

Et lorsque plusieurs personnes possèdent ce même désir, alors Jésus est vivant au milieu d'eux. Il ne s'agit pas, comme on pourrait l'imaginer, d'un groupe social d'amis ou de voisins, ou de parenté, mais bien d'une communauté de chrétiens sincères rassemblés par un même désir de vivre avec le Christ.

Alors seulement la correction fraternelle devient possible, et bien fondée. Jésus en donne l'assurance dans le texte d'aujourd'hui: “Vraiment, je vous le dis: tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel; et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.” Cette phrase s'adresse aujourd'hui à la communauté des disciples, à la communauté des croyants.

Dans la mesure où nous avons bien compris que la commnauté chrétienne n'est pas un simple rassemblement d'individus ayant quelques opinions religieuses semblables, mais que cette communauté vit en présence du Christ ressuscité, alors il devient clair que cette communauté peut parler au nom même du Seigneur Jésus qui l'habite. En prenant une option morale précise, elle recherche la volonté du Christ vivant en elle.

Continuons la lecture de cet évangile. La phrase qui précède immédiatement notre texte est la suivante: “Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'aucun de ces petits ne se perde.” Cette phrase explique tout notre texte. C'est pour répondre aux désirs du Père que Jésus confie aux chrétiens le bien spirituel de leurs soeurs et de leurs frères. Aider une soeur, un frère en difficulté, tendre la main à celui ou à celle qui est victime du péché, soutenir ses efforts, devient un geste d'amour, un geste de fidélité à Jésus Christ. Dieu faisait à Ézékiel une obligation stricte de proclamer sa parole, cette obligation demeure toujours.

Cependant, d'après l'évangile d'aujourd'hui, elle s'adresse d'abord à la communauté des croyants, selon les promesses de Jésus. “Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.” Ainsi, dans la mesure où le Christ est présent, c'est la communauté elle-même qui doit voir aux orientations morales de ses membres, pour que la volonté du Père s'accomplisse, que tous — même les plus petits — soient sauvés, et qu'aucun membre ne se perde par faiblesse, par ignorance ou par erreur.

Tous les membres d'une communauté chrétienne ont droit à ce que leur communauté ne les laisse pas dans l'ignorance ou dans l'erreur. C'est le droit fondamental que nous avons à la correction fraternelle. Que la communauté chrétienne discerne et affirme clairement la volonté de Dieu aujourd'hui, dans notre milieu, conformément à l'évangile.

Nous sommes donc venus une fois de plus pour entendre la Parole de Dieu. À chaque fois, nous prenons davantage conscience de notre appartenance à la communauté des croyants. Que la célébration de l'Eucharistie nous rende plus sensibles à ce que pense l'Église sur les grandes questions qui nous préoccupent, afin d'éclairer notre jugement tous les jours, dans la fidélité aux enseignements de l'évangile.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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 Voir version brève avec Évangile

Dernière mise à jour à 10:23 hrs. le 2 février 2011 par JL.